Aller au contenu

La dépendance et la perte d’autonomie

Comment financer un EHPAD ou une aide à domicile ?

Protection Retraite Situation : Retraite Chiffres à jour au

Version Découverte · l'essentiel

La question

« Comment financer un EHPAD ou une aide à domicile ? »

En une phrase

En 2024, une chambre individuelle en EHPAD coûtait en moyenne de 2 164 à 3 128 € par mois. Des aides publiques existent, mais elles n'en couvrent qu'une partie ; le reste dépend des ressources de la personne, de son patrimoine et parfois de sa famille [1] [2] [3].

Comment ça marche

Les aides principales (règles 2026)

AidePour quiCe qu'elle apporteAttention
APA (allocation personnalisée d'autonomie)60 ans et plus, GIR 1 à 4À domicile : aides humaines, plafond mensuel de 811,52 € (GIR 4) à 2 080,33 € (GIR 1). En EHPAD : une partie du tarif dépendance, pas l'hébergement [2]Participation selon les ressources ; non récupérable [2]
Aide sociale à l'hébergement (ASH)65 ans et plus, ressources insuffisantes, établissement habilitéLe département paie l'écart entre le tarif et les ressources [3]Avance récupérable sur la succession ; les enfants peuvent être sollicités [3] [4]
Réduction d'impôtRésident en EHPAD25 % des dépenses, plafond 10 000 € (2 500 € au maximum) [5]Des frais de dépendance doivent être payés [5]
Assurance dépendanceContrat souscrit avantRente de 250 à 1 000 € par mois en général [6]Carence, franchise [6]

Statut des informations : aides = règles officielles 2026 ; prix des EHPAD = moyennes nationales 2024 ; rente = observation du régulateur.

Un exemple

Simone, 86 ans, perçoit 1 900 € de pension par mois. Elle entre dans un EHPAD non habilité à l'aide sociale, au tarif moyen de 3 128 € par mois.

PosteMontant
Coût mensuel moyen3 128 €
Ressources mensuelles− 1 900 €
Écart mensuel, avant aides1 228 €
Écart annuelenviron 14 700 €

L'APA, l'allocation logement et la réduction d'impôt réduisent cet écart ; le reste vient de l'épargne, du logement ou de la famille.

Exemple fictif et simplifié : 3 128 € est une moyenne nationale ; une place habilitée à l'aide sociale coûtait 2 164 € en 2024 [1].

À retenir

  1. L'APA ne paie pas l'EHPAD : elle couvre une partie de la dépendance [2].
  2. L'aide sociale à l'hébergement est une avance : le département peut se rembourser sur la succession, sans toucher aux biens personnels des héritiers [3] [4].
  3. Chiffrer l'écart mensuel avant de choisir permet de décider sans urgence.

Les pièges à éviter

  • Croire l'APA suffisante pour payer un établissement.
  • Oublier la récupération de l'aide sociale.
  • Attendre la crise : l'évaluation et le dossier prennent du temps.

Ce que vous pouvez faire maintenant : contactez le service autonomie du département ou le CCAS pour une évaluation et un dossier d'aide, comparez les prix sur le portail officiel, puis chiffrez l'écart entre le coût et les ressources du mois [8].

Pour aller plus loin

Et pour vous, concrètement ?

Organiser le financement de la perte d'autonomie d'un proche ou préparer le vôtre, sans vous précipiter : chaque situation est différente. Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.

Prendre contact

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Informations à jour au 17/10/2026.

Sources

Version Approfondie · pour aller plus loin

La question

« Comment financer un EHPAD ou une aide à domicile ? » Et plus précisément : ce que coûte la perte d'autonomie, qui paie quoi, ce que l'aide sociale récupère ensuite, ce que les enfants peuvent se voir demander, comment la fiscalité aide, et quelle place pour l'assurance dépendance.

En une phrase

La perte d'autonomie se finance par couches : les aides publiques liées au niveau de dépendance (APA) et aux ressources (aide sociale), la fiscalité, les revenus et le patrimoine de la personne, puis, à titre subsidiaire, la solidarité familiale ; chaque couche a ses conditions et ses limites, notamment la récupération de l'aide sociale sur la succession [2] [3] [4].

