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Actions, obligations, fonds, ETF : le vocabulaire

C'est quoi exactement une action, une obligation, un ETF ?

Bien investir Placements Chiffres à jour au

Version Découverte · l'essentiel

La question

« C'est quoi exactement une action, une obligation, un ETF ? »

En une phrase

Une action, c'est un morceau d'entreprise ; une obligation, c'est un prêt ; un fonds, c'est un panier de placements composé par un professionnel ; un ETF, c'est un panier qui copie un indice boursier, comme une liste de courses imposée.

Comment ça marche

Quatre mots, quatre images.

L'imageEn une phrase
ActionUne part de gâteauVous achetez un petit morceau d'une entreprise et devenez l'un de ses propriétaires [1].
ObligationUne reconnaissance de detteVous prêtez de l'argent à un État ou à une entreprise, pour une durée et à un taux connus dès le départ [2].
FondsUn panier garni composé par un chefVous confiez votre argent à un gérant professionnel, qui le place dans de nombreux titres en même temps [3].
ETF (ou « tracker »), un type de fondsUn panier qui suit une liste de courses imposéeUn fonds coté en Bourse qui copie un indice, c'est-à-dire une liste de titres (actions, obligations…) choisie selon des règles publiques [4].

Les deux premières lignes sont des titres que l'on détient en direct ; les deux dernières, des paniers. Un ETF n'est pas une famille à part : c'est un fonds, géré pour reproduire un indice. Ce que chacun peut rapporter et ce qu'il risque figure dans la carte d'identité ci-dessous.

Un exemple

Sami, 32 ans, dispose de 1 000 € qu'il n'utilisera pas avant longtemps. Il compare trois façons de les investir.

Sami achète…Si une entreprise du panier fait faillite…Ce qu'il en retient
Des actions d'une seule entrepriseIl peut tout perdreTout repose sur une seule entreprise
Une obligation de cette même entrepriseIl risque de ne pas être rembourséMoins de potentiel qu'une action, mais pas sans risque
Des parts d'un ETF MSCI WorldL'entreprise ne pèse qu'une toute petite part des 1 249 entreprises de l'indice [6]En un seul achat, son argent est réparti sur des centaines d'entreprises, mais il suit l'ensemble du marché, à la hausse comme à la baisse

Exemple simplifié, à but pédagogique.

À retenir

  1. Action = propriétaire, obligation = prêteur : on ne gagne pas de la même façon et on ne prend pas les mêmes risques.
  2. Un fonds ou un ETF est un panier : il répartit votre argent sur beaucoup de titres, ce qui limite le poids d'une entreprise en difficulté.
  3. Aucun de ces placements n'est garanti : leur valeur fluctue, et ils se conçoivent sur plusieurs années.

Les pièges à éviter

  • Croire qu'une obligation est sans risque : elle dépend de la solidité de celui à qui vous prêtez.
  • Penser qu'un ETF protège de la baisse parce qu'il est diversifié : il suit le marché, dans les deux sens [4].
  • Investir de l'argent dont vous aurez besoin bientôt : gardez d'abord une épargne de précaution (fiche « L'épargne de précaution »).

Ce que vous pouvez faire maintenant : ouvrir le DIC de l'un de vos fonds ou ETF et y repérer son indicateur de risque, sa durée recommandée et ses coûts en euros.

Pour aller plus loin

Et pour vous, concrètement ?

Vous vous demandez si les actions, les obligations, les fonds ou les ETF correspondent à votre profil et à vos projets, ou des questions demeurent ? Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.

Prendre contact

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les placements en actions, obligations, fonds et ETF présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 19/10/2026.

Sources

Version Approfondie · pour aller plus loin

La question

« C'est quoi exactement une action, une obligation, un ETF ? » Et surtout : quelle différence entre un fonds « classique » et un ETF, et comment comparer deux fonds avant d'investir ?

En une phrase

Actions et obligations sont les briques de base ; fonds et ETF sont des paniers qui les assemblent. Pour choisir entre eux, trois questions suffisent : qui décide du contenu du panier (un gérant ou un indice), combien cela coûte chaque année (les frais courants), et quels risques vous prenez (le DIC).

