Fonds euros et unités de compte
Quelle est la différence entre fonds euros et UC ?
Version Découverte · l'essentiel
La question
« Quelle est la différence entre fonds euros et UC ? »
En une phrase
Tout tient en un mot : la garantie. Sur le fonds en euros, c'est l'assureur qui porte le risque et garantit votre capital, selon les contrats avant ou après ses frais de gestion ; sur les unités de compte (UC), c'est vous qui portez le risque, en échange d'un potentiel de gain plus élevé sur la durée, sans certitude [1].
Comment ça marche
Le fonds en euros : l'escalier. Votre argent est placé par l'assureur, surtout en obligations. Chaque année, l'assureur fixe un taux et vous verse des intérêts. Une fois versés, ces intérêts vous sont définitivement acquis : votre épargne monte marche par marche et ne redescend pas du fait des marchés. C'est ce qu'on appelle l'effet cliquet. Seule réserve : selon le contrat, les frais de gestion peuvent faire baisser l'épargne une année où le rendement ne les couvre pas. En contrepartie, les marches sont basses, et leur hauteur change chaque année.
Les unités de compte : le sentier de montagne. Votre argent achète des parts de fonds (actions, obligations, immobilier…). L'assureur s'engage sur le nombre de parts que vous détenez, mais pas sur leur valeur [2]. Le sentier peut monter plus haut que l'escalier sur la durée, mais il comporte des descentes, parfois fortes, et rien ne garantit le point d'arrivée.
Un taux d'une année n'est pas une promesse. Le taux du fonds en euros est fixé a posteriori, année après année : 1,3 % en moyenne en 2020 et 2021, 2,6 % de 2023 à 2025 [3]. Il peut baisser comme monter.
Un exemple
Inès, 40 ans, place 10 000 € dans son assurance vie : 7 000 € sur le fonds en euros, 3 000 € en UC. Voici deux années possibles, avec des chiffres hypothétiques.
| Une bonne année | Une mauvaise année | |
|---|---|---|
| Fonds en euros (hypothèse 2,5 %) | 7 175 € | 7 175 € |
| UC | 3 300 € (+ 10 %) | 2 550 € (– 15 %) |
| Total | 10 475 € | 9 725 € |
Les 175 € d'intérêts du fonds en euros sont acquis dans les deux cas. La partie en UC, elle, a pu gagner ou perdre. C'est le mélange des deux qui fixe le niveau de risque d'Inès.
Exemple simplifié : rendements hypothétiques, non garantis, frais et fiscalité non détaillés.
À retenir
- Fonds en euros = capital garanti, rendement modéré. Les intérêts acquis ne se reperdent pas du fait des marchés (sous réserve, selon le contrat, des frais de gestion).
- UC = capital non garanti, potentiel plus élevé sur la durée, avec des baisses possibles en cours de route.
- La bonne réponse est souvent un mélange, adapté à votre horizon et à votre tolérance aux pertes.
Les pièges à éviter
- Choisir un contrat sur le taux d'une seule année, comme s'il était garanti pour l'avenir.
- Placer en UC de l'argent dont on aura besoin dans un ou deux ans.
- Vendre ses UC en pleine baisse sous le coup de la peur : la vente transforme une perte latente en perte réalisée. Garder n'est pas toujours la bonne décision non plus : une baisse peut durer ou ne pas être rattrapée. La question à se poser est de savoir si le support correspond encore à votre horizon et à votre projet.
Ce que vous pouvez faire maintenant : vérifier sur votre relevé la part de votre contrat en fonds en euros et en unités de compte, et la comparer à votre horizon.
Pour aller plus loin
- Découvrir la version Approfondie de cette fiche : effet cliquet, taux bonifiés, UC immobilières et structurées, gestion pilotée.
- Fiches liées : L'assurance vie, ce n'est pas une assurance décès ? · Pourquoi dois-je remplir ce questionnaire ? · Un placement « capital protégé sous conditions », c'est sûr ? · Quel est le meilleur placement ?
Et pour vous, concrètement ?