Comment ça marche

3.1 Ce que coûte la perte d'autonomie

  • En EHPAD, moyenne nationale 2024 (CNSA) : une chambre individuelle en hébergement permanent, qui inclut le prix du logement et de la dépendance, coûtait 2 164 € par mois dans les places habilitées à l'aide sociale et 3 128 € dans les autres, soit environ 1 000 € d'écart. Le prix journalier de l'hébergement seul était de 66,00 € et de 98,25 € ; les prix ont augmenté de 4,0 % en un an, en euros courants [1].
  • Un ordre de grandeur plus ancien : selon une étude de la DREES de 2022 reprise par le Comité consultatif du secteur financier, le reste à charge moyen en établissement était d'environ 1 957 € par mois avant aide sociale, soit près de 120 % de la pension brute moyenne. Ce chiffre repose sur des données antérieures à la hausse des prix de 2020-2024 : il ne doit pas être mis à côté des prix 2024 sans cette précision [16].
  • À domicile, le coût dépend du nombre d'heures d'aide, du tarif du service et des soins infirmiers éventuels ; il n'existe pas de moyenne officielle récente comparable. Le tarif plancher national de l'aide à domicile est de 25 € de l'heure en 2026 : c'est la valorisation des heures d'aide dans les plans d'aide APA ou PCH, pas le prix facturé aux particuliers [24].
  • Les bénéficiaires : fin 2023, 1,4 million de personnes de 60 ans ou plus percevaient l'APA, dont 60 % à domicile et 40 % en établissement ; la dépense brute était de 7,1 milliards d'euros [10].

3.2 Mesurer la perte d'autonomie : les GIR

L'évaluation repose sur la grille AGGIR, qui classe le degré de perte d'autonomie en six groupes : GIR 1 (le plus dépendant) à GIR 6 (autonome). Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l'APA [2] [6]. L'évaluation est faite par l'équipe médico-sociale du département, lors d'une visite à domicile [2]. Avant 60 ans, c'est en principe la prestation de compensation du handicap (PCH) qui s'applique [20].

3.3 L'APA : l'aide à l'autonomie

À domicile [2] [9]

  • Conditions : 60 ans au moins, résidence stable et régulière en France, classement en GIR 1 à 4.
  • Plafonds mensuels du plan d'aide au 01/01/2026 :
GIRPlafond mensuel
GIR 12 080,33 €
GIR 21 682,30 €
GIR 31 215,99 €
GIR 4811,52 €

Le plafond est le maximum du plan d'aide, pas un montant versé forfaitairement : l'APA dépend du plan d'aide accepté, du GIR et des ressources. Une APA inférieure à 36,93 € par mois n'est pas versée [2].

  • Participation du bénéficiaire : jusqu'à 933,89 € de ressources mensuelles, aucune participation ; entre 933,89 € et 3 439,31 €, la participation augmente progressivement de 0 % à 90 % du plan d'aide ; au-delà, elle est de 90 %. Pour un couple, les ressources sont additionnées puis divisées par 1,7 [2] [9].
  • Démarche : demande auprès du département (en ligne ou formulaire), accusé de réception, visite d'évaluation, plan d'aide proposé, puis décision dans un délai de 2 mois à compter du dossier complet [2].
  • Pas de récupération : l'APA n'est pas à rembourser après le décès et ne peut pas être récupérée sur la succession [2].
  • Majoration pour le répit de l'aidant : jusqu'à 583,52 € par an en 2026 [9].

En établissement [2] [9]

  • L'APA couvre une partie du tarif dépendance, pas l'hébergement. Pour des ressources jusqu'à 2 846,77 € par mois, le résident paie le tarif dépendance des GIR 5 et 6 (ticket modérateur) ; au-delà de 4 379,64 €, sa participation est de 80 % du tarif dépendance ; entre les deux, elle est progressive [2] [9].