Comment ça marche

3.1 L'action : devenir copropriétaire d'une entreprise

Acheter une action, c'est acquérir une part du capital d'une entreprise [1]. L'actionnaire dispose de deux droits principaux [1] :

  • le droit de vote en assemblée générale ;
  • le droit de recevoir une part des bénéfices, le dividende, si l'entreprise décide d'en distribuer.

Ce qui fait varier son prix : les anticipations des investisseurs sur les bénéfices futurs de l'entreprise, qui font monter ou baisser le cours [1]. Une action n'a ni échéance ni remboursement : on récupère son argent en la revendant, au prix du jour.

Cotée ou non cotée. Une action cotée s'achète et se vend en Bourse, à tout moment pendant les heures d'ouverture. Une action non cotée (private equity, voir fiche « Private equity : investir dans des entreprises non cotées ») est beaucoup plus difficile à revendre.

Le risque : c'est un placement risqué, qu'il faut réserver à des sommes que l'on peut se permettre de perdre et envisager sur le long terme ; la diversification par secteurs et par zones géographiques réduit le risque [1].

3.2 L'obligation : prêter à un État ou à une entreprise

Une obligation est une part d'un emprunt émis par un État, une collectivité ou une entreprise. En l'achetant, vous prêtez de l'argent pour une durée et à un taux connus dès l'origine [2].

TermeCe que ça veut dire
ÉmetteurCelui qui emprunte : l'État, une collectivité, une entreprise [2]
Valeur nominaleLe montant prêté par obligation, sur lequel sont calculés les intérêts [2]
CouponLes intérêts versés régulièrement. Plus l'émetteur est risqué, plus le taux est élevé [2]
ÉchéanceLa date de remboursement, fixée à l'émission : souvent 5, 10 ou 20 ans [2]

Il existe des obligations à taux fixe, à taux variable, indexées sur l'inflation, « zéro coupon » (les intérêts sont versés en une fois à l'échéance) ou convertibles en actions [2].

Trois risques à connaître [2] [7] :

  • Le risque de crédit : si l'émetteur fait défaut, vous pouvez perdre une partie ou la totalité de votre capital.
  • Le risque de taux : le prix d'une obligation varie en sens inverse des taux d'intérêt. Quand les taux montent, les nouvelles obligations rapportent davantage, et les anciennes perdent de la valeur. Revendre avant l'échéance peut alors faire perdre de l'argent (voir exemple 2). En général, plus la durée restant à courir jusqu'à l'échéance est longue, plus l'effet est fort.
  • Le risque de liquidité : le marché obligataire est moins liquide que celui des actions ; il peut être difficile de revendre dans de bonnes conditions.

En pratique, la plupart des particuliers détiennent des obligations par l'intermédiaire de fonds (en assurance vie, en épargne salariale, sur un compte-titres). Attention : un fonds obligataire classique n'a pas d'échéance et ne garantit pas le remboursement du capital à une date donnée ; sa valeur bouge avec les taux [2]. Les fonds obligataires datés font exception : ils visent une date de fin, sans garantie du capital (fiche « Les fonds obligataires datés »).

3.3 Les fonds (OPC) : confier son argent à un gérant

Un organisme de placement collectif (OPC) réunit l'argent de nombreux épargnants et l'investit dans un portefeuille diversifié, géré par un professionnel : une société de gestion agréée [3].

TermeCe que ça veut dire
OPCVMFonds investi en valeurs mobilières (actions, obligations…), soumis à des règles européennes et commercialisable dans toute l'Union européenne [3]
FIAFonds d'investissement alternatif : tous les autres placements collectifs commercialisés en France (SCPI, fonds de private equity…) [3]
SICAVSociété dont vous achetez des actions : vous êtes actionnaire et votez en assemblée générale [3]
FCPCopropriété de titres dont vous détenez des parts : la société de gestion agit en votre nom et dans votre intérêt exclusif [3]
Valeur liquidative (VL)Le prix d'une part du fonds, calculé et publié par la société de gestion, selon une fréquence indiquée dans le DIC (souvent chaque jour) [3]

Le cours inconnu. Un ordre d'achat ou de vente de fonds est exécuté sur la prochaine valeur liquidative, calculée après l'heure limite de passage des ordres : vous ne connaissez donc pas à l'avance le prix exact [3].

