Où placer son argent : la carte des enveloppes
Livret, assurance vie, PEA, PER… lequel choisir ?
Version Découverte · l'essentiel
La question
« Livret, assurance vie, PEA, PER… lequel choisir ? »
En une phrase
Aucune enveloppe ne convient à tous les besoins : chacune a un rôle (la précaution, un projet, la retraite, le long terme, la transmission), et une épargne bien construite en combine souvent plusieurs, selon ses projets, en commençant par la réserve de sécurité [1].
Comment ça marche
Une enveloppe, ce n'est pas un placement. C'est un cadre (un livret, un contrat, un plan) qui fixe des règles : plafond, disponibilité, fiscalité, transmission. À l'intérieur, l'argent est placé sur des supports plus ou moins risqués : un taux garanti, un fonds en euros, des actions… (fiche « Comment reconnaître un bon placement (et par où commencer) ? »).
Les grandes enveloppes en un coup d'œil [1] :
| Enveloppe | À quoi elle sert | Disponible ? | Plafond |
|---|---|---|---|
| Livret A, LDDS | L'épargne de précaution, un projet proche | Tout de suite | 22 950 € et 12 000 € de versements |
| LEP | La précaution, pour les revenus modestes | Tout de suite | 10 000 € de versements |
| Assurance vie | Projets, retraite, transmission | En principe sous deux mois au plus, souvent quelques jours ; restrictions possibles selon le contrat ; limitation temporaire possible en cas de crise financière grave | Aucun |
| PEA | Investir en actions européennes sur le long terme | Retrait possible ; avant 5 ans, il entraîne en principe la clôture du plan et la perte de l'avantage fiscal | 150 000 € de versements |
| PER | Préparer sa retraite, avec une déduction d'impôt possible | À la retraite (sauf cas particuliers) | Aucun pour les versements ; la déduction, réservée aux versements faits avant 70 ans, est plafonnée selon vos revenus |
| Compte-titres | Investir sans contrainte, partout dans le monde | En quelques jours : vente des titres au cours du moment, puis règlement | Aucun |
Un exemple
Camille, 32 ans, célibataire sans enfant, gagne 2 500 € net par mois. Elle a 25 000 € d'épargne et veut acheter dans 4 ans.
- Livret A : 9 000 €, soit environ quatre mois de ses dépenses courantes, pour les imprévus.
- Assurance vie, fonds en euros : 15 000 € pour son apport. Elle aurait pu les laisser sur un Livret A et un LDDS, encore loin de leurs plafonds : ce serait plus simple et sans frais. Elle choisit un contrat sans frais sur versements, dont le fonds en euros est garanti par l'assureur (avant ou après frais de gestion selon le contrat), pour faire courir le délai des 8 ans ; au moment de l'achat, elle laissera une petite somme sur le contrat, car un retrait total le fermerait et le délai repartirait de zéro. Elle accepte que le rendement net, après prélèvements sociaux et impôt sur les gains retirés avant 8 ans, puisse être proche de celui des livrets, voire inférieur.
- PEA : ouvert avec 1 000 €, puis 100 € par mois en fonds indiciel actions, pour le long terme. Il prend date pour les 5 ans.
- PER : pas maintenant. Avec une tranche d'imposition de 11 % [14], l'avantage fiscal serait faible, et l'argent serait bloqué (fiche « Le PER (Plan d'épargne retraite) »).
Exemple fictif et simplifié.
À retenir
- Une enveloppe fixe les règles (plafond, disponibilité, fiscalité, transmission) ; le support fait le rendement et le risque.
- Chaque enveloppe a un rôle : précaution, projet, retraite, long terme, transmission. On les combine.
- On commence par la précaution, et on ouvre tôt les enveloppes dont l'avantage dépend de l'ancienneté.
Les pièges à éviter
- Tout laisser sur des livrets sans projet au-delà de la précaution : selon les périodes, l'argent peut y perdre du pouvoir d'achat. Pour un projet proche, en revanche, les livrets restent un bon choix.
- Bloquer dans un PER de l'argent dont on aura besoin avant la retraite.
- Choisir une enveloppe pour sa seule fiscalité, sans regarder les supports et les frais.
Ce que vous pouvez faire maintenant : noter pour chacune de vos enveloppes à quel objectif elle sert ; une enveloppe sans objectif est à reconsidérer.
