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L’assurance vie : les bases

L'assurance vie, ce n'est pas une assurance décès ?

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Version Découverte · l'essentiel

La question

« L'assurance vie, ce n'est pas une assurance décès ? »

En une phrase

Non : l'assurance vie est avant tout une enveloppe d'épargne [1]. Vous y placez votre argent quand vous voulez, vous pouvez en principe le récupérer à tout moment (le délai et d'éventuelles restrictions dépendent du contrat), et elle offre deux avantages : après 8 ans, un abattement sur les gains retirés, et au décès, un abattement par bénéficiaire [3].

Comment ça marche

Imaginez une boîte à votre nom, chez un assureur, où vous déposez de l'argent, une fois ou régulièrement, sans plafond. Elle a deux tiroirs :

  • Le tiroir sécurisé (le « fonds en euros »). Votre capital est garanti par l'assureur et les intérêts gagnés chaque année vous restent acquis ; selon le contrat, les frais de gestion annuels peuvent toutefois venir en déduction (voir la notice). En contrepartie, le rendement est modéré : 2,63 % en moyenne en 2025 [2].
  • Le tiroir dynamique (les « unités de compte »). Votre argent est investi en actions, en obligations, en immobilier… Il peut rapporter davantage sur la durée, mais sa valeur monte et descend : il n'y a aucune garantie.

Vous choisissez comment répartir votre argent entre les deux tiroirs, selon votre horizon et votre tolérance au risque, et vous pouvez changer cette répartition en cours de route.

Et le mot « assurance », alors ? Le contrat prévoit deux issues :

  • Vous êtes en vie : l'argent est à vous ; vous pouvez en principe le retirer, en partie ou en totalité, sous un délai de deux mois au plus [8], même avant 8 ans : le cap des 8 ans ne bloque rien, il ouvre droit à un abattement sur les gains retirés [3].
  • Vous décédez : l'assureur verse l'épargne aux personnes que vous avez désignées (les « bénéficiaires »), en dehors de la succession. Pour les sommes versées avant vos 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € avant toute taxation (hors prélèvements sociaux sur les gains) [3].

Attention : un taux en vigueur aujourd'hui d'un côté, une moyenne servie l'an dernier de l'autre. Aucun n'est garanti pour les années à venir.

Un exemple

Léa, 30 ans, ouvre une assurance vie avec 1 000 €, puis programme un versement de 100 € par mois, placé sur le fonds en euros.

Huit ans plus tard, elle a versé 10 600 €. Avec un rendement hypothétique de 2,5 % par an, son contrat vaut environ 11 800 €.

Léa achète son premier appartement et retire 5 000 € pour compléter son apport. Seule la petite part de gains contenue dans ce retrait (environ 520 €) est soumise à l'impôt, et grâce aux 8 ans, elle bénéficie d'un abattement qui l'en exonère ici totalement [3]. Les prélèvements sociaux, eux, ont déjà été retenus chaque année sur les intérêts du fonds en euros. Le reste de son épargne (environ 6 800 €) reste placé, et elle reprend ses versements quand elle le souhaite.

Exemple simplifié : versements mensuels, rendement hypothétique constant de 2,5 % par an net de frais et de prélèvements sociaux, non garanti ; aucun autre retrait dans l'année.

À retenir

  1. L'assurance vie est une épargne en principe disponible, pas une assurance décès : le cap des 8 ans ne bloque pas l'argent, il réduit l'impôt sur les gains.
  2. Vous choisissez entre sécurité (fonds en euros) et potentiel de performance (unités de compte), et vous pouvez mélanger les deux.
  3. Ouvrir tôt est un atout : c'est la date d'ouverture du contrat qui fait courir les 8 ans, même avec un petit montant.

Les pièges à éviter

  • Croire que l'argent est bloqué 8 ans et renoncer à l'assurance vie pour cette raison.
  • Ne pas regarder les frais : quelques dixièmes de point par an font une grande différence sur 15 ou 20 ans.
  • Laisser la clause bénéficiaire par défaut sans vérifier qu'elle correspond à votre famille.

Ce que vous pouvez faire maintenant : retrouver la date d'ouverture de votre contrat, ses frais et sa clause bénéficiaire sur votre dernier relevé annuel.

Pour aller plus loin

Et pour vous, concrètement ?