Les grandes familles : fonds actions, fonds obligataires, fonds diversifiés (un mélange des deux) et fonds monétaires (placements à très court terme). Un ETF n'est pas une famille de plus : c'est une façon de gérer et de coter un fonds, qui peut être actions, obligataire ou monétaire.

L'agrément de l'AMF porte sur la société de gestion et sur le fonds ; il ne constitue en aucun cas une recommandation d'y souscrire [3]. Les fonds étrangers peuvent être commercialisés en France grâce au « passeport » européen [3].

3.4 Les ETF : des fonds indiciels cotés en Bourse

Un ETF (exchange traded fund, aussi appelé tracker) est un fonds qui cherche à suivre le plus fidèlement possible l'évolution d'un indice et qui est coté en continu, comme une action [4]. En Europe, la grande majorité des ETF sont des OPCVM ; certains sont des FIA [8]. Le détail fait l'objet de la fiche « Les ETF (trackers) : investir dans tout un marché d'un coup ».

Ce qui le distingue d'un fonds classique

Fonds classique (non coté)ETF
ObjectifLe plus souvent, faire mieux qu'un indice de référence (gestion active)Reproduire un indice (gestion passive) [4]
PrixUne valeur liquidative, le plus souvent quotidienne, à cours inconnu [3]Un cours en continu pendant les heures de Bourse [4]
Où l'acheterAuprès de sa banque, de son assureur, d'un conseillerEn Bourse, par l'intermédiaire d'un courtier, d'une banque ou dans une enveloppe qui le propose [4]
Frais de gestionPlus élevés en moyennePlus faibles en moyenne (3.6)

Comment un ETF copie un indice [8] :

  • Réplication physique : le fonds achète les titres qui composent l'indice, tous ou un échantillon représentatif.
  • Réplication synthétique : le fonds détient d'autres titres et obtient la performance de l'indice par un contrat d'échange (un swap) conclu avec une banque. Il est alors exposé au risque que cette banque ne tienne pas ses engagements, un risque encadré par la réglementation.

Deux mesures de la qualité du suivi [8] :

  • L'écart de suivi (tracking difference) : la différence entre la performance de l'ETF et celle de son indice sur une période, par exemple – 0,25 point sur un an. C'est surtout l'effet des frais et des contraintes de réplication ; c'est lui qui réduit votre rendement.
  • La tracking error : la variabilité de cet écart dans le temps, exprimée comme un écart-type. Elle mesure la régularité du suivi ; ce n'est pas un coût à soustraire du rendement.

Capitalisant ou distribuant ? Certains ETF réinvestissent automatiquement les dividendes ; d'autres les versent [4].

ETF « de stratégie » et ETF à effet de levier : à côté des ETF qui suivent un indice de marché, certains suivent des stratégies, ou amplifient à la hausse comme à la baisse les variations de l'indice. Ils sont réservés aux investisseurs expérimentés [4].

Où les loger ? Sur un compte-titres, un PEA, un PER ou un contrat d'assurance vie en unités de compte, mais tous les ETF ne sont pas éligibles à toutes les enveloppes : à vérifier avant d'investir [4] (fiches « Le PEA (Plan d'épargne en actions) » et « Le compte-titres ordinaire »).

Un engouement récent. En 2025, plus de 1,1 million de particuliers ont acheté ou vendu des ETF en France, soit 83 % de plus qu'en 2024, dont 583 000 pour la première fois. L'âge moyen de ces investisseurs est d'environ 38 ans [6].

3.5 Les indices : les thermomètres de la Bourse

Un indice mesure l'évolution d'un ensemble de titres choisis selon des règles publiques : un marché d'actions ou d'obligations, un secteur, une zone géographique, un thème ou une stratégie [4]. Tous ne sont pas des listes d'entreprises : un indice obligataire suit par exemple des emprunts d'États.