Vous vous demandez quelle répartition entre fonds en euros et unités de compte correspond à votre profil et à vos projets, ou des questions demeurent ? Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.
Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 20/10/2026.
Sources
- [1] AMF, « Investir dans une assurance-vie », 06/04/2022 — amf-france.org/sites/institutionnel/files/pdf/59245/fr/Investir_dans_une_assurance-vie.pdf
- [2] Code des assurances, art. L131-1 (contrats exprimés en unités de compte) — legifrance.gouv.fr
- [3] ACPR, « Revalorisation 2025 des contrats d'assurance-vie et de capitalisation », Analyses et synthèses n° 180, juin 2026 — acpr.banque-france.fr/system/files/2026-06/20260630_AS180_revalorisation_2025.pdf
- [4] Code des assurances, art. L132-21 (délai de versement de la valeur de rachat) — legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000030461815
Version Approfondie · pour aller plus loin
La question
« Quelle est la différence entre fonds euros et UC ? » Et surtout : comment fonctionne vraiment chacun des deux, que valent les taux bonifiés, et faut-il déléguer ses choix ?
En une phrase
Le fonds en euros et les unités de compte reposent sur deux promesses différentes : l'assureur garantit la valeur de votre épargne en euros, mais seulement le nombre de parts de vos UC [2]. Tout le reste en découle : le rendement, le risque, les frais, la liquidité, et l'intérêt de les combiner selon votre horizon.
Comment ça marche
3.1 Deux promesses, deux logiques
| Fonds en euros | Unités de compte | |
|---|---|---|
| Ce que l'assureur garantit | La valeur de l'épargne, intérêts acquis compris | Le nombre de parts, pas leur valeur [2] |
| Où va l'argent | Dans l'actif général de l'assureur, mutualisé entre tous les épargnants | Dans des fonds choisis (par vous ou par un gérant), dont vous suivez la valeur |
| Rendement | Fixé chaque année par l'assureur | Celui des marchés, au jour le jour |
| Risque de perte | Non (sous réserve des frais, voir 3.2, et de la solidité de l'assureur, voir fiche « L'assurance vie : les bases ») | Oui, partielle voire totale selon les supports |
| Frais | Frais de gestion du contrat | Frais du contrat + frais propres à chaque fonds |
| Encours fin 2025 | 1 361 Md€ sur les supports garantis | 612 Md€, contre 343 Md€ fin 2016 [3] |
Autrement dit, environ 3 euros sur 10 placés en assurance vie le sont aujourd'hui en UC [3].
3.2 Le fonds en euros vu de l'intérieur
D'où vient le rendement. L'assureur investit l'actif général surtout en obligations, complétées d'immobilier et d'actions [1]. Chaque année, la réglementation lui impose de redistribuer aux épargnants au moins 85 % de ses résultats financiers et 90 % de ses résultats techniques sous forme de participation aux bénéfices [3] [4]. Ce minimum se calcule globalement, sur l'ensemble de ses contrats : il ne garantit pas un taux donné à chaque contrat [4]. Il peut en mettre une partie en réserve (la provision pour participation aux bénéfices, ou PPB) pour lisser les taux d'une année sur l'autre : fin 2025, ces réserves représentaient 4,0 % des encours des contrats individuels, contre 5,4 % en 2021-2022 [3]. Elles doivent être reprises au profit des épargnants dans les huit exercices suivants [4].
L'effet cliquet. Les intérêts attribués au 31 décembre sont définitivement acquis et produisent à leur tour des intérêts l'année suivante. Votre épargne en euros ne peut donc pas baisser du fait des marchés.
Les deux nuances à connaître.
- Garantie brute ou nette de frais. Selon les contrats, les frais de gestion annuels peuvent ou non être prélevés sur la somme garantie. Avec une garantie brute de frais (le capital est alors garanti « hors frais de gestion » [1]), l'assureur garantit les sommes versées, diminuées des frais de gestion prélevés chaque année : une année où le rendement du fonds serait inférieur aux frais, l'épargne pourrait baisser. Avec une garantie nette de frais, la somme versée reste acquise, frais déduits. Le vocabulaire varie d'un contrat à l'autre : c'est la notice, et son tableau des valeurs de rachat minimales, qui font foi.
