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Comment reconnaître un bon placement (et par où commencer) ?

Comment savoir si un placement est bon pour moi, et par quoi commencer ?

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Version Découverte · l'essentiel

La question

« Quel est le meilleur placement ? »

En une phrase

Le meilleur placement n'existe pas : un bon placement est celui qui correspond à ce que vous voulez faire de cet argent, à quand vous en aurez besoin et au risque que vous pouvez supporter. En général, on construit son épargne en partant du plus sûr, même si plusieurs étapes peuvent avancer en parallèle.

Comment ça marche

D'abord vous, ensuite le produit. Avant de regarder un placement, trois questions [1] :

  • Pour quoi ? Faire face aux imprévus, acheter un logement, financer les études des enfants, préparer la retraite…
  • Pour quand ? Dans six mois, dans trois ans, dans vingt ans.
  • Combien puis-je accepter de perdre, au moins pour un temps, sans que cela change ma vie ?

Un repère essentiel : on ne peut pas tout avoir. Un placement peut être sûr et disponible, comme un livret, mais son rendement est alors modeste. Ce qu'on n'obtient pas ensemble, c'est la sécurité, la disponibilité et un rendement élevé. Le rendement d'un placement est toujours lié à son risque [1] : celui qui vous promet beaucoup, sans risque et tout de suite se trompe ou vous trompe (voir fiche « Repérer les arnaques financières »).

Par où commencer ? La pyramide de l'épargne, un repère CADRENS et non une règle officielle : on la construit en général par le bas, certains étages avancent en parallèle (vérifier ses assurances se fait tout de suite), et la diversification commence dès les premiers placements risqués.

  1. La précaution : une réserve sûre et disponible pour les imprévus, souvent 2 à 6 mois de revenus [2], sur des livrets.
  2. La protection de la famille : vos proches seraient-ils à l'abri si vous ne pouviez plus travailler, ou en cas de décès ?
  3. Les projets proches (moins de 5 ans) : de l'argent qui ne doit pas baisser.
  4. Les projets à long terme identifiés (retraite, études des enfants, transmission…) : de l'argent sans usage avant longtemps, exposé aux marchés et réparti.
  5. La diversification : immobilier, entreprises non cotées…, moins faciles à revendre.
  6. Les placements de conviction : risque élevé, en petite part, avec de l'argent qu'on accepte de perdre, une fois le reste en place.

Les fiches produits y répondent dans leur « Carte d'identité ».

Un exemple

Julie, 34 ans, gagne 2 500 € net par mois. Elle a 15 000 € sur son Livret A. Elle veut acheter un appartement dans trois ans et commence à penser à sa retraite. Un collègue lui vante un placement « à 8 % par an ».

  • Étage 1, la précaution : elle garde 3 mois de revenus, soit 7 500 €, sur son Livret A.
  • Étage 3, l'apport : les 7 500 € restants et son épargne mensuelle vont vers un support sûr et disponible, car elle en aura besoin dans trois ans. Pas d'actions pour cet argent-là : une baisse au mauvais moment retarderait son achat.
  • Étage 4, la retraite : elle mettra en place un petit versement mensuel sur le long terme une fois son achat financé, ou dès maintenant si son budget le permet.
  • Le placement à 8 % : elle pose les cinq questions. Son collègue ne sait pas d'où vient le rendement, ni comment on récupère son argent. Julie passe son tour.

Exemple fictif et simplifié.

À retenir

  1. Un bon placement est un placement adapté à votre objectif, à votre horizon et au risque que vous acceptez, pas celui qui rapporte le plus.
  2. Sécurité, disponibilité, rendement élevé : on n'a pas les trois à la fois. Une promesse qui les réunit est un signal d'alerte.
  3. En général, on construit par le bas : précaution, protection, projets proches, puis le long terme, diversifié dès le départ.

Les pièges à éviter

  • Choisir sur le seul rendement affiché, sans regarder le risque, les frais ni la disponibilité.
  • Commencer par le haut de la pyramide : investir en crypto-actifs ou en actions avant d'avoir une réserve de précaution.
  • Placer sur un support risqué l'argent d'un projet proche : si les marchés baissent au mauvais moment, il faudra vendre et réaliser la perte.