Pour aller plus loin
- Découvrir la version Approfondie : les cartes d'identité côte à côte, la fiscalité et la transmission comparées, quelle enveloppe pour quel objectif.
- Fiches liées : Quel est le meilleur placement ? · L'assurance vie, ce n'est pas une assurance décès ? · Le PER, c'est vraiment intéressant pour moi ? · Combien garder de côté « au cas où » ?
Et pour vous, concrètement ?
Vous vous demandez quelles enveloppes ouvrir, dans quel ordre et pour quels projets, ou des questions demeurent ? Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.
Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les supports non garantis (actions, unités de compte) présentent un risque de perte en capital. Informations à jour au 20/10/2026.
Sources
- [1] Ministère de l'Économie, « Tout savoir sur les produits d'épargne », 18/09/2026 — economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/tout-savoir-sur-les-produits-depargne
- [2] Ministère de l'Économie, « Quelle est la fiscalité de l'assurance-vie ? », 17/09/2026 — economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelle-est-la-fiscalite-de-lassurance-vie
- [3] Code monétaire et financier, art. L221-30 et suivants (plan d'épargne en actions) ; Code général des impôts, art. 157, 5° bis — legifrance.gouv.fr
- [14] service-public.gouv.fr, « Barème de l'impôt sur le revenu » (revenus 2025, impôt 2026), F1419, consulté le 17/10/2026 — service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1419
- Numérotation commune aux deux versions : la liste complète figure en bas de la version Approfondie.
Version Approfondie · pour aller plus loin
La question
« Livret, assurance vie, PEA, PER… lequel choisir ? » Et surtout : comment se comparent les enveloppes sur les mêmes critères, et comment les combiner selon ses objectifs ?
En une phrase
Les enveloppes d'épargne se distinguent par six règles (plafond, disponibilité, supports possibles, fiscalité des gains, fiscalité à l'entrée, sort au décès) ; les comparer critère par critère, puis les affecter chacune à un objectif et à un horizon, est la façon la plus sûre de construire une épargne cohérente [1].
Comment ça marche
3.1 Enveloppe et supports
| Enveloppe | Supports possibles |
|---|---|
| Livrets réglementés | Aucun choix : un taux fixé par l'État |
| Épargne logement (PEL, CEL) | Aucun choix : un taux fixé à l'ouverture (PEL) ou révisé (CEL) |
| Assurance vie, contrat de capitalisation | Fonds en euros, unités de compte (fonds, ETF, immobilier, produits structurés…) |
| PER individuel | Les mêmes qu'en assurance vie (PER assurance) ou des titres et fonds (PER bancaire), souvent en gestion pilotée |
| PEA, PEA-PME | Actions européennes et fonds ou ETF éligibles |
| Compte-titres ordinaire | Tous titres et fonds, sans restriction géographique |
| Supports spécialisés (SCPI, FCPI et FIP, crypto-actifs) | Parts de SCPI ; parts de fonds de PME non cotées ; crypto-actifs : tableau « Les supports spécialisés » plus bas |
Le risque et le rendement viennent des supports (« Les bases de l'investissement : rendement, risque, durée ») ; l'enveloppe décide du reste.
3.2 Les cartes d'identité, côte à côte
Variantes de l'assurance vie : le contrat de capitalisation (fiche « Le contrat de capitalisation ») fonctionne comme une assurance vie, mais sans bénéficiaire : à votre décès, il entre dans votre succession ; le contrat luxembourgeois (fiche « L'assurance vie luxembourgeoise ») est une assurance vie proposée par un assureur établi au Luxembourg, imposée comme un contrat français pour un résident fiscal français. Leur carte d'identité figure dans ces fiches.
Chiffres : constats passés et règles en vigueur au 18/10/2026, qui ne préjugent pas des performances futures. Les détails et les exceptions figurent dans la fiche de chaque enveloppe.