Exemple fictif : 10 000 € versés, garantie brute de frais, frais de gestion de 0,70 % par an, rendement brut du fonds de 0,50 % une année donnée. L'épargne termine l'année à environ 9 980 € (10 000 × (1 + 0,50 % – 0,70 %)). Avec une garantie nette de frais, elle ne pourrait pas descendre sous 10 000 €.
- Le taux annoncé est net de frais de gestion et avant prélèvements sociaux [3]. Les frais de gestion des fonds en euros des contrats individuels s'élèvent en moyenne à 0,63 % par an [3].
Le taux garanti à l'avance est faible. Le taux minimum que l'assureur s'engage à servir (le « taux technique ») est en moyenne de 0,32 % pour les contrats individuels [3]. Tout le reste dépend de la participation aux bénéfices, fixée chaque année.
Ces taux ont doublé en cinq ans, au rythme de la remontée des taux d'intérêt. Ils pourraient de même baisser si les taux d'intérêt redescendaient. Et la moyenne cache des écarts : en 2025, la moitié des encours a été revalorisée entre 2,3 % et 2,9 % [3], et chez un même assureur, l'écart entre le contrat le mieux et le moins bien rémunéré atteint en moyenne près d'un point (0,99 point) [3]. Le nom de l'assureur ne suffit pas : c'est le contrat qui compte.
3.3 Les taux bonifiés : un bonus sous conditions
De nombreux assureurs proposent un bonus de rendement sur le fonds en euros, souvent de l'ordre d'un point, parfois plus de deux points [3]. Ce bonus est en général conditionné [3] :
- à une part minimale d'UC dans le contrat (par exemple 30 %, 40 % ou 50 %), vérifiée à une ou plusieurs dates ;
- et/ou aux nouveaux versements effectués pendant une période promotionnelle, pour une durée limitée (souvent un ou deux ans).
Ces bonus sont inclus dans le taux moyen de 2,63 % : un épargnant qui n'en bénéficie pas perçoit donc moins que la moyenne [3].
Pourquoi ces offres ? Pour l'assureur, le fonds en euros est coûteux en capital : il l'est beaucoup moins sur les UC. Le bonus est une incitation à prendre du risque. Ce n'est pas un problème en soi, à condition de raisonner sur l'ensemble du contrat : quelques centaines d'euros de bonus peuvent être effacés par une baisse des UC (exemple 2).
La réglementation encadre les taux garantis à l'avance : ils doivent être exprimés sur une base annuelle, fixés pour une durée limitée et plafonnés, notamment par rapport au taux moyen servi aux assurés lors des deux derniers exercices [5].
3.4 Les unités de compte : ce qu'il y a derrière
Le principe. Chaque versement achète des parts d'un fonds, au prix du jour (la « valeur liquidative »). Votre épargne = nombre de parts × valeur de la part. Si la valeur baisse, votre épargne baisse ; l'assureur ne compense rien [2].
Les grandes familles (répartition des UC détenues en assurance vie, fin 2025 [3])
| Famille | Exemples | Part des UC | Niveau de risque |
|---|---|---|---|
| Fonds actions | Fonds actions françaises, européennes, mondiales ; ETF | 32 % | Élevé |
| Fonds à allocation d'actifs (« diversifiés ») | Fonds mêlant actions, obligations, monétaire | 17 % | Variable selon le dosage |
| Fonds obligataires | Obligations d'États, d'entreprises | 12 % | Faible à moyen |
| Produits structurés | Formules liées à un indice boursier | 10 % | Variable, avec risque émetteur (3.6) |
| Fonds monétaires | Placements de très court terme | 5 % | Très faible, rendement proche des taux courts |
| Fonds immobiliers | SCPI, SCI, OPCI | 4 % | Moyen, liquidité réduite (3.5) |
Le solde n'est pas détaillé par l'ACPR [3]. Certains contrats proposent aussi désormais du non coté (capital-investissement, dette privée).