Ce que vous pouvez faire maintenant : prendre un placement que l'on vous propose ou que vous détenez, et répondre par écrit aux cinq questions de l'encadré.

Pour aller plus loin

Et pour vous, concrètement ?

Vous vous demandez par où commencer, ou si les placements que vous détenez correspondent à votre profil et à vos projets, ou des questions demeurent ? Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.

Prendre contact

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Informations à jour au 19/10/2026.

Sources

Version Approfondie · pour aller plus loin

La question

« Quel est le meilleur placement ? » Et surtout : comment juger une offre, comparer deux placements entre eux, et dans quel ordre construire son épargne ?

En une phrase

Reconnaître un bon placement, c'est faire trois choses dans l'ordre : se connaître (objectif, horizon, risque acceptable), passer chaque placement à la même grille (rendement, risque, durée, disponibilité, frais, fiscalité, transmission, profil, place dans la pyramide), puis le placer au bon étage d'une épargne construite du plus sûr au plus risqué.

Comment ça marche

3.1 Commencer par soi

Un placement n'est ni bon ni mauvais en soi : il est adapté ou non à une personne et à un objectif. C'est pourquoi l'AMF invite à se poser une série de questions avant d'investir [1], et pourquoi un conseiller est tenu de vous interroger avant de vous recommander quoi que ce soit (voir fiche « Pourquoi un conseiller vous pose autant de questions (profil investisseur) »).

Ce qu'il faut savoir sur vousLa questionPourquoi ça compte
L'objectifÀ quoi servira cet argent ?Il oriente le type de placement [1].
L'horizonQuand en aurai-je besoin ?La durée de placement recommandée du produit doit être en adéquation avec votre horizon [1].
La disponibilitéPourrais-je en avoir besoin avant ?Pour un besoin à court terme, mieux vaut un placement disponible sans risque de perte, comme un livret [1].
La capacité à perdreQuelle perte pourrais-je supporter sans que ma vie change ?Dépend de vos revenus, de votre patrimoine et de vos charges.
La tolérance au risqueComment réagirais-je à une baisse de 20 % ?Celui qui vend en pleine baisse réalise une perte qui n'était que latente ; s'il conserve, un retour au niveau initial reste possible, sans être garanti.
Les connaissancesEst-ce que je comprends ce produit ?On n'investit pas dans ce qu'on ne sait pas expliquer.
La situation d'ensembleQu'est-ce que je détiens déjà ? Ma réserve de précaution est-elle constituée ?L'AMF recommande de conserver une épargne de précaution avant d'investir en bourse [1].

Capacité et tolérance ne sont pas la même chose. On peut avoir les moyens de supporter une perte et très mal la vivre, ou l'inverse. Le bon niveau de risque est le plus bas des deux.

3.2 Le triangle sécurité · disponibilité · rendement élevé

« Le rendement d'un placement financier est toujours lié à son niveau de risque » [1]. Concrètement, chaque placement fait un compromis entre trois qualités :

Exemples de placementsSécurité du capitalDisponibilitéRendement
Livret AGaranti ; en cas de faillite de la banque, garantie de l'État jusqu'à 100 000 € [8]Immédiate1,7 % depuis le 1er août 2026, net d'impôt et de prélèvements sociaux [3] [13]
Fonds en euros d'une assurance vieGaranti par l'assureur, avant ou après frais de gestion selon les contratsEn principe quelques jours, deux mois au plus [12]2,63 % en moyenne servis en 2025, nets de frais de gestion, soit environ 2,2 % après prélèvements sociaux de 17,2 % [5] [11]
Fonds ou ETF actionsNon garanti, variations fortesRevente en principe possible chaque jour de cotation ou de calcul de la valeur, au prix du moment, qui peut être inférieur à la misePotentiellement plus élevé sur longue durée, sans garantie
Immobilier en parts (SCPI)Non garantiLa revente dépend de la présence d'un acheteur [6]Variable, frais d'entrée importants

Les deux taux cités ne portent pas sur la même période : celui du Livret A est le taux en vigueur depuis le 1er août 2026, celui du fonds en euros est la moyenne servie en 2025, un constat passé qui ne préjuge pas des années suivantes. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Le temps change la donne. Sur un placement non garanti, une durée longue ne supprime pas le risque, mais elle laisse le temps de traverser les baisses sans être obligé de vendre. C'est pourquoi l'horizon (3.1) décide du risque qu'on peut prendre, bien plus que l'envie de gagner.

