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L’or et les placements « refuge »

L'or est-il un bon placement ?

Placements Situation : Investir Chiffres à jour au

Version Découverte · l'essentiel

La question

« L'or est-il un bon placement ? »

Lorsque l'actualité inquiète, posséder quelque chose de tangible peut rassurer. Mais le mot « refuge » ne signifie pas que votre argent est à l'abri d'une perte.

En une phrase

L'or peut compléter une épargne diversifiée, mais son prix peut baisser et le métal ne vous verse aucun revenu [1] [2].

Comment ça marche

Pourquoi l'or rassure

L'or sert depuis longtemps de réserve de valeur : on le conserve dans l'espoir de préserver une richesse. Les banques centrales en détiennent elles aussi [1].

Avec du métal réellement en votre possession, vous n'attendez pas qu'une entreprise ou un État vous rembourse. Cela écarte le risque de défaut d'un émetteur, c'est-à-dire son incapacité à payer sa dette [1]. Cela ne garantit pas le prix auquel vous revendrez.

Ce qu'il ne rapporte pas

Une pièce ou un lingot ne verse ni intérêt ni dividende, la part des bénéfices qu'une entreprise peut distribuer à ses actionnaires. Votre résultat dépend du prix de revente et des dépenses engagées [1] [3].

Deux façons d'y être exposé

  • L'or physique : vous achetez du métal, sous forme de pièces ou de lingots.
  • L'or « papier » : vous achetez un placement financier lié à l'or. Certains produits suivent son cours ; d'autres investissent dans des sociétés minières [2].

Une action minière est un investissement dans une entreprise. Son évolution peut être différente de celle du métal [2].

Un exemple

Nora achète une pièce d'or 1 000 €, dont 100 € de supplément (la « prime ») au-dessus de la valeur du métal qu'elle contient. Trois ans plus tard, le cours de l'or n'a pas bougé et elle revend.

Montant
Prix payé à l'achat1 000 €
Prix de rachat proposé (valeur du métal, sans la prime)900 €
Taxe forfaitaire de 11,5 % sur le prix de vente– 103,50 €
Somme récupérée≈ 796 €
Résultat≈ – 204 €, soit – 20 %, avec un cours inchangé

Le cours affiché ne représente pas à lui seul votre résultat : prime, prix de rachat, conservation et fiscalité comptent autant [3] [4].

Exemple entièrement fictif : prime, prix de rachat et durée inventés ; conservation à domicile, sans frais ; régime de la taxe forfaitaire (version Approfondie).

À retenir

Posez-vous trois questions : que vais-je détenir, combien cela me coûtera-t-il et comment pourrai-je le revendre ?

Gardez une épargne de précaution et évitez de concentrer votre épargne sur l'or [3].

Les pièges à éviter

  • Prendre le mot « refuge » pour une garantie.
  • Acheter dans l'urgence après un appel ou une publicité.
  • Confondre un lingot et un placement financier.
  • Oublier les dépenses de conservation.
  • Accepter une promesse de rendement élevé sans risque.

Pour examiner une proposition, voir fiche « Repérer les arnaques financières ».

Ce que vous pouvez faire maintenant : avant d'acheter, demander par écrit le prix d'achat complet et le prix de rachat proposé aujourd'hui pour le même objet.

Pour aller plus loin

Et pour vous, concrètement ?

Vous vous demandez quelle place donner à l'or ou à d'autres placements « refuge » dans votre patrimoine ? Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.

Prendre contact

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les supports non garantis présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 20/10/2026.

Sources

Version Approfondie · pour aller plus loin

La question

« L'or est-il un bon placement ? »

Pour répondre, il faut distinguer le métal que vous achetez, le contrat éventuellement associé et le prix réellement récupérable à la sortie.

En une phrase

Avant d'examiner une perspective de hausse, identifiez ce que vous possédez, les dépenses à supporter et le régime applicable à la revente.

Comment ça marche

L'or physique : examiner l'objet et les conditions de vente

Demandez une description précise : nature de la pièce ou du lingot, poids, pureté, état et moyens d'en vérifier l'authenticité. Faites expliciter les documents remis et les conditions d'une éventuelle expertise.

La « prime » désigne ici le supplément demandé par rapport à la valeur du métal contenu.

Pour une pièce vendue comme objet de collection, faites distinguer le prix du métal et celui attribué à la rareté ou à l'état de conservation. La DGCCRF rappelle que certaines pièces peuvent valoir davantage que leur poids en or [5].

Demandez aussi un prix de rachat pour le même objet. Le professionnel n'est pas tenu de reprendre l'or au cours de référence [5]. Ne confondez donc pas prix affiché du métal et somme récupérable.