La performance. Depuis 2020, les UC ont rapporté en moyenne de l'ordre de 2 % par an, nets de frais, avec de fortes variations d'une année à l'autre, dont une nette baisse en 2022 [3]. Cette moyenne recouvre des supports très différents et ne préjuge pas des performances futures.
Les frais des UC. Ils s'ajoutent aux frais du contrat : de 0,1 % par an pour un ETF à plus de 2 % pour certains fonds gérés activement (voir fiche « Les frais : ce qu'ils coûtent vraiment »). Les assureurs se sont engagés, sous le contrôle de l'ACPR, à ne pas proposer d'UC à la fois coûteuses et peu performantes et à revoir chaque année leur gamme sous cet angle [6]. Il s'agit d'un engagement de la profession suivi par l'ACPR, non d'une interdiction légale.
Les UC responsables. Tout contrat multisupport ouvert depuis le 1er janvier 2022 doit proposer au moins une UC labellisée ISR, une UC labellisée Greenfin et une UC solidaire [1].
3.5 Les UC immobilières
Investir dans l'immobilier via l'assurance vie, c'est acheter des parts d'un véhicule qui détient des immeubles (bureaux, commerces, logements, santé…). Trois formes coexistent :
| SCPI | SCI | OPCI | |
|---|---|---|---|
| Ce que c'est | Société civile de placement immobilier, gérée par une société de gestion agréée par l'AMF | Société civile immobilière réservée aux assureurs | Organisme de placement collectif immobilier |
| Contenu | Immobilier physique (presque 100 %) | Immobilier physique, souvent complété de parts de sociétés immobilières et de liquidités | Immobilier physique, actions de foncières cotées, liquidités |
| Évolution de la valeur | Prix de part révisé quelques fois par an | Valeur liquidative fréquente | Valeur liquidative fréquente, plus sensible à la Bourse |
Ce qu'il faut savoir.
- La valeur peut baisser. La remontée des taux d'intérêt a fait reculer les prix de l'immobilier à partir de 2022-2023, et plusieurs supports immobiliers ont vu leur valeur diminuer.
- La liquidité est limitée. Un immeuble ne se vend pas en un jour. Les contrats prévoient souvent des délais de sortie, des plafonds par support, ou une liquidité assurée par l'assureur seulement dans certaines limites.
- Des frais plus élevés : les SCPI notamment intègrent des frais d'entrée et de gestion significatifs, qui pèsent sur une détention courte.
- Un cadre qui se resserre. Depuis le 6 mai 2026, un contrat d'assurance vie ou un PER ne peut plus proposer de nouvelle unité de compte investie dans un « autre FIA », c'est-à-dire un fonds d'investissement alternatif qui n'entre dans aucune catégorie réglementée ouverte aux particuliers (beaucoup de sociétés civiles immobilières en font partie) [7]. Les supports de ce type déjà proposés peuvent rester. Ils doivent toutefois adopter, avant le 1er janvier 2029, les règles d'investissement d'un fonds ouvert aux particuliers (ELTIF, FCPR, OPCI, SCPI ou fonds de fonds alternatifs) [7]. À défaut, à partir de cette date, vous ne pourrez plus y verser d'argent ni y transférer d'épargne venant d'un autre support ; les sommes déjà placées restent dans le contrat, et les conditions de sortie sont celles de votre contrat [7].
- Les sociétés immobilières, à partir de 2029. À partir du 1er janvier 2029, une société immobilière non cotée ne pourra servir d'unité de compte que si ses statuts reprennent les règles d'un OPCI ou d'un ELTIF ouverts aux particuliers. Les SCPI ne sont pas concernées, pas plus que les sociétés dont les biens à acquérir sont fixés une fois pour toutes dans les statuts [7].
Pour qui ? L'immobilier en UC se raisonne sur 8 à 10 ans au moins, pour une part limitée du contrat, et avec une attention particulière aux conditions de sortie prévues par l'assureur. Voir fiche « Les SCPI (pierre-papier) ».