Vous vous demandez si l'assurance vie correspond à votre profil et à vos projets, ou des questions demeurent ? Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.

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Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 20/10/2026.

Sources

Version Approfondie · pour aller plus loin

La question

« L'assurance vie, ce n'est pas une assurance décès ? » Et surtout : comment fonctionne vraiment un contrat, et comment choisir le bon ?

En une phrase

L'assurance vie est un contrat d'épargne souple et en principe disponible, dont la valeur dépend de trois choix : les supports sur lesquels votre argent est investi, la façon dont il est géré et les frais que vous payez, le tout porté par un assureur dont la solidité compte autant que le rendement.

Comment ça marche

3.1 Les acteurs du contrat

RôleQui c'estCe qu'il fait
SouscripteurCelui qui ouvre et alimente le contratVerse, choisit les supports, retire, désigne les bénéficiaires
AssuréLa personne dont la vie ou le décès déclenche le dénouementEn général, la même personne que le souscripteur
Bénéficiaire(s)Les personnes désignées dans la clause bénéficiaireReçoivent le capital au décès de l'assuré
AssureurLa compagnie qui gère le contratConserve et gère l'épargne, garantit le fonds en euros
DistributeurBanque, courtier, conseiller, site internetPrésente le contrat et conseille ; il ne détient pas votre argent

Le contrat se dénoue de deux façons : par un rachat total (vous récupérez tout de votre vivant) ou par le décès de l'assuré (le capital est versé aux bénéficiaires) [1].

3.2 Les supports : où est placé votre argent

Le fonds en euros

  • Ce que c'est : un placement collectif géré par l'assureur au sein de son « actif général », investi majoritairement en obligations, complété d'immobilier et d'actions.
  • La garantie : le capital est garanti par l'assureur. Selon les contrats, cette garantie s'entend avant ou après déduction des frais de gestion annuels : c'est à vérifier dans la notice.
  • L'effet cliquet : les intérêts attribués chaque année sont définitivement acquis et produisent à leur tour des intérêts ; si la garantie s'entend avant frais de gestion, les frais prélevés ensuite peuvent toutefois réduire la somme acquise.
  • Le rendement : fixé chaque année par l'assureur. Il se compose d'un éventuel taux minimum garanti et de la participation aux bénéfices. L'assureur peut mettre une partie des bénéfices en réserve (la « provision pour participation aux bénéfices ») pour lisser les rendements d'une année sur l'autre : fin 2025, ces réserves représentaient environ 4 % des encours des contrats individuels [2].
  • Les chiffres : 2,63 % de rendement moyen en 2025, net de frais de gestion et avant prélèvements sociaux, stable par rapport à 2024. La moitié des encours a été revalorisée entre 2,3 % et 2,9 %, et les mutuelles ont servi en moyenne 3,17 % [2].
  • Les conditions d'accès : de plus en plus d'assureurs imposent un pourcentage minimum en unités de compte pour accéder au fonds en euros, ou accordent un bonus de rendement (souvent de l'ordre d'un point) en contrepartie d'une part investie en unités de compte [2].

Les unités de compte (UC)

  • Ce que c'est : des supports financiers sélectionnés par l'assureur. Fonds actions ou obligations (OPCVM), fonds indiciels cotés (ETF), immobilier (SCPI, SCI, OPCI), produits structurés, et désormais du non coté (private equity, dette privée) dans certains contrats.
  • Le risque : l'assureur garantit le nombre de parts détenues, pas leur valeur. Le capital n'est pas garanti et peut baisser, parfois fortement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
  • Les chiffres : depuis 2020, les UC ont rapporté en moyenne de l'ordre de 2 % par an, nets de frais, avec de fortes variations d'une année à l'autre, dont une nette baisse en 2022 [2].
  • La liquidité : certaines UC (immobilier, non coté) sont moins liquides ; le contrat peut prévoir des délais ou des limites de sortie sur ces supports.

Le fonds euro-croissance (plus rare) : le capital est garanti à une échéance fixée au contrat. Avant cette échéance, la valeur du contrat varie avec les marchés, car une partie de l'épargne est placée dans une « provision de diversification ». Le niveau de la garantie à l'échéance est défini par le contrat, dans le cadre des conditions fixées par arrêté [18]. En contrepartie, le potentiel de rendement est plus élevé que sur le fonds en euros, sans certitude.