Le rendement réel. Ce qui compte, c'est ce qu'il reste après l'inflation. Les prix ont augmenté de 3,1 % sur les douze mois à fin septembre 2026 [4] : si ce rythme et un taux de 1,7 % restaient inchangés, le placement perdrait environ 1,4 % de pouvoir d'achat par an. Les deux chiffres évoluent. Voir fiche « L'inflation : l'ennemi invisible de l'épargne ».

3.3 La grille d'analyse : la carte d'identité d'un placement

« Placer en assurance vie » ne dit donc rien du risque : tout dépend des supports choisis à l'intérieur. Voir fiche « La carte des enveloppes ».

Chaque placement se juge avec les mêmes neuf critères, dans le même ordre. C'est la grille que reprend l'encadré « Carte d'identité » de chaque fiche produit, pour pouvoir comparer d'une fiche à l'autre.

CritèreLa question à se poserOù trouver la réponseLe signal d'alerte
1. Ce que ça peut rapporterCombien, net de frais et avant impôt ? D'où vient ce rendement ? Sur quelle période est-il mesuré ?DIC (scénarios de performance) [7], historique du supportUn taux garanti élevé ; un seul « bon » chiffre isolé ; un rendement dont on ne comprend pas l'origine
2. RisqueLe capital est-il garanti ? Par qui ? Quel est l'indicateur de risque ?DIC (indicateur de 1 à 7) [6]« Capital protégé » sans précision ; absence de DIC pour un produit qui doit en avoir un (fonds, SCPI, produit structuré, unité de compte) [10]
3. Durée conseilléeCombien de temps faut-il le garder pour qu'il ait du sens ?DIC (période de détention recommandée) [7]Une durée plus longue que votre horizon
4. DisponibilitéPuis-je récupérer mon argent avant, et à quel prix ?DIC (« Combien de temps dois-je le conserver, et puis-je retirer de l'argent de façon anticipée ? ») [7], conditions généralesSortie impossible, pénalisée ou dépendante d'un acheteur, sans qu'on vous l'ait dit
5. FraisCombien à l'entrée, chaque année, à la sortie ?DIC (coûts totaux et réduction du rendement par an) [7], tableau des frais du contratFrais difficiles à obtenir ; frais du contrat et du support non additionnés
6. FiscalitéComment les gains sont-ils imposés, et quand ?Fiche fiscale de l'enveloppe (la fiche « La fiscalité de l’assurance vie » pour l'assurance vie, la fiche « Le PER (Plan d’épargne retraite) » pour le PER)Un placement choisi uniquement pour réduire ses impôts
7. TransmissionQue devient-il à mon décès ?Notice de l'enveloppe, clause bénéficiaireUne clause bénéficiaire jamais relue
8. Pour qui / pour qui ce n'est pasCorrespond-il à mon objectif, à mon horizon, à mon profil ?Votre profil investisseur, le document de conseilUn produit proposé avant toute question sur votre situation
9. Place dans la pyramide de l'épargneÀ quel étage de mon épargne appartient-il ?Section 3.4Un placement d'étage 5 ou 6 alors que les étages 1 à 3 ne sont pas solides