3.6 Les UC structurées
Un produit structuré est une formule fixée à l'avance par une banque : un gain prévu si un indice boursier se comporte bien, une protection du capital qui ne joue que sous conditions, et un risque de perte si l'indice chute au-delà d'une barrière ou si la banque émettrice fait défaut. Près de 80 % des produits structurés sont distribués en assurance vie, sous forme d'UC [8], et seuls 14 % des produits en cours fin 2024 offraient une protection du capital totale et sans condition [8].
Logé dans une assurance vie, un produit structuré reste une UC : l'assureur ne garantit que le nombre de parts. Tout le fonctionnement, les risques et les frais sont détaillés dans la fiche « Les produits structurés ».
3.7 La gestion pilotée : déléguer ses choix
En gestion libre, vous choisissez vous-même la répartition entre fonds en euros et UC. En gestion pilotée, vous choisissez un profil (prudent, équilibré, dynamique…) et un gérant (l'assureur ou une société de gestion) décide des supports et procède aux arbitrages pour vous.
| Gestion libre | Gestion pilotée | |
|---|---|---|
| Qui choisit les supports | Vous, avec votre conseiller | Le gérant, dans le cadre du profil choisi |
| Suivi | À vous de rééquilibrer | Arbitrages réalisés par le gérant |
| Frais | Frais du contrat + frais des UC | Les mêmes, + 0,1 % à 0,5 % par an environ pour la délégation |
| Pour qui | Épargnant impliqué, qui suit ses placements | Épargnant qui préfère déléguer, ou manque de temps |
Un cadre renforcé depuis le 24 octobre 2024. La délégation prend la forme d'un mandat d'arbitrage écrit, désormais encadré par le Code des assurances [9]. Avant la signature, le profil doit être adapté à vos besoins et justifié ; ensuite, son adéquation doit être vérifiée au moins tous les 4 ans, et le mandataire doit vous informer des arbitrages réalisés, sur un support durable, au moins une fois par an ainsi qu'en cas de résiliation [9]. L'exécution du mandat ne peut donner lieu à aucune commission ni rémunération versée à l'occasion des opérations d'investissement ou de désinvestissement entre les supports du contrat [9].
La gestion pilotée par profils. Pour les contrats ouverts depuis le 24 octobre 2024, les contrats qui proposent des unités de compte doivent en principe aussi offrir une gestion pilotée par profils [12]. Pour qu'un profil soit présenté comme « équilibré », au moins 4 % de vos versements doivent aller vers des fonds investis dans des entreprises non cotées ; 8 % pour un profil « dynamique » ; aucune part n'est exigée pour un profil « prudent » [12]. Une part minimale d'actifs à faible risque est aussi prévue pour chaque profil. Ces fonds de non coté présentent un risque de perte en capital et peuvent être difficiles à revendre.
Ce qu'il faut vérifier.
- Le contenu réel du profil : part de fonds en euros, d'actions, d'immobilier, de non coté. Deux profils « équilibrés » peuvent être très différents.
- Les frais totaux : frais de mandat + frais du contrat + frais des fonds.
- Les performances passées du profil, sur plusieurs années, comparées à des profils équivalents, en gardant à l'esprit qu'elles ne préjugent pas des performances futures.
- La possibilité de changer de profil, et à quelles conditions.
La gestion pilotée ne supprime pas le risque : un profil dynamique peut perdre fortement en cas de baisse des marchés. Elle supprime seulement le besoin de prendre soi-même les décisions.
3.8 Choisir sa répartition
Il n'existe pas de répartition idéale, seulement une répartition adaptée à vous. Trois repères :
- L'horizon. L'argent dont vous pourriez avoir besoin dans les deux ou trois ans a sa place sur le fonds en euros (ou sur un livret). Les UC risquées se réservent à l'argent que vous pouvez laisser placé au moins 5 ans [1], davantage pour l'immobilier et les actions.
- La tolérance aux pertes. La question n'est pas « combien je veux gagner ? » mais « quelle baisse pourrais-je traverser sans vendre ? ». C'est l'objet du questionnaire de profil investisseur (fiche « Pourquoi un conseiller vous pose autant de questions (profil investisseur) »).