Le contrat multisupport combine fonds en euros et UC dans un même contrat. C'est aujourd'hui le format standard. La répartition se fait selon votre profil investisseur, établi par votre conseiller à partir de vos connaissances, de votre situation financière, de votre horizon, de votre tolérance aux pertes et de vos préférences en matière de durabilité (voir fiche « Pourquoi un conseiller vous pose autant de questions (profil investisseur) »).

3.3 Les modes de gestion : qui décide ?

ModeQui choisit les supportsPour qui
Gestion libreVous, éventuellement avec l'aide de votre conseillerÉpargnant qui veut garder la main et suit ses placements
Gestion pilotée (ou par profil)L'assureur ou une société de gestion, selon un profil choisi (prudent, équilibré, dynamique…)Épargnant qui veut déléguer simplement
Gestion sous mandatUn gérant professionnel à qui vous confiez un mandat d'arbitrage, avec une allocation sur mesureEncours plus importants, besoin de personnalisation

Ces modes peuvent coexister dans un même contrat (une partie en gestion libre, une autre pilotée). La délégation a un coût : elle ajoute souvent des frais de gestion de l'ordre de 0,1 % à 0,5 % par an.

Les options automatiques (en gestion libre) :

  • Investissement progressif : l'argent arrive sur le fonds en euros puis est transféré chaque mois vers les UC, pour lisser le point d'entrée sur les marchés.
  • Sécurisation des plus-values : les gains réalisés sur une UC sont automatiquement basculés vers le fonds en euros au-delà d'un seuil.
  • Limitation des moins-values (stop loss) : une UC est vendue si elle baisse au-delà d'un seuil.
  • Rééquilibrage automatique : la répartition cible est rétablie périodiquement.

3.4 Faire vivre son contrat

  • Versements : un versement initial (souvent de 100 € à quelques milliers d'euros selon les contrats), puis des versements libres ou programmés, sans plafond.
  • Arbitrages : déplacer de l'argent d'un support à l'autre à l'intérieur du contrat. Ce n'est pas un retrait : pas d'impôt, mais parfois des frais.
  • Rachat partiel : retirer une partie de l'épargne. Chaque retrait contient une part de capital versé et une part de gains, proportionnelle au poids des gains dans le contrat. Seule la part de gains est imposable (voir exemple 2) [3].
  • Rachats partiels programmés : retirer un montant régulier (mensuel, trimestriel…) pour compléter ses revenus, par exemple à la retraite.
  • Rachat total : clôture du contrat.
  • Avance : un prêt consenti par l'assureur, garanti par votre contrat, si le contrat le prévoit. L'argent reste investi et l'avance n'est pas un rachat, donc pas d'imposition, sauf si elle sert en réalité à disposer définitivement des sommes (avance non remboursée, avances répétées) : l'administration peut alors la traiter comme un rachat [14] ; en contrepartie, vous payez des intérêts, aux conditions fixées par l'assureur, et devez rembourser, en général dans un délai de 3 ans renouvelable. Le montant est plafonné à un pourcentage de l'épargne, plus élevé sur le fonds en euros que sur les UC. Elle se compare donc à un retrait : coût des intérêts d'un côté, impôt éventuel sur les gains de l'autre.
  • Délai de paiement : l'assureur dispose légalement de deux mois, à compter de la réception de votre demande, pour verser la somme demandée ; au-delà, les sommes dues produisent de plein droit des intérêts de retard [8]. En pratique, c'est souvent quelques jours.
  • Renonciation : vous pouvez revenir sur votre souscription dans les 30 jours calendaires qui suivent le moment où vous êtes informé que le contrat est conclu, et récupérer l'intégralité des sommes versées, que l'assureur doit rembourser dans les 30 jours suivant la réception de votre courrier recommandé. Si l'assureur ne vous a pas remis les documents d'information obligatoires, ce délai est prolongé jusqu'au 30e jour suivant leur remise, dans la limite de 8 ans, pour le souscripteur de bonne foi [9].
  • Acceptation du bénéficiaire : si un bénéficiaire a accepté la clause, avec votre accord, vous ne pouvez plus, en principe, faire de rachat ni demander d'avance sans son accord [13] (fiche « Bien rédiger sa clause bénéficiaire »).
  • Supports moins liquides : sur l'immobilier ou le non coté, le contrat peut prévoir des délais ou des plafonds de sortie (3.2).