IndiceCe qu'il mesure
CAC 40Les 40 principales capitalisations de la Bourse de Paris [5]
MSCI World1 249 grandes et moyennes entreprises de 23 pays développés [9]

Une diversification à regarder de près. Un indice « mondial » n'est pas réparti à parts égales : le poids de chaque entreprise dépend de sa taille en Bourse. Au 30 septembre 2026, les entreprises américaines représentaient près de 73 % du MSCI World [9]. Diversifier, ce n'est donc pas seulement multiplier les titres, c'est aussi regarder où ils se trouvent (fiche « Diversifier : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier »).

Indice « prix » ou « dividendes réinvestis ». L'indice le plus cité, comme le CAC 40, ne tient compte que de l'évolution des cours ; sa version « dividendes réinvestis » (gross return ou net return) intègre aussi les dividendes et monte donc davantage sur la durée. Pour comparer un fonds à son indice, il faut comparer avec la bonne version. À l'inverse, certains indices « à décrément » retranchent un montant fixe chaque année : voir fiche « Les produits structurés ».

3.6 Gestion active ou gestion passive ?

Gestion activeGestion passive (indicielle)
Le principeUn gérant sélectionne les titres qu'il juge les plus prometteurs, pour faire mieux que son indice de référenceLe fonds reproduit un indice, sans chercher à le battre
ExemplesLa plupart des OPCVM proposés en banque et en assurance vieETF, fonds indiciels non cotés
Frais annuels moyens des fonds actions français (2025)1,37 % par an pour les fonds gérés activement : frais totaux, frais courants et commissions de surperformance additionnés [10]Frais courants : 0,75 % pour les fonds indiciels non cotés · 0,33 % pour les ETF actions [10]
Résultat attenduPeut faire mieux, ou moins bien, que l'indiceL'indice, moins les frais

Sur l'ensemble des fonds actions de droit français ouverts au public (environ 2 300 fonds, toutes catégories confondues), les frais courants moyens, hors commissions de surperformance, s'établissent à 1,32 % en 2025, en baisse régulière : environ 2,3 % en 2010 [10]. Les deux chiffres ne portent pas sur la même population ni sur les mêmes frais : 1,37 % ne vise que la gestion active, commissions de surperformance comprises. Ces moyennes ne sont pas pondérées par la taille des fonds et n'incluent pas les coûts de transaction [10].

Laquelle est la meilleure ? La gestion active est généralement plus chère, mais la performance nette de chacune dépend surtout des marchés et des périodes considérés [11]. Un gérant actif doit justifier ses frais par sa capacité à apporter quelque chose de plus que l'indice. L'AMF a d'ailleurs relevé l'existence de fonds présentés comme actifs dont le portefeuille était très proche de leur indice, avec des frais élevés [12].

Les deux se combinent souvent : un socle en gestion passive, peu coûteux, et quelques fonds actifs sur des marchés où le travail de sélection peut faire la différence (petites entreprises, obligations, thématiques).

3.7 Les frais : ce que vous payez, et quand

FraisQuandCe qu'il faut savoir
Frais d'entrée (droits d'entrée)À l'achat de parts de fondsPayés lors de la souscription [3] et indiqués dans le DIC parmi les coûts ponctuels [13] ; souvent négociables
Frais de sortieÀ la reventeRares, mais à vérifier [3]
Frais courantsChaque année, prélevés sur la valeur du fondsL'ensemble des frais de fonctionnement et de gestion du fonds [3]. Ils sont déjà déduits de la valeur liquidative : vous ne les voyez pas passer [11]
Commission de surperformanceSi le fonds dépasse un objectif fixéPrélevée en plus des frais courants [3]
CourtageÀ chaque achat ou vente d'action, d'obligation ou d'ETFVarie fortement d'un établissement à l'autre [1]
Commission d'achat de fonds en banqueÀ la souscription d'un fonds « externe », en plus des frais d'entréeAppliquée par les banques de réseau aux fonds externes, pas à leurs fonds « maison » ou partenaires : 18 des 20 banques qui affichent ce tarif (sur 23 étudiées) en prélèvent une, de 0,58 % en moyenne (29 € pour un ordre de 5 000 €, hors droits d'entrée, tarifs au 15/01/2026) ; les plateformes en ligne n'en prévoient pas [10]
Droits de gardeChaque année, sur un compte-titres ou un PEASouvent nuls sur les fonds « maison » de la banque, appliqués sur les autres [10]

Les rétrocessions. Une partie des frais courants d'un fonds peut être reversée par la société de gestion au distributeur qui vous l'a vendu (banque, assureur, conseiller) [11]. Ce n'est pas un coût supplémentaire pour vous, mais c'est une information à demander : elle fait partie du coût total que votre conseiller doit vous communiquer.