Quelques précisions utiles

  • Le rendement. Comparez toujours des chiffres comparables, sur la même période : un taux actuel avec un taux actuel, un rendement passé avec un rendement de la même année ; net de frais ou non, avant ou après impôt, sur un an ou en moyenne sur plusieurs années. Méfiez-vous des taux bonifiés temporaires et des rendements mis en avant sur la meilleure année. Pour un support non garanti, les scénarios de performance du DIC « ne sont pas un engagement mais des hypothèses » [7].
  • Le risque. L'indicateur du DIC va de 1 (risque le plus faible) à 7 (le plus élevé). Il combine le risque de marché (l'ampleur des hausses et baisses passées) et le risque de crédit (la capacité de celui qui conçoit ou garantit le produit à vous rembourser). Un niveau faible ne veut pas dire « sans risque ». À titre d'exemples donnés par l'AMF : une SCPI se situe souvent au niveau 3, un fonds actions de pays émergents entre 6 et 7 [6]. Le DIC doit aussi signaler le risque de change, le risque de ne pas pouvoir revendre, et la perte maximale lorsqu'elle peut dépasser la somme investie [6].
  • Qui garantit quoi. Une garantie ne vaut que ce que vaut le garant. En cas de faillite de l'établissement, vos dépôts bancaires sont couverts jusqu'à 100 000 € par client et par banque (les Livrets A, LDDS et LEP relèvent d'une garantie de l'État distincte, de 100 000 € également) ; vos titres, s'ils ne peuvent pas vous être restitués, jusqu'à 70 000 € par client et par établissement, sans protection contre la baisse de leur valeur [8] ; votre épargne en assurance vie, en cas de défaillance de l'assureur, jusqu'à 70 000 € par assuré et par assureur, quel que soit le nombre de contrats [9]. Voir fiche « Mon argent est-il protégé si ma banque fait faillite ? ».
  • Les frais. Le DIC chiffre l'effet des coûts sur votre rendement. Dans l'exemple pédagogique du guide de l'AMF, un placement de 10 000 € supporte 3 874 € de coûts sur 10 ans, soit une réduction du rendement de 2,41 % par an [7]. Un écart de frais d'un point par an pèse lourd sur vingt ans (voir fiche « Les frais : ce qu'ils coûtent vraiment »).
  • La disponibilité. Pour certains produits, un retrait anticipé peut entraîner des frais, voire une perte en capital [7]. Certaines enveloppes sont bloquées par nature, comme le PER jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé (voir fiche « Le PER (Plan d'épargne retraite) »).

Et aussi : qui vous le propose ? Avant même la grille, vérifiez que votre interlocuteur est autorisé à vous proposer ce placement et qu'il est bien celui qu'il prétend être. C'est l'objet de la fiche « Repérer les arnaques financières ».

3.4 La pyramide de l'épargne, étage par étage

ÉtageRôleHorizonCe qu'on y chercheExemples (non exhaustifs)
1. PrécautionFaire face à un imprévu : panne, perte d'emploi, dépense de santéImmédiatSécurité et disponibilité totalesLivrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP sous conditions de revenus) [2]
2. Protection de la familleQue vos proches ne soient pas démunis en cas d'arrêt de travail, d'invalidité ou de décèsToute la vieUne couverture, pas un rendementPrévoyance, assurance décès, clause bénéficiaire à jour, protection du conjoint
3. Projets à moins de 5 ansFinancer un achat prévu : apport immobilier, voiture, travaux, étudesMoins de 5 ansCapital préservé, disponibilité au bon momentLivrets, comptes à terme, fonds en euros
4. Projets à long terme identifiésFaire croître un capital : retraite, transmission, liberté future8 ans et plusUn rendement supérieur à l'inflation, en acceptant des variationsAssurance vie multisupport, PEA, PER, investis en fonds diversifiés, actions et obligations
5. DiversificationCompléter le patrimoine avec d'autres moteursLong, souvent 8 à 10 ans et plusD'autres sources de rendement, en acceptant la difficulté de revendreImmobilier locatif, SCPI, non coté (private equity), produits structurés
6. Placements de conviction (risque élevé, en petite part)Tenter un gain élevéIncertainUne petite part, d'argent qu'on accepte de perdre entièrementCrypto-actifs, actions individuelles très concentrées, produits à effet de levier

Le montant de la précaution. On considère en général qu'elle doit représenter 2 à 6 mois de revenus [2] : c'est un repère, pas une règle. Selon le repère CADRENS, le haut de la fourchette convient plutôt aux revenus irréguliers (indépendants, commerciaux), aux familles avec enfants et aux propriétaires de leur logement, qui doivent pouvoir faire face aux travaux imprévus. Au-delà de la réserve et des projets proches, l'argent laissé sur des livrets peut, selon les périodes, perdre du pouvoir d'achat (3.2).