- L'évolution dans le temps. Une répartition se revoit : quand un projet approche, il est souvent utile de sécuriser progressivement. Les options automatiques (investissement progressif, sécurisation des plus-values, rééquilibrage) sont présentées dans la fiche « L'assurance vie : les bases ».
3.9 Les cartes d'identité, côte à côte
Deux exemples
Exemple 1 — L'escalier et le sentier, sur quatre ans
Antoine, 45 ans, compare deux façons de placer 100 000 € : tout sur le fonds en euros (hypothèse : 2,5 % par an, nets de frais), ou tout en UC actions, avec une trajectoire hypothétique parmi d'autres.
| Fin d'année | Fonds en euros | UC (performance de l'année) |
|---|---|---|
| Année 1 | 102 500 € | 112 000 € (+ 12 %) |
| Année 2 | 105 063 € | 95 200 € (– 15 %) |
| Année 3 | 107 689 € | 102 816 € (+ 8 %) |
| Année 4 | 110 381 € | 113 098 € (+ 10 %) |
Trois enseignements :
- L'effet cliquet : sur le fonds en euros, chaque marche est acquise, et, avec un taux net de frais positif, la courbe ne recule jamais.
- Le risque de calendrier : en UC, Antoine se retrouve sous sa mise de départ à la fin de l'année 2 : c'est une perte latente. S'il avait eu besoin de son argent à ce moment-là, elle serait devenue une perte réalisée.
- Le temps : sur ce scénario, les UC finissent devant au bout de quatre ans. Avec une autre trajectoire, elles auraient pu finir derrière, voire ne jamais revenir à leur niveau de départ sur la période. Rien ne permet de le savoir à l'avance.
Chiffres hypothétiques, non garantis, avant fiscalité.
Exemple 2 — Ce que vaut vraiment un taux bonifié
Julie, 52 ans, détient 50 000 € sur un contrat fictif dont le fonds en euros rapporte 2,2 %, porté à 3,2 % si le contrat compte au moins 40 % d'UC au 31 décembre (part vérifiée, dans ce contrat fictif, avant l'attribution des intérêts de l'année). Elle compare deux options pour l'année :
- tout laisser sur le fonds en euros, sans bonus ;
- placer 30 000 € sur le fonds en euros et 20 000 € en UC (40 %), pour obtenir le bonus.
| Scénario | Gain du fonds en euros | Gain ou perte des UC | Résultat de l'année |
|---|---|---|---|
| 100 % fonds en euros | 1 100 € (2,2 %) | — | + 1 100 € |
| 60/40, UC à + 5 % | 960 € (3,2 %) | + 1 000 € | + 1 960 € |
| 60/40, UC stables | 960 € (3,2 %) | 0 € | + 960 € |
| 60/40, UC à – 10 % | 660 € (2,2 %, bonus perdu) | – 2 000 € | – 1 340 € |
Deux enseignements :
- Le bonus est la contrepartie d'un risque : 300 € de bonus (960 € au lieu de 660 €) d'un côté, une exposition de 20 000 € aux marchés de l'autre.
- Le bonus peut disparaître au pire moment : si les UC baissent de 10 %, elles ne valent plus que 18 000 €, soit 37,5 % du contrat, sous le seuil de 40 %. Julie perd à la fois sur ses UC et sur son bonus.
Contrat fictif, chiffres hypothétiques, frais des UC et fiscalité non détaillés. Les conditions réelles (date de vérification, assiette, durée du bonus) varient d'un contrat à l'autre.
À retenir
- Fonds en euros et UC ne promettent pas la même chose : la valeur pour l'un, le nombre de parts pour l'autre. Le taux d'une année, sur l'un comme sur l'autre, ne dit rien des années suivantes.
- Un taux bonifié est un échange : un peu plus de rendement garanti contre une part de risque. Il se juge sur l'ensemble du contrat, conditions comprises.
- Immobilier et produits structurés sont des UC comme les autres, avec leurs propres risques, frais et conditions de sortie. La gestion pilotée, elle, n'est pas un support mais un mode de gestion : un gérant choisit les supports pour vous, sans supprimer leurs risques et avec des frais en plus.