Les commissions de mouvement, prélevées par certains gérants sur les transactions du fonds, sont interdites aux sociétés de gestion de fonds depuis le 1er janvier 2026 par le règlement général de l'AMF, sauf pour les actifs immobiliers [12].

L'effet des frais sur la durée est détaillé dans l'exemple 1 et dans la fiche « Les frais : ce qu'ils coûtent vraiment ».

3.8 Le DIC : la carte d'identité du placement

Avant toute souscription d'un fonds ou d'un ETF, vous devez recevoir un document d'informations clés (DIC) de trois pages, au format identique pour tous les produits, ce qui permet de les comparer [13]. Il répond notamment à quatre questions [13] :

Rubrique du DICCe que vous y trouvez
En quoi consiste ce produit ?Son objectif, sa stratégie, l'indice suivi le cas échéant, le type d'investisseur visé
Quels sont les risques et qu'est-ce que cela pourrait me rapporter ?L'indicateur de risque, de 1 (le moins risqué) à 7 (le plus risqué), la perte maximale possible et quatre scénarios de performance : de tensions, défavorable, intermédiaire, favorable
Combien de temps dois-je le conserver ?La durée de détention recommandée et les conditions de sortie anticipée
Que va me coûter cet investissement ?Les coûts ponctuels et récurrents, et leur impact sur le rendement, en pourcentage et en euros

Vous pouvez aussi vérifier qu'un fonds est bien autorisé à la commercialisation en France dans la base GECO de l'AMF [4].

3.9 La fiscalité, en un mot

Le détail fait l'objet des fiches « La fiscalité de l'assurance vie », « Le PEA (Plan d'épargne en actions) », « Le compte-titres ordinaire » et « La fiscalité des placements (flat tax ou barème) ».

La fiscalité ne dépend pas du produit, mais de l'enveloppe dans laquelle il est logé. Pour un résident fiscal français, selon les règles en vigueur au 17/10/2026, les dividendes, coupons et plus-values d'un compte-titres perçus ou réalisés en 2026 sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option globale pour le barème progressif [4] [15]. Dans un PEA, un PER ou une assurance vie, ce sont les règles de l'enveloppe qui s'appliquent [4].

3.10 Les cartes d'identité, côte à côte

Deux exemples

Exemple 1 — Fonds actif ou ETF : l'effet des frais sur 20 ans

Hélène, 40 ans, place 20 000 € en actions pour 20 ans. Elle hésite entre un fonds actions géré activement, aux frais courants dans la moyenne du marché, et un ETF actions. On suppose que les deux obtiennent la même performance brute, 6 % par an, avant frais.

Fonds actifETF
Frais courants annuels1,32 % (moyenne de l'ensemble des fonds actions [10])0,33 % (moyenne des ETF actions [10])
Rendement net annuel4,68 %5,67 %
Valeur au bout de 20 ans≈ 49 900 €≈ 60 300 €

Environ 10 300 € d'écart, uniquement dû aux frais. Pour que le fonds actif fasse jeu égal, son gérant doit battre l'indice d'environ un point par an avant frais, chaque année, pendant 20 ans.

Et si le marché ne rapporte rien ? Avec une performance brute nulle pendant 20 ans, le même calcul donne environ 15 300 € pour le fonds actif et 18 700 € pour l'ETF : les frais se paient aussi les mauvaises années, et le résultat peut être inférieur à la somme investie.

Hypothèses constantes et identiques, non garanties : frais courants simplement retranchés de la performance brute, avant fiscalité et frais d'enveloppe. Le résultat réel peut être inférieur, y compris à la somme investie. Un fonds actif peut aussi faire mieux que l'indice ; cet exemple isole uniquement l'effet des frais.