Les supports spécialisés, en complément (cartes détaillées dans la fiche « Les SCPI (pierre-papier) », la fiche « FCPI et FIP : financer des PME contre une réduction d’impôt » et la fiche « Crypto-actifs : ce qu’il faut savoir avant d’y toucher ») :
| Critère | SCPI | FCPI et FIP | Crypto-actifs |
|---|---|---|---|
| Ce que ça peut rapporter | Taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025, prix de part moyen en baisse de 3,45 % (performance globale + 1,46 %), constat passé [10] | Aucun repère ; la réduction d'impôt éventuelle n'est pas un rendement | Aucun repère : pas de revenu propre, gain seulement par la revente |
| Risque | Capital non garanti, loyers variables | Élevé : perte en capital possible, y compris totale | Très élevé : perte totale possible, aucune garantie |
| Durée conseillée | Plusieurs années ; l'AMF évoque 10 à 20 ans [10] | 5 ans au minimum ; fonds jusqu'à 10 ans [11] | Pas de durée adaptée ; horizon long et capacité à supporter de fortes baisses |
| Disponibilité | Plusieurs semaines à plusieurs mois, sans garantie d'acheteur [10] | Rachats en principe impossibles pendant la vie du fonds [11] | Vente au cours du moment ; retraits pouvant être limités par le prestataire |
| Plafond | Aucun plafond légal | Aucun plafond de souscription ; la réduction d'impôt, quand elle existe encore, ne porte que sur des versements plafonnés [11] | Aucun |
| Frais | Souscription de 5 à 12 % incluse dans le prix ; gestion de l'ordre de 8 à 10 % des loyers [10] | Droits d'entrée et frais de gestion, à lire dans le DIC | Frais de plateforme, écarts de prix, frais de réseau |
| Fiscalité des gains | Loyers : barème + prélèvements sociaux de 17,2 % ; plus-value de revente : 19 % + 17,2 % avec abattements | Réduction d'impôt supprimée pour la plupart des fonds (FIP : 16/02/2025 ; FCPI : 21/02/2026) ; gains exonérés d'impôt sur le revenu après 5 ans, prélèvements sociaux dus [11] | 31,4 % sur les plus-values des cessions contre euros ou contre un bien ou un service (échanges entre crypto-actifs non imposés sur le moment) ; exonération si le total des cessions de l'année ne dépasse pas 305 € [12] |
| Transmission | Parts dans la succession (en détention directe) | Parts dans la succession | Dans la succession ; accès aux clés indispensable |
| Pour qui / pour qui ce n'est pas | Pour une épargne immobilière de long terme · pas pour la précaution | Pour un investisseur averti qui accepte de perdre le capital · pas pour le seul motif de payer moins d'impôt | Pour un investisseur informé qui accepte de tout perdre sur la somme engagée · pas pour un argent nécessaire |
| Place dans la pyramide de l'épargne | Étage 5 | Étage 5 | Étage 6 (risque élevé, en petite part) |
Ces supports ne sont pas des enveloppes : ils se logent dans un compte-titres, parfois une assurance vie, ou auprès d'un prestataire. Leurs risques sont d'une autre nature que ceux des enveloppes précédentes.
Les supports spécialisés (suite), en complément : immobilier non coté, non coté et actifs réels (cartes détaillées dans la fiche « Private equity : investir dans des entreprises non cotées », la fiche « Les OPCI » et la fiche « Groupements forestiers et viticoles (GFI, GFV) »).