Ces écarts varient selon le produit et le professionnel : demandez toujours le prix d'achat et le prix de rachat.

Conservation et assurance

Comparez la conservation chez vous et celle confiée à un professionnel. Examinez la sécurité, l'assurance, les frais et les modalités de restitution [3]. Demandez notamment qui est assuré, contre quels événements et pour quelle valeur. Faites préciser comment votre propriété est identifiée si le métal reste chez un tiers.

L'or « papier » : lire ce qui se trouve derrière le nom

Un fonds aurifère peut investir dans des entreprises minières. Son résultat ne suit pas nécessairement celui de l'or [2].

Pour un produit coté qui annonce suivre le cours du métal, vérifiez sa forme juridique. Un fonds, un certificat et un titre de dette ne donnent pas les mêmes droits. Certains produits cotés, dont les ETC (« Exchange Traded Commodity »), ne sont pas des fonds : lisez la documentation pour savoir ce que vous détenez.

Un adossement à de l'or physique ne suffit pas, à lui seul, à établir que vous êtes propriétaire d'un lingot identifié ou que vous pouvez en demander livraison.

Pour chaque produit, recherchez :

  • ce que vous détenez juridiquement ;
  • la méthode utilisée pour suivre l'or ;
  • l'existence de métal conservé et les droits sur ce métal ;
  • les risques liés à l'émetteur, au dépositaire ou à une autre partie au contrat ;
  • les frais, les conditions de vente et l'effet éventuel des variations entre devises.

Pour un fonds, le document d'informations clés, ou DIC, présente notamment ses caractéristiques, ses risques et ses frais. Lisez aussi le prospectus, qui détaille son fonctionnement [6].

Les produits utilisant un effet de levier, mécanisme qui amplifie les variations de votre placement, ajoutent un risque important [3]. Ils ne constituent pas une simple façon de conserver du métal.

Dans quelle enveloppe ?

Une enveloppe est le cadre dans lequel un placement est détenu.

Le compte-titres permet de détenir notamment des actions, des fonds et des certificats [7]. Pour un produit lié à l'or, faites vérifier sa disponibilité et ses conditions d'accès par l'intermédiaire.

L'assurance vie peut comporter des unités de compte : des supports dont la valeur évolue avec les placements sous-jacents. Leur valeur n'est pas garantie [8]. L'accès à un fonds aurifère ou à un autre support lié à l'or dépend du contrat et de l'éligibilité du support ; aucune disponibilité générale ne peut être présumée.

Voir fiche « Où placer son argent : la carte des enveloppes ».

La fiscalité de la vente d'or physique

Les explications suivantes concernent les biens classés fiscalement parmi les métaux précieux. Le qualificatif commercial « collection » ne suffit pas à déterminer le régime : faites vérifier la catégorie de l'objet.

Premier régime : la taxe forfaitaire. Elle est de 11 % du prix de vente, auxquels s'ajoute la contribution au remboursement de la dette sociale, ou CRDS, de 0,5 % : soit 11,5 % du prix de vente [4]. Elle porte sur le prix, pas sur votre bénéfice. Elle peut donc être due même si vous revendez à perte.

Il n'existe pas de franchise générale pour une petite vente de métaux précieux. Le seuil de 5 000 € prévu pour certaines autres catégories d'objets ne s'y applique pas [9].

Autre possibilité : opter pour l'imposition de la plus-value réelle. La plus-value est le gain calculé entre acquisition et revente, avec les corrections de frais admises. L'option nécessite de prouver la date et le prix d'acquisition, ou une détention de plus de vingt-deux ans [10] [11].

Un abattement, c'est-à-dire une réduction de la base imposable, de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième conduit à une exonération au terme de vingt-deux ans [10].

L'impôt sur le revenu est de 19 % de la plus-value restant après abattement [14]. S'y ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, calculés sur la même base : CSG de 9,2 %, CRDS de 0,5 % et prélèvement de solidarité de 7,5 % [11] [15]. La hausse de la CSG de 2026, qui porte à 18,6 % les prélèvements sur la plupart des revenus du capital, ne s'applique pas à ces plus-values [15]. L'option coûte donc au total 36,2 % de la plus-value imposable, et plus rien au-delà de vingt-deux ans de détention.

Ne transposez pas automatiquement à l'or physique le prélèvement forfaitaire unique, ou PFU, des valeurs mobilières : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % [12]. Le PFU est un autre régime.

Les justificatifs et la déclaration

Conservez une facture ou un acte permettant de relier le bien vendu à son acquisition. Pour un bien reçu par donation ou succession, les documents doivent identifier distinctement le bien concerné [10].