3.4 L'aide sociale à l'hébergement (ASH) et sa récupération

  • Conditions : 65 ans ou plus (60 si reconnu inapte au travail), résidence stable en France depuis plus de trois mois, ressources inférieures au coût de l'hébergement ; l'établissement doit être habilité à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale. La demande se dépose au CCAS ou à la mairie, qui la transmet au département [3] [11].
  • Principe de subsidiarité : l'ASH vient après les ressources de la personne et la solidarité familiale. Le département paie l'écart entre le tarif et les ressources du résident, après avoir pris en compte les contributions du conjoint et des obligés alimentaires [3] [11].
  • Ce qui reste au résident : il reverse 90 % de ses ressources (allocation logement comprise) ; les 10 % restants lui sont laissés, avec un minimum de 125 € par mois en 2026. Si le conjoint reste à domicile, le département lui laisse au moins l'équivalent de l'allocation de solidarité aux personnes âgées, soit 1 043,59 € par mois [3].
  • Une avance, pas un don : l'ASH constitue une avance financière, récupérable du vivant de la personne ou à son décès [11]. L'article L132-8 du Code de l'action sociale et des familles permet un recours :
    • contre le bénéficiaire revenu à meilleure fortune, ou contre sa succession ;
    • contre le donataire, lorsque la donation est postérieure à la demande d'aide ou a été faite dans les dix ans qui ont précédé la demande ;
    • contre le légataire ;
    • à titre subsidiaire, contre le bénéficiaire d'un contrat d'assurance vie souscrit par le bénéficiaire de l'aide, à hauteur de la fraction des primes versées après l'âge de 70 ans [4].
  • Pas de seuil de 46 000 € pour l'ASH en établissement : ce seuil d'actif net concerne l'aide sociale à domicile. Pour l'ASH, la récupération est possible dès le premier euro d'actif net [4].
  • Ce que paient les héritiers : le département se rembourse sur l'héritage, pas sur les biens personnels des héritiers ; leur héritage est seulement moins important [21].
  • Une garantie sur les biens immobiliers : les immeubles du bénéficiaire peuvent être grevés d'une hypothèque légale au profit du département, pour garantir ces recours [22].
  • Personnes handicapées : un régime différent : pour une personne handicapée accueillie dans un établissement pour personnes handicapées, il n'y a pas de recours lorsque les héritiers sont le conjoint, les enfants, les parents ou la personne qui s'en est occupée de façon effective et constante [23]. Ce régime ne s'applique pas à l'aide sociale à l'hébergement des personnes âgées.
  • À ne pas confondre : l'APA n'est pas récupérable ; l'ASH l'est [2] [11].

3.5 L'obligation alimentaire

  • Qui est tenu : les enfants et petits-enfants doivent aider leurs parents et ascendants dans le besoin ; les gendres et belles-filles doivent aider leurs beaux-parents, avec des limites (l'obligation cesse, par exemple, au décès du conjoint qui créait le lien, s'il n'y a pas d'enfant issu de l'union) [12].
  • Montant : le juge aux affaires familiales apprécie les besoins du créancier et les ressources et charges du débiteur ; il n'existe pas de barème fixe. L'obligation peut s'exécuter en nature (hébergement, soins) [12].
  • Pour l'ASH : le département sollicite d'abord les obligés alimentaires ; un petit-enfant est dispensé lorsque la demande concerne l'un de ses grands-parents [12] [11].
  • Décharge : le juge peut décharger un débiteur dont les ressources sont insuffisantes ou les charges trop lourdes, ou dont le parent a gravement manqué à ses obligations (abandon, violences) ; la décharge est automatique si l'autorité parentale a été retirée [12].

3.6 La fiscalité et les autres aides à la dépense

  • Réduction d'impôt pour hébergement et dépendance en établissement : 25 % des dépenses supportées dans l'année, dans la limite de 10 000 € par personne hébergée, soit 2 500 € au maximum. Elle suppose un domicile fiscal en France et un EHPAD ou un établissement de soins de longue durée situé en France ou dans l'Espace économique européen. Les frais d'hébergement seuls ne suffisent pas : des frais de dépendance doivent être payés. Les aides perçues (APA, ASH, allocation logement) sont déduites des dépenses [5].
  • Crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile : 50 % des dépenses effectivement supportées, dans la limite de 12 000 € par an (plafond majoré dans certains cas, notamment 20 000 € lorsqu'un membre du foyer est invalide) [14].
  • Allocation logement en établissement : allocation personnalisée au logement ou allocation de logement sociale selon l'établissement, sous conditions de ressources [15].
  • Pension alimentaire à un ascendant : déductible du revenu si l'ascendant est dans le besoin, avec un forfait de 4 075 € pour un ascendant hébergé chez soi ; elle ne se cumule pas avec le crédit d'impôt pour emploi à domicile de ce même ascendant [13].

3.7 L'assurance dépendance

Le contrat verse une rente mensuelle (parfois un capital) si l'assuré devient dépendant. Selon l'ACPR, la rente est en général de 250 à 1 000 € par mois, avec parfois un capital complémentaire de 1 000 à 5 000 €. Des cotisations de 14 à 60 € par mois ont été observées en 2020 [6].