| Critère | Private equity : FCPR, ELTIF, unité de compte non cotée | OPCI | Groupements forestiers et viticoles |
|---|---|---|---|
| Ce que ça peut rapporter | Aucun repère : gain éventuel à la revente, sans garantie | Distributions éventuelles et hausse possible de la part ; aucun résultat assuré | Faible et irrégulier (coupes de bois, fermages) ; non garanti |
| Risque | Élevé : perte en capital possible, y compris totale | Perte en capital ; exposition immobilière et financière ; performances futures non garanties | Élevé : climat, incendie, maladies, locataire ; capital non garanti, perte possible |
| Durée conseillée | Longue : 10 ans au moins pour un FCPR (repère AMF) ; durée de vie du fonds pour un ELTIF | Celle du document d'information clé du fonds ; 8 ans dans l'exemple de prospectus cité par l'AMF | Très longue, 15 ans et plus (repère CADRENS) ; durées de détention minimales fixées par la loi pour les avantages fiscaux |
| Disponibilité | Rachats en principe impossibles pendant la vie du fonds ; remboursement à l'échéance pour un ELTIF ; selon le contrat pour une unité de compte | Calendrier propre au fonds, avec plafonnement ou suspension possibles des rachats ; vérifier aussi le contrat en assurance vie | Vente si un acheteur accepte votre prix, délai non garanti ; avantage fiscal perdu en cas de vente trop rapide |
| Frais | Entrée, gestion annuelle, part des gains revenant à la société de gestion (carried interest) ; frais du contrat en plus si le fonds y est logé | Entrée, coûts pendant la détention, sortie éventuelle : demander la tarification complète | Entrée, gestion, parfois sortie : note d'information ou statuts |
| Fiscalité des gains | Celle de l'enveloppe qui le contient (31,4 % en compte-titres) ; régime particulier possible, sous conditions strictes, pour un FCPR « fiscal » | Dépend du mode de détention (SPPICAV, FPI, assurance vie) : pas de régime unique | Avantages possibles sous conditions de durée : crédit d'impôt à l'entrée pour les groupements forestiers, allègement de l'IFI ; régimes différents pour les groupements viticoles |
| Transmission | Parts dans la succession ; règles de l'enveloppe en contrat | À préparer selon le mode de détention ; règles de l'assurance vie si le fonds est logé dans un contrat | Exonération partielle de droits possible sous conditions strictes, non confirmée pour les groupements forestiers d'investissement (GFI) : à faire examiner |
| Pour qui / pour qui ce n'est pas | Épargne déjà constituée, horizon de 10 ans ou plus · pas pour la précaution ni pour un motif seulement fiscal | Diversification de long terme pour une personne acceptant des pertes et une sortie différée · pas pour un besoin de capital certain à brève échéance | Patrimoine élevé et diversifié, transmission préparée · pas pour la précaution, un revenu ou un héritier qui devra vendre |
| Place dans la pyramide de l'épargne | Étage 5 pour un fonds ; étage 6 pour un investissement direct au capital d'une seule société (risque élevé, en petite part) | Étage 5 | Étage 5 |
| Critère | Or et placements « refuge » | Comptes à terme et fonds monétaires | Fonds obligataires datés |
|---|---|---|---|
| Ce que ça peut rapporter | Une variation de valeur ; le métal lui-même ne distribue aucun revenu | CAT : rémunération contractuelle, fixée à l'avance · fonds monétaire : performance passée sur 12 mois, nette de frais de gestion, sans garantie | Un objectif à confronter aux frais, à la qualité des emprunteurs et aux hypothèses de défaut |
| Risque | Perte en capital ; performances futures non garanties ; risques propres au produit financier choisi | CAT : garantie des dépôts jusqu'à 100 000 € par client et par banque, tous dépôts confondus · fonds monétaire : risques de crédit, de taux et de liquidité, perte en capital possible | Crédit, taux et conditions de revente ; perte en capital possible |
| Durée conseillée | À déterminer selon le besoin et le support ; aucune durée universelle | Partir de l'échéance du projet et la confronter au contrat ou au document du fonds | Vérifier la durée recommandée et sa capacité à attendre l'horizon annoncé |
| Disponibilité | Examiner le prix net de sortie et les conditions de revente | CAT : échéance contractuelle, sortie anticipée pouvant entraîner des pénalités selon le contrat · fonds monétaire : rachat de parts, avec un délai propre au fonds | Rachat à valeur variable, éventuels frais ; modalités propres au fonds |
| Frais | Décompte complet à demander : acquisition, conservation, assurance éventuelle, gestion, sortie | Séparer les frais du placement de ceux de son support (compte-titres, contrat) | Examiner séparément le fonds et le compte ou contrat |
| Fiscalité des gains | Or physique : taxe forfaitaire ou option, sous conditions · produits financiers : régime de l'enveloppe | Hors assurance vie : PFU de 31,4 % ou barème sur option · en assurance vie : règles du contrat | Compte-titres : distributions et plus-values, régime selon le fonds · assurance vie : régime du contrat |
| Transmission | Une donation ou une succession n'est pas soumise à la taxe forfaitaire de vente des objets précieux ; cela ne dispense pas d'examiner les règles de transmission | Selon le compte ou le contrat ; le mot « monétaire » ne donne aucun avantage successoral | Règles de l'enveloppe et clause bénéficiaire éventuelle |
| Pour qui / pour qui ce n'est pas | Complément éventuel pour une personne qui comprend les risques · ne répond pas, à lui seul, à un besoin de revenus réguliers | Une somme temporairement disponible, avec une échéance connue · pas si un délai ou une perte possible compromet le projet | Diversification acceptant les pertes · pas pour sécuriser une somme indispensable à date fixe |
| Place dans la pyramide de l'épargne | Étage 5 ; étage 6 pour les montages à effet de levier (risque élevé, en petite part) | Étage 3 ; ne remplace pas la précaution (étage 1) | Étage 4 ou 5 selon le portefeuille : 5 quand le fonds vise un rendement plus élevé avec des emprunteurs plus risqués, ou quand sa sortie avant terme est pénalisante |
Étages de la pyramide : 3 Projets à moins de 5 ans · 4 Projets à long terme identifiés · 5 Diversification (immobilier, non coté, actifs réels…) · 6 Placements de conviction, risque élevé, en petite part. Repères CADRENS, pas une classification officielle.