Exemple 2 — Quand les taux montent, que vaut mon obligation ?

Nadia, 55 ans, achète 10 obligations d'une grande entreprise, de 1 000 € chacune, à taux fixe de 3 %, d'une durée de 10 ans. Elle reçoit 300 € d'intérêts par an.

Un an plus tard, les taux d'intérêt ont monté : des obligations comparables rapportent désormais 4 %.

Ce que fait NadiaCe qu'elle obtient
Elle revend maintenantPersonne n'achètera un placement à 3 % au prix fort quand le marché offre 4 % : chaque obligation ne vaut plus qu'environ 926 €, soit une moins-value d'environ 740 € sur l'ensemble [7]
Elle conserve jusqu'à l'échéanceElle continue de toucher 300 € par an et récupère ses 10 000 € au bout des 10 ans, si l'entreprise reste solvable [2]
À l'inverse, si les taux étaient descendus à 2 %Ses obligations vaudraient environ 1 082 € chacune : elle pourrait revendre avec une plus-value

La leçon : tant que Nadia ne vend pas, la baisse de prix est une perte latente ; elle devient une perte réalisée si elle revend avant l'échéance. Conserver jusqu'au bout permet de récupérer le nominal si l'émetteur reste solvable ; en cas de défaut, la perte peut être définitive.

Exemple simplifié, chiffres hypothétiques, avant frais et fiscalité. Prix calculés juste après le versement du premier coupon, en actualisant au nouveau taux les 9 coupons restants et le remboursement.

À retenir

  1. Actions et obligations sont les briques, fonds et ETF sont les paniers. Un panier diversifie, mais ne supprime pas le risque de marché.
  2. Gestion active ou passive : la première cherche à battre l'indice, la seconde le copie ; la différence de frais, de l'ordre d'un point par an en moyenne pour les fonds actions, pèse lourd sur la durée.
  3. Le DIC est le réflexe à avoir : indicateur de risque, durée recommandée, scénario de tensions et coûts en euros, avant toute souscription.

Les pièges à éviter

  • Confondre « diversifié » et « sans risque » : un ETF mondial peut perdre beaucoup lors d'une baisse générale des marchés.
  • Croire qu'un indice « mondial » est équilibré : il peut être dominé par un seul pays ou quelques très grandes entreprises.
  • Acheter un fonds obligataire classique en pensant récupérer son capital à une date donnée : contrairement à une obligation détenue en direct, il n'a pas d'échéance. Même un fonds daté ne garantit pas le capital.
  • Ignorer les frais courants parce qu'ils ne se voient pas : ils sont déjà déduits de la valeur liquidative.
  • Payer des frais de gestion active pour un fonds qui se contente de suivre son indice.
  • Se lancer dans des ETF à effet de levier ou de stratégie sans en comprendre le fonctionnement.
  • Négliger l'enveloppe : le même ETF n'est pas imposé de la même façon sur un compte-titres, dans un PEA ou dans une assurance vie, et tous les ETF ne sont pas éligibles partout.
  • Confondre protection de vos titres et garantie de leur valeur : si l'établissement qui conserve vos titres fait faillite et ne peut plus vous les restituer, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution couvre les titres manquants jusqu'à 70 000 € par client et par établissement, mais il ne protège ni contre la baisse des marchés ni contre la faillite de l'émetteur [14] (fiche « Mon argent est-il protégé si ma banque fait faillite ? »).

Ce que vous pouvez faire maintenant : pour un ETF que vous détenez, comparer son écart de suivi sur un an avec ses frais courants, à partir de la documentation du gestionnaire.

Pour aller plus loin

Faisons le point sur votre situation

Vous détenez déjà des fonds, des actions ou des ETF, ou vous envisagez d'investir ? Le cabinet CADRENS analyse la composition de vos placements (diversification, frais courants, niveau de risque, enveloppes utilisées) et vous aide à construire une répartition adaptée à votre profil, à vos objectifs et à votre horizon de placement. Nous répondons aussi à vos questions.

Demander un entretien découverte ou thibaut@cadrens.com

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les placements en actions, obligations, fonds, ETF et unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 19/10/2026.

Sources