3.5 Les frais : le critère le plus sous-estimé

FraisOrdre de grandeurCommentaire
Sur versements (frais d'entrée)0 % à 5 %Souvent nuls sur les contrats en ligne ; négociables ailleurs
De gestion du contrat0,5 % à 1 % par anPrélevés chaque année sur l'épargne, sur le fonds en euros comme sur les UC
Des supports en UC0,1 % à plus de 2 % par anFrais propres à chaque fonds, en plus des frais du contrat ; très faibles sur les ETF
De mandat ou de gestion pilotée0,1 % à 0,5 % par an en plusSelon le niveau de délégation ; pour le mandat d'arbitrage, voir ci-dessous
D'arbitrage0 % à 1 %Souvent gratuits en ligne ou un certain nombre de fois par an
De rachatGénéralement nuls

Ordres de grandeur constatés sur le marché, à titre indicatif.

Depuis le 24 octobre 2024, l'exécution d'un mandat d'arbitrage ne peut donner lieu à aucune commission ni rémunération versée à l'occasion des opérations d'investissement ou de désinvestissement entre les supports du contrat [19]. Les frais du mandat lui-même sont à lire dans la notice du contrat.

Chaque contrat doit présenter ses frais de façon détaillée et standardisée : la lecture de ce tableau est indispensable avant de souscrire.

3.6 La sécurité de votre épargne

  • La solidité de l'assureur : les assureurs sont soumis à la réglementation européenne Solvabilité 2 et publient chaque année un ratio de solvabilité (exigence minimale : 100 %). Plus il est élevé, plus l'assureur a de marge.
  • Le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) : en cas de faillite de l'assureur, il garantit l'épargne jusqu'à 70 000 € par assuré et par assureur, tous contrats confondus [10].
  • La loi Sapin 2 : en cas de menace grave pour la situation financière des assureurs ou pour la stabilité du système financier, le Haut Conseil de stabilité financière peut, pour tout ou partie des assureurs et de leurs contrats, limiter temporairement le paiement des rachats et retarder ou limiter les arbitrages et les avances, pour 3 mois renouvelables, la limitation des rachats ne pouvant dépasser 6 mois consécutifs [11]. Il n'y a pas eu recours à ce jour, mais le dispositif existe.

[ENCADRÉ secondaire] Pour les patrimoines importants : les contrats luxembourgeois. Souvent à partir de plusieurs centaines de milliers d'euros, ils offrent une protection renforcée, le « triangle de sécurité » : les actifs sont déposés auprès d'une banque dépositaire, et les souscripteurs sont prioritaires sur les autres créanciers de l'assureur.

3.7 Le contrat de capitalisation : le cousin méconnu

Il fonctionne exactement comme une assurance vie (mêmes supports, mêmes modes de gestion, même fiscalité des retraits [4]), mais il ne s'arrête pas au décès : il n'y a ni assuré, ni bénéficiaire.

Assurance vieContrat de capitalisation
Au décès du souscripteurLe contrat se dénoue, le capital est versé aux bénéficiairesLe contrat continue et entre dans la succession, transmis aux héritiers
Clause bénéficiaireOuiNon
Fiscalité au décèsRégime spécifique très favorable (3.9 et fiche « Assurance vie et transmission »)Droits de succession classiques, sur la valeur du contrat
Antériorité fiscalePerdue (le contrat est clos)Conservée par les héritiers ou le donataire
DonationLe contrat lui-même ne se donne pasPeut être donné, y compris en démembrement de propriété
Souscription par une sociétéNonOui (avec une fiscalité propre aux sociétés)

Pour qui ? Les personnes qui veulent donner de leur vivant en conservant l'antériorité fiscale, celles qui ont déjà largement utilisé les avantages de l'assurance vie, et les sociétés qui placent leur trésorerie.

3.8 Choisir son contrat et son assureur

Les critères à examiner, par ordre d'importance :

  1. Les frais, à toutes les étapes (tableau 3.5).
  2. La qualité du fonds en euros : historique de rendement sur 5 à 10 ans plutôt que sur une seule année, niveau des réserves (PPB), conditions d'accès.
  3. L'offre d'UC : nombre et diversité des supports, présence d'ETF peu chargés, d'immobilier, de supports responsables (labels ISR, Greenfin).
  4. Les modes de gestion et les options proposés (3.3).
  5. La solidité de l'assureur : ratio de solvabilité, taille, notation financière.
  6. La qualité de service : délais de traitement, espace en ligne, accompagnement par un conseiller.