Les principes de la pyramide (un repère CADRENS, pas une règle officielle)

  • On monte quand l'étage du dessous est solide. Un placement de long terme n'a de sens que si l'on ne sera pas forcé de le vendre au mauvais moment pour faire face à un imprévu ou à un projet.
  • L'étage 2 se traite en parallèle. La protection de la famille n'est pas un placement : elle se vérifie dès qu'on a des personnes à charge ou un crédit, sans attendre d'avoir épargné.
  • Commencer le long terme tôt, même petit. Une fois la précaution constituée, un versement mensuel modeste vers l'étage 4 peut démarrer en même temps que l'épargne d'un projet. Certaines enveloppes gagnent à être ouvertes tôt pour faire courir leurs délais fiscaux (voir fiche « L'assurance vie : les bases »).
  • Plus on monte, plus la part se réduit. Les étages 5 et 6 complètent un patrimoine déjà construit ; ils n'en sont jamais la base.
  • La pyramide bouge avec la vie. Un projet réalisé libère l'étage 3 ; l'approche de la retraite fait redescendre une partie de l'étage 4 vers plus de sécurité ; une naissance renforce l'étage 2.

3.5 Avant de signer : les documents à lire

DocumentCe qu'il vous apprend
Le document d'informations clés (DIC)Pour les produits qui doivent en avoir un (fonds, SCPI, produits structurés, unités de compte d'assurance vie ; pas les actions détenues en direct) [10], en trois pages au plus, au format standardisé : objectif du produit, indicateur de risque, scénarios de performance, coûts, durée de détention recommandée, conditions de sortie [7].
La notice ou les conditions générales de l'enveloppeLes règles du contrat : versements, retraits, frais du contrat, garanties, transmission.
Le document de conseil remis par votre conseillerVos besoins tels qu'il les a compris et la justification de sa recommandation au regard de votre profil (voir fiche « Pourquoi un conseiller vous pose autant de questions (profil investisseur) »).
Le document d'entrée en relationQui est votre conseiller, ses statuts et immatriculations, comment il est rémunéré (voir fiche « Comment est rémunéré un conseiller ? »).

Deux exemples

Exemple 1 — Trois placements passés à la grille

Nadia, 45 ans, dispose de 30 000 € qu'elle destine à sa retraite, dans une vingtaine d'années. Elle hésite entre trois options. Elle remplit la grille :

CritèreLivret AFonds en euros (assurance vie)Fonds actions monde (assurance vie, unité de compte)
Ce que ça peut rapporter1,7 % net d'impôt et de prélèvements sociaux, taux en vigueur depuis le 1er août 2026 [3] [13]2,63 % en moyenne servis en 2025, nets de frais de gestion, soit environ 2,2 % après prélèvements sociaux de 17,2 % [5] [11] ; un constat passé, qui ne préjuge pas des années suivantesVariable ; potentiellement plus élevé sur 20 ans, sans garantie
RisqueCapital garanti ; en cas de faillite de la banque, garantie de l'État jusqu'à 100 000 € [8]Capital garanti par l'assureur, avant ou après frais de gestion selon les contrats ; défaillance de l'assureur couverte par le FGAP jusqu'à 70 000 € par assuré et par assureur [9]Non garanti : une baisse est une perte de valeur, que la vente réalise ; indicateur de risque élevé dans le DIC
Durée conseilléeAucunePas de minimum ; 8 ans pour bénéficier de l'abattement sur les gains retirésCelle du DIC, souvent 5 ans et plus
DisponibilitéImmédiateRachat en principe possible : quelques jours en pratique, deux mois au plus [12] ; limitation temporaire possible en cas de crise financière graveRachat en principe possible dans les mêmes délais, à la valeur du moment, qui peut être inférieure à la somme versée
FraisAucunFrais de gestion du contratFrais du contrat + frais du fonds
FiscalitéIntérêts exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux [13]Celle de l'assurance vieCelle de l'assurance vie
TransmissionEntre dans la successionRégime de l'assurance vieRégime de l'assurance vie
Pour qui / pour qui ce n'est pasLa réserve de précaution · Pas l'argent sans usage avant longtempsL'épargnant prudent, ou la part sécurisée d'un projet · Pas l'argent des imprévus, qui a sa place sur un livretL'épargnant à horizon long, qui accepte des baisses temporaires · Pas l'argent nécessaire à court terme
Place dans la pyramide de l'épargne13, ou part sécurisée du 44