Opérations de défiscalisation (hors placements) : le Girardin industriel (fiche « Le Girardin industriel ») est une opération fiscale, pas un placement : aucun capital à récupérer, donc hors pyramide. Pour la défiscalisation dans l'immobilier ancien (Malraux, monuments historiques, Denormandie), qui relève de l'étage 5 : fiche « Défiscalisation immobilière : Malraux, monuments historiques, Denormandie ».
L'épargne logement, en complément : PEL à 2 % pour les plans ouverts depuis le 01/01/2026, plafond 61 200 €, retrait égal à clôture ; CEL à 1,25 %, plafond 15 300 € [1]. Les intérêts des plans ouverts depuis 2018 supportent 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % ; le taux de 17,2 % n'est maintenu que pour les CEL ouverts avant 2018 et pour les PEL ouverts avant 2018, pendant leurs 12 premières années [8] (fiche « PEL et CEL : l'épargne logement »).
3.3 Quelle enveloppe pour quel objectif ?
| Objectif | Horizon | Enveloppes adaptées | À éviter |
|---|---|---|---|
| Précaution | Immédiat | Livret A, LDDS, LEP | Tout support non garanti |
| Projet proche (achat, travaux) | Moins de 5 ans | Livrets d'abord, dans la limite de leurs plafonds ; fonds en euros d'une assurance vie sans frais d'entrée, comptes à terme | Actions, PER |
| Études des enfants | 5 à 15 ans | Assurance vie (au nom de l'enfant ou du parent), PEA | PER |
| Retraite | 10 ans et plus | PER (si tranche d'imposition élevée), assurance vie, PEA | Livrets seuls |
| Long terme sans projet daté | 8 ans et plus | Assurance vie multisupport, PEA, compte-titres | Livrets au-delà de la précaution |
| Transmettre | Variable | Assurance vie (clause bénéficiaire), donations | Laisser l'épargne sans clause ni organisation |
3.4 Prendre date et combiner
- Prendre date : l'antériorité fiscale d'une assurance vie part de son ouverture, celle d'un PEA de son premier versement. Ouvrir tôt, avec une petite somme, ne coûte presque rien et peut rapporter beaucoup plus tard [2] [3].
- Plusieurs contrats : on peut détenir plusieurs assurances vie, chez des assureurs différents ; un seul PEA, un seul Livret A et un seul LDDS par personne [1]. Multiplier les enveloppes n'est pas un but en soi : chacune doit servir un objectif, et chacune a ses frais.
- Un couple : chaque membre a ses propres plafonds de livrets, son PEA, ses contrats. Mieux vaut répartir.
- Des garanties à ne pas oublier : au-delà de 100 000 € de dépôts dans une même banque, ou de 70 000 € chez un même assureur, la protection en cas de faillite est plafonnée (« Mon argent est-il protégé si ma banque fait faillite ? »).