  • Déclenchement : trois outils coexistent (la grille AGGIR, un test d'évaluation psychique, le nombre d'actes de la vie quotidienne que l'assuré ne peut plus accomplir) et les critères varient d'un contrat à l'autre [6].
  • Carence : une période pendant laquelle aucune prestation n'est due, jusqu'à 3 ans lorsque la dépendance résulte d'une maladie neurodégénérative ; franchise de 90 jours, la rente n'étant versée que 3 mois après la reconnaissance de la dépendance par l'assureur [6].
  • Cotisations : généralement révisables, et non récupérables si la dépendance ne survient pas [17].
  • Âge de souscription : 56 ans en moyenne selon l'ACPR (contrats contrôlés en 2023) et 62 ans pour les contrats spécifiques selon le CCSF (2024) ; les deux chiffres ne portent pas sur le même ensemble de contrats [6] [16].
  • Fin 2021, 2,64 millions de personnes bénéficiaient d'une couverture, dont 1,48 million par des contrats spécifiques (chiffre daté) [16].
  • Un ordre de grandeur à garder en tête : une rente de 250 à 1 000 € par mois ne couvre pas à elle seule un reste à charge de l'ordre de 2 000 € en établissement.
  • Fiscalité de la rente : elle dépend de la façon dont le contrat a été souscrit. Avec un contrat individuel, dont les cotisations ne sont pas déductibles, la rente n'est en principe pas imposable à l'impôt sur le revenu. Avec un contrat collectif d'entreprise ou un contrat « Madelin » de travailleur indépendant, dont les cotisations sont déductibles, la rente est imposable comme une pension [25] [26]. Pour les prélèvements sociaux, voir la notice du contrat.

3.8 Autres leviers

  • MaPrimeAdapt' (Anah) : aide aux travaux d'adaptation du logement pour les personnes en situation de handicap, les 60-69 ans en perte d'autonomie et les 70 ans et plus, sous conditions de ressources (ménages très modestes ou modestes) ; elle finance 50 % ou 70 % des travaux dans la limite de 22 000 € HT et se cumule avec l'APA [18].
  • Les proches aidants : l'allocation journalière du proche aidant est de 66,64 € par jour au 01/01/2026, et le congé de proche aidant peut durer jusqu'à 66 jours [19].
  • Les aides des caisses de retraite : des aides à domicile existent, sous conditions ; elles ne se cumulent pas avec l'APA pour le même type d'aide. Renseignez-vous auprès de votre caisse.
  • Le patrimoine : location ou vente du logement, viager (voir la fiche « Le viager »), assurance vie, démembrement de propriété (voir la fiche « Usufruit et nue-propriété (le démembrement) ») se discutent avant la perte d'autonomie. Attention : la donation récente et les primes d'assurance vie versées après 70 ans entrent dans le champ de la récupération de l'ASH.
  • La protection juridique : si la personne ne peut plus gérer ses affaires, voir la fiche « Protéger un proche vulnérable ».

3.9 À qui s'adresser

BesoinInterlocuteur
Demande d'APA, évaluation à domicileConseil départemental (service autonomie) [2]
Demande d'aide sociale à l'hébergementCCAS ou mairie, qui transmet au département [3]
Comparer les EHPAD, trouver un point d'information localPortail pour-les-personnes-agees.gouv.fr [8]
Réduction d'impôt, crédit d'impôt, pension alimentaireService des impôts, déclaration de revenus [5]
Maltraitance ou doute3133 (gratuit, 7 jours sur 7, 9 h-20 h) ; 17, 15, 18 ou 112 en urgence [7]
Aides de la caisse de retraiteCaisse de retraite (Assurance retraite, MSA, Agirc-Arrco)

Trois exemples

Exemple 1 — Rester à domicile avec l'APA : Odette, 84 ans

Odette, GIR 2, perçoit 900 € de ressources par mois. Le département valide un plan d'aide de 1 500 € par mois, inférieur au plafond de 1 682,30 € pour le GIR 2.

PosteMontant
Plan d'aide accepté1 500 € par mois
Ressources900 € (inférieures à 933,89 €)
Participation d'Odette0 €
APA1 500 € par mois, soit 18 000 € par an

Ce que montre l'exemple : pour des ressources modestes, l'APA finance l'aide à domicile dans la limite du plan d'aide, sans récupération sur la succession.

Exemple fictif et simplifié : le plan d'aide dépend de l'évaluation du département.

Exemple 2 — Un écart à financer : Simone, 86 ans

Simone entre en EHPAD non habilité à l'aide sociale, au tarif moyen de 3 128 € par mois. Sa pension est de 1 900 €.