Ce que Nadia en conclut. Pour un horizon de vingt ans, le Livret A est un mauvais choix : si les prix continuaient d'augmenter au rythme des douze derniers mois (3,1 %), il ne protégerait pas son pouvoir d'achat [4]. Le fonds en euros est sûr mais modeste. Le fonds actions correspond à son horizon, mais elle sait qu'elle supporterait mal de voir son capital baisser fortement. Elle opte donc pour un mélange des deux à l'intérieur d'une même assurance vie, avec une part en actions qu'elle augmentera progressivement, et elle garde sa réserve de précaution à part, sur ses livrets.

Exemple fictif et simplifié. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital.

Exemple 2 — Par où commencer ? La pyramide d'un couple

Thomas et Inès, 38 et 36 ans, deux enfants, gagnent ensemble 6 000 € net par mois. Ils ont 60 000 € d'épargne : 45 000 € sur leurs livrets et 15 000 € qui dorment sur leur compte courant. Ils veulent changer de voiture dans deux ans (environ 20 000 €) et commencer à préparer leur retraite.

ÉtageLeur situationCe qu'ils décident
1. PrécautionRevenus réguliers, deux enfants4 mois de revenus, soit 24 000 €, restent sur leurs livrets.
2. ProtectionIls n'ont jamais vérifié leur couvertureIls font le point sur la prévoyance de leurs employeurs et sur une assurance décès, et relisent leurs clauses bénéficiaires.
3. Projet à 2 ansVoiture20 000 € sur des supports sûrs et disponibles.
4. Long termeRetraite, études des enfantsLes 16 000 € restants, puis un versement mensuel, sur une enveloppe de long terme, investis de façon diversifiée et progressive.
5 et 6—Pas pour l'instant : ils y reviendront quand l'étage 4 sera constitué.

Le résultat : la même somme, mais chaque euro a désormais un rôle. Les 15 000 € qui dormaient sur le compte courant travaillent, et un imprévu ne les obligera pas à toucher à l'argent de la retraite.

Exemple fictif et simplifié.

À retenir

  1. Trois temps, dans l'ordre : se connaître (objectif, horizon, risque acceptable), passer chaque placement à la grille, le ranger au bon étage de la pyramide.
  2. Une seule grille pour tout comparer : rendement, risque, durée, disponibilité, frais, fiscalité, transmission, profil, place dans la pyramide. Le DIC répond à la plupart de ces questions.
  3. L'enveloppe n'est pas le support : l'enveloppe fixe la fiscalité et la disponibilité, le support fixe le risque et le rendement.

Les pièges à éviter

  • Comparer des rendements qui ne se comparent pas : brut et net, un an et dix ans, garanti et non garanti.
  • Confondre l'enveloppe et le support : « c'est une assurance vie, donc c'est sûr » n'est vrai que pour le fonds en euros.
  • Ignorer l'inflation : un placement à capital garanti peut faire perdre du pouvoir d'achat, chaque année.
  • Choisir un placement plus long que son projet : un produit à 8 ans pour un achat dans 3 ans expose à une sortie au mauvais moment.
  • Oublier l'étage 2 : bien placer son argent sans avoir protégé sa famille.
  • Investir pour défiscaliser avant de savoir si le placement est bon en lui-même.
  • Ne jamais revoir sa pyramide : elle doit suivre les projets et les événements de la vie.
  • Signer sans avoir lu le DIC, ou sans pouvoir expliquer le placement en trois phrases.

Ce que vous pouvez faire maintenant : passer vos deux principaux placements à la grille complète (section 3), et noter l'étage de la pyramide auquel chacun correspond.

Pour aller plus loin

Faisons le point sur votre situation

Le cabinet CADRENS fait avec vous l'inventaire de votre épargne, étage par étage, passe vos placements actuels à la grille (rendement, risque, frais, disponibilité) et vous aide à définir ce qui correspond à votre profil, à vos projets et à votre horizon. Nous répondons aussi à vos questions.

Demander un entretien découverte ou thibaut@cadrens.com

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les placements non garantis, dont les unités de compte, présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 19/10/2026.

Sources