Transférer plutôt que fermer. Depuis la loi PACTE (2019), il est possible, si l'assureur le propose, de transférer un contrat vers un autre contrat du même assureur sans perdre l'antériorité fiscale, à condition qu'une partie au moins des sommes transférées soit investie en unités de compte ou en euro-croissance [4] [15]. Changer d'assureur, en revanche, impose de racheter le contrat (avec la fiscalité correspondante) et de repartir de zéro pour le compteur des 8 ans.

Multiplier les contrats : rien n'interdit d'en détenir plusieurs, chez des assureurs différents. Cela permet de diversifier le risque assureur, d'accéder à des offres complémentaires et de prendre date tôt sur un second contrat.

3.9 Fiscalité et transmission : l'essentiel en deux tableaux

Le détail fait l'objet des fiches « La fiscalité de l'assurance vie » et « Assurance vie et transmission ». Règles en vigueur au 17/10/2026, pour un résident fiscal français.

Quand vous retirez de l'argent (seuls les gains sont imposés ; versements effectués depuis le 27 septembre 2017) [3] [4]

Ancienneté du contratImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux
Moins de 8 ans12,8 % (ou barème progressif sur option)17,2 %
8 ans et plusAbattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple marié ou pacsé), par foyer et pour l'ensemble de ses contrats, puis 7,5 % jusqu'à 150 000 € de versements, 12,8 % au-delà (ce seuil, lui, se calcule par personne, sur l'ensemble des contrats dont elle est titulaire, d'après les versements non encore remboursés au 31 décembre de l'année précédente ; dans un couple, chacun a le sien) [20]17,2 %

Pour des versements antérieurs au 27 septembre 2017, les gains sont imposés par principe au barème progressif, ou, sur option, au prélèvement libératoire (7,5 % après 8 ans, l'abattement étant alors restitué sous forme de crédit d'impôt) [16].

Les prélèvements sociaux sur l'assurance vie restent à 17,2 % en 2026 : la hausse à 18,6 % décidée pour 2026 sur d'autres revenus du capital ne s'applique pas à l'assurance vie, sauf aux contrats de rente-survie et d'épargne handicap [3] [7]. Sur le fonds en euros, ils sont prélevés chaque année au fil de l'eau ; sur les UC, au moment du retrait ou du décès [17].

Quand l'assuré décède (en dehors de la succession) [3] [5] [6]

Versements effectués…Fiscalité pour les bénéficiaires
Avant 70 ansAbattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 €, 31,25 % au-delà
Après 70 ansAbattement global de 30 500 € sur les versements, tous bénéficiaires confondus, puis droits de succession classiques ; les gains sont exonérés de droits
Conjoint ou partenaire de PACSExonération totale de droits et de prélèvement

Dans tous les cas, les prélèvements sociaux restent dus sur les gains qui n'y ont pas encore été soumis (UC notamment) [17].

3.10 À surveiller : le projet de loi de finances pour 2027

[ENCADRÉ daté — 16/10/2026] Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, prévoit de réserver les avantages fiscaux de l'assurance vie aux contrats « classiques » : versements en argent (et non en titres), unités de compte aux caractéristiques encadrées, et fonds dédiés ne contenant pas d'actifs liés au souscripteur ou à sa famille [12]. Il vise surtout certains contrats haut de gamme, souvent luxembourgeois, et ne modifie pas les abattements ni les taux présentés ci-dessus. Il s'agit d'un projet, non voté à ce jour, qui peut être modifié ou abandonné lors des débats parlementaires.

3.11 La carte d'identité de l'assurance vie

Deux exemples

Exemple 1 — Le poids des frais

Marc, 50 ans, place 100 000 € pour 15 ans. Il hésite entre deux contrats aux supports comparables, qui rapportent 4,5 % par an avant frais de gestion.

Contrat AContrat B
Frais d'entrée0 %3 %
Frais de gestion annuels0,5 %1 %
Valeur au bout de 15 ans≈ 180 100 €≈ 162 500 €

Près de 17 600 € d'écart, pour des placements identiques, uniquement à cause des frais.