PosteMontant
Écart mensuel avant aides3 128 € − 1 900 € = 1 228 €
Écart annuel14 736 €
Réduction d'impôt maximale2 500 € (25 % de 10 000 €), limitée à l'impôt dû
Autres aides à déduireAPA en établissement, allocation logement

Ce que montre l'exemple : avec une pension modeste, la réduction d'impôt sert peu, car elle ne peut dépasser l'impôt dû. L'écart se finance par le patrimoine (épargne, location ou vente du logement) ou par l'aide de la famille. Comparer plusieurs établissements, dont un habilité à l'aide sociale (2 164 € en moyenne en 2024), change l'équation [1].

Exemple fictif et simplifié : le tarif est une moyenne nationale ; l'APA et l'allocation logement ne sont pas chiffrées.

Exemple 3 — Quand l'aide sociale est récupérée : Henri, 88 ans

Henri a 1 300 € de ressources par mois et un EHPAD habilité à l'aide sociale à 2 164 € par mois. Il possède sa maison, estimée à 200 000 €.

PosteMontant
Part reversée par Henri (90 %)1 170 €
Part laissée à Henri (10 %, minimum 125 €)130 €
Avance du département2 164 € − 1 170 € = 994 € par mois
Sur 5 ans59 640 € (11 928 € par an)

Ce que montre l'exemple : l'aide sociale finance l'écart, mais elle est récupérable sur la succession. Au décès d'Henri, le département peut se faire rembourser sur l'actif net de la succession, ici la maison. Les enfants peuvent aussi être sollicités comme obligés alimentaires pendant sa vie ; les petits-enfants sont dispensés [12] [11].

Exemple fictif et simplifié : le département calcule précisément l'avance (allocation logement, APA, contributions de la famille) ; la maison n'est pas vendue avant le décès dans cet exemple.

À retenir

  1. Le coût : environ 2 164 à 3 128 € par mois en EHPAD (moyennes 2024), très variable selon l'établissement.
  2. L'APA : à partir de 60 ans, GIR 1 à 4, plafonds de 811,52 à 2 080,33 € par mois à domicile ; elle ne finance que la dépendance en établissement ; elle n'est pas récupérable.
  3. L'aide sociale à l'hébergement : avance récupérable sur la succession, les donations des dix dernières années et certaines assurances vie.
  4. L'obligation alimentaire : les enfants peuvent être sollicités ; les petits-enfants sont dispensés pour l'ASH.
  5. La fiscalité : réduction de 25 % (plafond de dépenses de 10 000 €) et crédit d'impôt de 50 % pour l'aide à domicile.
  6. L'assurance dépendance : rente de 250 à 1 000 € par mois en général, avec carence et franchise.

Les pièges à éviter

  • Confondre APA et aide sociale : l'une n'est pas récupérable, l'autre l'est.
  • Compter sur la réduction d'impôt sans impôt à payer.
  • Donner son patrimoine dans les 10 ans qui précèdent une demande d'aide sociale sans en mesurer l'effet sur la récupération.
  • Souscrire une assurance dépendance sans lire carence, franchise et critères de déclenchement.
  • Se retrouver sans cadre juridique si le proche ne peut plus décider : voir la fiche « Protéger un proche vulnérable ».
  • Taire un doute de maltraitance : le 3133 reçoit les appels, même en cas de doute.

Liste de contrôle pour une première démarche :

  • Quel est le GIR de la personne, et son évaluation est-elle demandée ?
  • Quelles sont ses ressources mensuelles (pensions, allocation logement, revenus du patrimoine) ?
  • Quel est le coût de l'établissement ou du service envisagé, et est-il habilité à l'aide sociale ?
  • Quel est l'écart mensuel, et comment le financer (épargne, logement, famille) ?
  • Quelles donations ou assurances vie ont été faites dans les dernières années ?
  • Qui peut être sollicité au titre de l'obligation alimentaire ?

Ce que vous pouvez faire maintenant : demander l'évaluation au service autonomie du département, rassembler les justificatifs de ressources, et comparer les établissements sur le portail officiel avant de signer quoi que ce soit.

Pour aller plus loin

Faisons le point sur votre situation

Le cabinet CADRENS vous aide à anticiper le financement de la perte d'autonomie, à examiner l'impact sur le patrimoine et la succession (donations, assurance vie, logement) et à coordonner les démarches avec la famille. Nous répondons aussi à vos questions.

Demander un entretien découverte ou thibaut@cadrens.com

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Informations à jour au 17/10/2026.

Sources