Deux exemples
Exemple 1 — Le même effort, trois enveloppes
Thomas, 40 ans, cadre, tranche d'imposition de 30 %, peut épargner 4 000 € par an pour sa retraite, dans 22 ans. Il hésite entre trois enveloppes, pour les mêmes supports.
| PER | Assurance vie | PEA | |
|---|---|---|---|
| À l'entrée | Économie d'impôt de 1 200 € par an (4 000 × 30 %), si ses revenus restent dans la tranche à 30 % après la déduction [6] [14] | Rien | Rien |
| Pendant | Bloqué (sauf cas prévus) | Disponible | Disponible ; avant 5 ans, un retrait clôt en principe le plan ; après 5 ans, retraits partiels sans clôture |
| À la sortie | En capital : versements déduits imposés au barème, gains au PFU [6] | Contrat de plus de 8 ans : gains imposés à 7,5 % après abattement (versements sous 150 000 €, calculés par personne sur l'ensemble de ses contrats), prélèvements sociaux 17,2 % | Plan de plus de 5 ans : gains exonérés d'impôt sur le revenu, prélèvements sociaux dus |
| Au décès | PER assurance : proche de l'assurance vie, selon l'âge au décès [15] · PER bancaire : dans la succession | Hors succession | Dans la succession |
Ce que Thomas décide : 2 400 € par an sur un PER (il garde l'économie d'impôt, en comptant sur une tranche plus basse à la retraite), 1 600 € par an sur un PEA en ETF actions, et il conserve son assurance vie pour la souplesse et la transmission.
Exemple fictif et simplifié ; la comparaison chiffrée dépend des hypothèses de rendement et de la tranche à la retraite.
Exemple 2 — Un couple de 58 ans
Anne et Pierre ont 180 000 € : 60 000 € sur leurs livrets, 120 000 € sur le compte courant et un compte à terme qui arrive à échéance. Ils prendront leur retraite dans 5 ans et souhaitent aider leurs enfants.
- Précaution : ils gardent 30 000 € sur leurs Livret A et LDDS (deux plafonds chacun).
- Les 5 prochaines années : 60 000 € sur le fonds en euros de deux assurances vie, une au nom de chacun, pour la sécurité et la disponibilité.
- Le long terme : 60 000 € en unités de compte diversifiées dans ces contrats, et 30 000 € sur le PEA de Pierre.
- La transmission : des clauses bénéficiaires rédigées pour leurs enfants et, plus tard, des donations.
Exemple fictif et simplifié.
À retenir
- Les enveloppes se comparent sur les mêmes critères : rendement, risque, durée, disponibilité, plafond, frais, fiscalité, transmission.
- À chaque objectif son enveloppe : livrets pour la précaution, assurance vie pour la souplesse et la transmission, PER pour la retraite des contribuables fortement imposés, PEA pour les actions sur le long terme.
- Ouvrir tôt et combiner : c'est l'ancienneté et la complémentarité des enveloppes qui font une épargne efficace.
Les pièges à éviter
- Confondre l'enveloppe et le support : une assurance vie n'est ni sûre ni risquée en soi.
- Ouvrir un PER avec une tranche d'imposition faible, sans besoin de bloquer l'argent.
- Fermer un vieux contrat d'assurance vie ou un vieux PEA, et perdre son antériorité.
- Dépasser les plafonds de garantie dans une même banque ou chez un même assureur sans le savoir.
- Investir en actions sur un compte-titres quand un PEA suffirait, et payer plus d'impôt.
- Oublier la transmission : livrets, PEA et compte-titres entrent dans la succession.
Ce que vous pouvez faire maintenant : comparer vos enveloppes ligne par ligne avec la carte d'identité : disponibilité, frais, fiscalité, transmission.
Pour aller plus loin
- Fiches liées : Reconnaître un bon placement · L'épargne de précaution · Les livrets réglementés · L'assurance vie : les bases · Le PEA · Le compte-titres ordinaire · Les SCPI · FCPI et FIP · Crypto-actifs · Le PER · Assurance vie et transmission · La fiscalité des placements · PEL et CEL · Garantie des dépôts · Épargne salariale · Private equity · Les OPCI · Groupements forestiers et viticoles · L'or et les placements « refuge » · Comptes à terme et fonds monétaires · Les fonds obligataires datés · Le contrat de capitalisation · L'assurance vie luxembourgeoise · Défiscalisation immobilière · Le Girardin industriel
Faisons le point sur votre situation
Le cabinet CADRENS dresse la carte de vos enveloppes actuelles, vérifie qu'elles correspondent à vos objectifs et à vos horizons, et vous propose l'ordre et la répartition les plus adaptés, en tenant compte de votre fiscalité et de vos souhaits de transmission. Nous répondons aussi à vos questions.
Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les supports non garantis (actions, unités de compte) présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 20/10/2026.
Sources
- [1] Ministère de l'Économie, « Tout savoir sur les produits d'épargne », 18/09/2026 (taux de l'arrêté du 28/07/2026) — economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/tout-savoir-sur-les-produits-depargne
- [2] Ministère de l'Économie, « Quelle est la fiscalité de l'assurance-vie ? », 17/09/2026 — economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quelle-est-la-fiscalite-de-lassurance-vie
- [3] Code monétaire et financier, art. L221-30 et suivants (plan d'épargne en actions) ; Code général des impôts, art. 157, 5° bis — legifrance.gouv.fr
- [4] ACPR, « Revalorisation 2025 des contrats d'assurance-vie et de capitalisation », Analyses et synthèses n° 180, juin 2026 — acpr.banque-france.fr/system/files/2026-06/20260630_AS180_revalorisation_2025.pdf
- [5] AMF, « Repères utiles sur les rendements de l'épargne », 22/08/2022 — amf-france.org
- [6] Voir « Le PER (Plan d'épargne retraite) » : plafonds de déduction, cas de déblocage et fiscalité de sortie
- [7] Code général des impôts, art. 200 A ; loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, art. 12 (prélèvements sociaux à 18,6 %) ; Code de la sécurité sociale, art. L136-7 et L136-8 ; loi n° 2017-1836 du 30/12/2017, art. 8, V (taux applicable aux gains du PEA) — legifrance.gouv.fr
- [8] impots.gouv.fr, « Les revenus mobiliers » (taux des prélèvements sociaux 2026 et exceptions), consulté le 16/10/2026 — impots.gouv.fr/particulier/les-revenus-mobiliers
- [9] impots.gouv.fr, « L'assurance-vie et le PEA », modifié le 08/04/2026 — impots.gouv.fr/particulier/lassurance-vie-et-le-pea-0
- [10] ASPIM / IEIF, « Collecte et performance des fonds immobiliers grand public en 2025 », 09/02/2026 ; AMF, fiche « Investir dans une SCPI », 2023 — amf-france.org
- [11] BOFiP-Impôts, BOI-IR-RICI-100 et BOI-IR-RICI-110-10-10, 27/08/2026 ; loi n° 2026-103 du 19/02/2026 de finances pour 2026, art. 22 — bofip.impots.gouv.fr
- [12] impots.gouv.fr, « Comment déclarer les plus ou moins values sur cessions d'actifs numériques ? », modifiée le 17/07/2026 — impots.gouv.fr
- [13] BOFiP-Impôts, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-20-30 (valeur d'acquisition des titres reçus par succession ou donation) — bofip.impots.gouv.fr
- [14] service-public.gouv.fr, « Barème de l'impôt sur le revenu » (revenus 2025, impôt 2026), F1419, consulté le 17/10/2026 — service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1419
- [15] BOFiP-Impôts, ACTU-2021-00189, « Régime fiscal applicable aux plans d'épargne retraite (PER) en cas de décès de l'assuré-souscripteur », 30/03/2023 (CGI, art. 757 B et 990 I) — bofip.impots.gouv.fr/doctrine/pgp/13110-PGP
- [16] BOFiP-Impôts, BOI-IR-BASE-20-50-10, § 115, 10/08/2026 (CGI, art. 163 quinvicies ; loi n° 2026-103 du 19/02/2026, art. 9 : versements faits à 70 ans ou plus non déductibles depuis le 01/01/2026) — bofip.impots.gouv.fr/node/382104
- [17] Ministère de l'Économie, « Salariés : tout ce que vous devez savoir sur l'épargne salariale », 20/03/2026 — economie.gouv.fr
- [18] service-public.gouv.fr, « Plan d'épargne entreprise (PEE) », F2142, vérifiée le 01/01/2026, et « Plan d'épargne retraite d'entreprise collectif », F36526/1, vérifiée le 12/10/2026 — service-public.gouv.fr
- [19] BOFiP-Impôts, BOI-RSA-ES-10-40-10, § 190 à 220, 17/02/2026 — bofip.impots.gouv.fr/node/375056