Pour l'or, l'administration exige en outre que le lingot ou les pièces vendus puissent être identifiés : numéro, emballage scellé, inscription sur un compte ouvert auprès d'un établissement financier, par exemple. Une facture qui ne permet pas de relier l'objet vendu à celui que vous avez acheté ne suffit pas : l'option est alors impossible [10].

La déclaration d'option utilise le formulaire 2092-SD. Même pour une détention permettant l'exonération, les justificatifs restent nécessaires [11].

Sans professionnel chargé des formalités, le vendeur dépose la déclaration de taxe forfaitaire 2091-SD, accompagnée du paiement, dans le mois suivant la cession [13]. Pour l'option sur la plus-value, la notice du formulaire 2092-SD prévoit également un délai d'un mois à compter de la cession [11].

Avec un professionnel, demandez qui déclare et paie : les modalités peuvent relever de ses obligations déclaratives et de son calendrier de TVA [11] [13]. Conservez le décompte de l'opération.

La place dans l'ensemble de l'épargne

Diversifier signifie répartir votre épargne entre des placements différents. L'or ne se comporte pas toujours comme les actions ou les obligations ; cette différence peut contribuer à la diversification, sans empêcher les pertes [2].

Il n'offre pas non plus une protection automatique contre l'inflation, la hausse générale des prix. La Banque de France souligne que cette protection est imparfaite [1]. Voir fiche « L'inflation : l'ennemi invisible de l'épargne ».

Les autres placements dits « refuge »

Certaines obligations d'État, c'est-à-dire des prêts accordés à un État, sont considérées comme défensives lorsque l'emprunteur inspire confiance [1]. Elles ne sont pas sans risque : défaut de remboursement, baisse du prix avant l'échéance lorsque les taux montent, et risque de change pour une autre devise. Le remboursement n'est jamais totalement garanti [16].

Un fonds obligataire et une obligation détenue directement doivent être examinés séparément. Le terme « refuge » ne remplace jamais la lecture des risques.

Trois « refuges » comparés

Ce qui le rend rassurantCe qui ne le protège pas
Or physiquePas d'émetteur qui pourrait faire défaut ; actif tangibleBaisse du cours, prime et prix de rachat, aucun revenu, fiscalité à la vente
Obligations d'État solidesRemboursement à l'échéance si l'État paie ; coupons connusBaisse du prix avant l'échéance si les taux montent ; inflation ; risque de change hors euro
Livrets réglementés et fonds en eurosCapital garanti (par l'État ou l'assureur), disponibilitéRendement qui peut rester sous l'inflation ; plafonds ; solidité de l'assureur pour le fonds en euros (fiche « Mon argent est-il protégé si ma banque fait faillite ? »)

Aucun n'est un abri complet : chacun protège contre un risque, pas contre tous.

Un exemple

Exemple entièrement fictif, destiné à expliquer la prime ; ce n'est ni un cours ni une estimation des frais du marché.

Vous payez une pièce 10 % au-dessus de la valeur de son métal. Lors de la revente, le cours du métal est inchangé, mais l'acheteur ne reprend pas ce supplément.

Vous récupérez alors moins que votre prix d'achat, avant même d'examiner les autres dépenses et la fiscalité. Une stabilité du cours ne suffit donc pas à garantir une opération sans perte.

À retenir

Comparez des propositions portant sur le même objet ou le même produit.

Demandez un prix d'achat complet, un prix de sortie indicatif et les justificatifs disponibles.

Pour la fiscalité, distinguez toujours le prix de vente et la plus-value. Les taux cités sont ceux en vigueur au 18/10/2026 ; ils peuvent changer à chaque loi de finances ou de financement de la sécurité sociale.

Les pièges à éviter

  • Acheter une pièce très chère parce que son vendeur la présente comme « rare ».
  • Supposer qu'un cours en hausse compensera tous les frais.
  • Croire qu'une facture suffit sans vérifier le lien avec l'objet revendu.
  • Choisir un produit coté sans comprendre les droits qu'il donne.
  • Utiliser la même fiscalité pour le métal, une action minière et une assurance vie.
  • Engager une part trop importante de l'épargne sous l'effet de l'inquiétude.

Voir fiche « Repérer les arnaques financières ».

Ce que vous pouvez faire maintenant : rassembler factures et certificats de l'or que vous détenez : sans eux, l'option sur la plus-value réelle n'est pas possible.

Pour aller plus loin

Faisons le point sur votre situation

Le cabinet CADRENS examine avec vous les caractéristiques d'un placement qui vous est proposé et sa place dans votre patrimoine. Nous répondons aussi à vos questions.

Demander un entretien découverte ou thibaut@cadrens.com

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les supports non garantis présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 20/10/2026.

Sources