Hypothèse de rendement constant, non garanti, avant fiscalité. Le résultat réel peut être inférieur, y compris à la somme versée ; l'écart dû aux frais, lui, se creuse chaque année quel que soit le rendement.

Exemple 2 — Comment est taxé un retrait

Claire, 62 ans, célibataire, détient un contrat ouvert en janvier 2018, entièrement en unités de compte. Elle y a versé 80 000 € ; il vaut aujourd'hui 110 000 €, soit 30 000 € de gains. Elle retire 20 000 € pour aider son fils.

  • Part des gains dans le contrat : 30 000 / 110 000 = 27,3 %.
  • Gains contenus dans le retrait : 20 000 × 27,3 % ≈ 5 455 €. Les 14 545 € restants sont du capital, non imposé.
  • Impôt sur le revenu : contrat de plus de 8 ans, abattement de 4 600 €, il reste 855 € imposés à 7,5 %, soit ≈ 64 €.
  • Prélèvements sociaux : 5 455 × 17,2 % ≈ 938 €.

Sur un retrait de 20 000 €, Claire paie environ 1 000 € au total. Mariée ou pacsée, l'abattement de 9 200 € la dispenserait d'impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux resteraient dus.

Au moment du retrait, l'assureur retient en principe un acompte de 7,5 % sur les 5 455 € de gains (≈ 409 €) : l'abattement n'est appliqué qu'avec la déclaration de revenus, et l'excédent est restitué l'année suivante [16].

Exemple simplifié, pour une résidente fiscale française et selon les règles en vigueur au 17/10/2026 : contrat 100 % UC, tous les versements effectués après le 27/09/2017, aucun autre contrat d'assurance vie ou de capitalisation, aucun autre retrait dans l'année.

À retenir

  1. La performance d'un contrat dépend de trois leviers : la répartition entre supports, le mode de gestion et les frais. Les frais sont le seul levier certain.
  2. Fonds en euros = sécurité, UC = potentiel avec risque. La bonne répartition dépend de votre horizon et de votre profil, et elle évolue avec votre vie.
  3. Un contrat se choisit pour longtemps : on ne change pas d'assureur sans repartir de zéro fiscalement. Mieux vaut bien choisir dès le départ, ouvrir tôt et privilégier les versements avant 70 ans.

Les pièges à éviter

  • Choisir un contrat sur le seul rendement du fonds en euros d'une année : regardez l'historique sur plusieurs années, les réserves et les conditions d'accès.
  • Ignorer les frais cumulés : frais du contrat et frais des UC s'additionnent.
  • Investir en UC de l'argent dont on aura besoin à court terme : en cas de baisse des marchés au mauvais moment, un retrait transforme la perte latente en perte réalisée.
  • Oublier de faire évoluer sa répartition : une allocation pensée à 35 ans n'est plus adaptée à 60 ans.
  • Fermer un vieux contrat pour en ouvrir un nouveau ailleurs : on perd l'antériorité fiscale. Mieux vaut le conserver, même avec peu d'argent dessus.
  • Retirer sans comparer avec une avance pour un besoin temporaire : l'avance, remboursée dans les délais, évite l'imposition et laisse l'épargne investie, mais elle coûte des intérêts. À comparer avec l'impôt qu'aurait coûté le retrait, souvent faible ou nul après 8 ans.
  • Négliger la clause bénéficiaire : elle doit être relue à chaque événement de vie (mariage, naissance, divorce, décès). Voir fiche « Bien rédiger sa clause bénéficiaire ».
  • Concentrer toute son épargne chez un seul assureur au-delà de 70 000 €, sans s'être assuré de sa solidité.

Ce que vous pouvez faire maintenant : relire la notice de votre contrat pour vérifier la garantie du fonds en euros (brute ou nette de frais), les délais de rachat et les conditions d'avance.

Pour aller plus loin

Faisons le point sur votre situation

Vous détenez déjà un ou plusieurs contrats, ou vous envisagez d'en ouvrir un ? Le cabinet CADRENS analyse vos contrats existants (frais, supports, clause bénéficiaire) et vous aide à déterminer la solution la plus adaptée à votre profil, à vos objectifs et à votre horizon de placement. Nous répondons aussi à vos questions.

Demander un entretien découverte ou thibaut@cadrens.com

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 20/10/2026.

Sources