Les pièges à éviter
- Comparer des contrats sur le taux d'une seule année, ou sur un taux bonifié sans lire ses conditions.
- Croire qu'un fonds en euros « à 3,5 % » le restera : le taux est refixé chaque année.
- Investir en UC pour décrocher un bonus sans avoir l'horizon ou la tolérance aux pertes correspondants.
- Surestimer la disponibilité de l'immobilier en UC : la sortie peut prendre du temps ou être plafonnée.
- Prendre un produit structuré pour un placement garanti parce qu'il est logé dans une assurance vie.
- Choisir un profil de gestion pilotée sur son nom (« équilibré », « dynamique ») sans regarder ce qu'il contient ni ce qu'il coûte.
- Additionner les frais sans les voir : frais du contrat, frais des UC et frais de mandat se cumulent chaque année.
- Ne jamais revoir sa répartition alors que l'horizon et les projets évoluent.
Ce que vous pouvez faire maintenant : lire dans la notice si la garantie du fonds en euros est brute ou nette des frais de gestion, et les conditions d'un éventuel taux bonifié.
Pour aller plus loin
- Fiches liées : L'assurance vie : les bases · Les produits structurés · Profil investisseur · Les frais · Les SCPI · Les bases de l'investissement · Actions, obligations, fonds, ETF · Fiscalité de l'assurance vie · Reconnaître un bon placement
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Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les unités de compte, y compris immobilières et structurées, présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 20/10/2026.
Sources
- [1] AMF, « Investir dans une assurance-vie », 06/04/2022 — amf-france.org/sites/institutionnel/files/pdf/59245/fr/Investir_dans_une_assurance-vie.pdf
- [2] Code des assurances, art. L131-1 (contrats exprimés en unités de compte) — legifrance.gouv.fr
- [3] ACPR, « Revalorisation 2025 des contrats d'assurance-vie et de capitalisation », Analyses et synthèses n° 180, juin 2026 — acpr.banque-france.fr/system/files/2026-06/20260630_AS180_revalorisation_2025.pdf
- [4] Code des assurances, art. L132-29 (participation aux bénéfices), A132-10 et A132-11 (montant minimal, déterminé globalement ; compte de participation aux résultats), A132-16 (provision pour participation aux bénéfices) — legifrance.gouv.fr ; Assemblée nationale, réponse ministérielle à la question écrite n° 6945 (14e législature) — questions.assemblee-nationale.fr/dyn/14/questions/QANR5L14QE6945.pdf
- [5] Code des assurances, art. A132-2 et A132-3 (taux garantis à l'avance : base annuelle, durée, plafonds), A132-3 dans sa version en vigueur depuis le 07/09/2017 — legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000035514611
- [6] ACPR, communiqué de presse sur les frais des unités de compte, 14/06/2023 — acpr.banque-france.fr/system/files/import/acpr/medias/documents/20230614_cp_acpr_frais_assurance_vie_uc.pdf
- [7] Décret n° 2026-341 du 30 avril 2026 (JORF du 05/05/2026) — legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054027062
- [8] Pôle commun ACPR-AMF, « Étude sur la distribution, les frais et les performances des produits structurés », juin 2026 — acpr.banque-france.fr/system/files/2026-06/20260622_Etude_ACPR-AMF_Produits_structures.pdf
- [9] Code des assurances, art. L132-27-3 à L132-27-5 (mandat d'arbitrage) — legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000048244648 (section) et legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000048244710 (L132-27-3) ; arrêté du 12 juin 2024 (art. A132-20 : vérification de l'adéquation du profil tous les 4 ans) — legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049723807
- [10] Code des assurances, art. L132-21 (délai de versement de la valeur de rachat) — legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000030461815
- [11] Code monétaire et financier, art. L631-2-1 (pouvoirs du Haut Conseil de stabilité financière) — legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034386882
- [12] Code des assurances, art. L132-5-4 et A132-5-4 (gestion pilotée : profils et parts minimales) ; arrêté du 1er juillet 2024, JORF du 06/07/2024 — legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049888609