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La prévoyance : se protéger en cas de coup dur

Que se passe-t-il si je ne peux plus travailler ?

Protection Chiffres à jour au

Version Découverte · l'essentiel

La question

« Que se passe-t-il si je ne peux plus travailler ? »

En une phrase

La prévoyance protège votre revenu et votre famille contre trois risques, l'arrêt de travail, l'invalidité et le décès : la Sécurité sociale verse un revenu de remplacement, mais partiel, et l'écart avec votre revenu habituel peut être comblé par votre employeur ou par un contrat [1] [2] [3].

Comment ça marche

Le risque n'est pas rare : en 2023, 28 % des salariés ont eu au moins un arrêt maladie indemnisé [6].

Ce que verse la Sécurité sociale à un salarié (repères 2026)

RisqueCe que verse la Sécurité socialeLes limites
Arrêt de travail (maladie)Indemnités journalières : 50 % du salaire journalier de base [1]Plafonnées à 42,97 € bruts par jour ; versées après 3 jours de carence ; 12 mois au plus sur 3 ans [1]
Invalidité (capacité de travail réduite d'au moins 2/3, avant 62 ans)Pension de 30 % ou 50 % du salaire annuel moyen [2]Minimum et maximum fixés chaque année [2]
DécèsCapital forfaitaire de 4 009 € [3]Même somme quel que soit le salaire, à demander dans les 2 ans [3]

Ce qui peut s'ajouter.

  • Le maintien de salaire de l'employeur : avec 1 an d'ancienneté, il complète à 90 % puis 66,66 % du brut, dès le 8e jour, pendant 60 à 180 jours selon l'ancienneté [1].
  • Une prévoyance d'entreprise, selon votre convention collective ou un accord [5].
  • Un contrat individuel, choisi et payé par vous : le cas courant des indépendants.

Un exemple

Karim, salarié, 3 ans d'ancienneté, gagne 2 400 € bruts par mois. Une maladie l'arrête plusieurs mois. Ses indemnités journalières valent 50 % de son salaire de référence : environ 39 € par jour, soit environ 1 180 € par mois.

Période d'arrêtRevenu brut mensuel approximatif
Jours 1 à 3Aucune indemnité (carence)
Jours 4 à 7Indemnités de la Sécurité sociale seules, environ 1 180 €
Jours 8 à 3790 % du brut, soit 2 160 €
Jours 38 à 6766,66 % du brut, soit environ 1 600 €
À partir du jour 68Indemnités seules : environ 1 180 €, la moitié du brut

Exemple fictif et simplifié : salaire stable, aucune disposition conventionnelle plus favorable, aucun contrat de prévoyance, montants avant prélèvements sociaux et impôt.

À retenir

  1. La Sécurité sociale remplace environ la moitié du salaire, avec un plafond ; ces indemnités sont imposables [1] [4].
  2. Le maintien de salaire est limité dans le temps et soumis à conditions [1].
  3. Plus l'arrêt dure, plus l'écart se creuse : c'est là qu'un contrat de prévoyance compte.

Les pièges à éviter

  • Croire que l'employeur paie tout : le maintien de salaire suppose un an d'ancienneté et ne dure que quelques mois au plus.
  • Oublier ses charges fixes : crédit et loyer continuent.
  • Ignorer ce que l'on a déjà : une prévoyance d'entreprise existe peut-être, sans que vous en connaissiez les garanties.

Ce que vous pouvez faire maintenant : demandez à votre service RH la notice du contrat de prévoyance de l'entreprise (s'il existe), notez votre ancienneté, puis comparez vos charges fixes mensuelles au revenu que vous auriez à partir du 68e jour d'arrêt.

Pour aller plus loin

Et pour vous, concrètement ?

Mesurer l'écart entre votre revenu et ce que couvrent la Sécurité sociale, votre employeur et vos contrats : chaque situation est différente. Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.

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Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Informations à jour au 17/10/2026.

Sources

Version Approfondie · pour aller plus loin

La question

« Que se passe-t-il si je ne peux plus travailler ? » Et plus précisément : combien la Sécurité sociale verse-t-elle, pendant combien de temps, ce que l'employeur ou un contrat peut compléter, ce qui change pour un indépendant, et comment lire un contrat de prévoyance.

En une phrase

La protection d'un actif se construit en trois couches : le régime obligatoire (Sécurité sociale), les garanties de l'employeur ou de la convention collective, puis les contrats que l'on choisit ; chaque couche remplace une partie seulement du revenu, et l'écart se mesure par rapport aux charges fixes du foyer [1] [2] [3] [5].

Comment ça marche

3.1 Trois risques, trois couches de protection

  • Trois risques : l'incapacité temporaire de travail (l'arrêt), l'invalidité (une capacité de travail durablement réduite) et le décès. La prévoyance couvre aussi, selon les contrats, la perte d'autonomie, traitée dans la fiche « La dépendance et la perte d’autonomie » [5] [13].
  • Trois couches : la Sécurité sociale (obligatoire, proportionnelle au salaire dans la limite d'un plafond), l'employeur (maintien de salaire, prévoyance collective) et le contrat individuel (que l'on souscrit soi-même) [1] [5].
  • La prévoyance n'est pas la santé : la complémentaire santé rembourse des soins (fiche « La complémentaire santé (mutuelle) ») ; la prévoyance remplace un revenu ou verse un capital.
  • Ordre de grandeur : en 2023, 28 % des salariés du privé ont eu au moins un arrêt maladie indemnisé, pour 10,2 milliards d'euros d'indemnités journalières ; les arrêts de plus de 6 mois représentent 7 % des arrêts mais 45 % de la dépense, alors que près de la moitié des arrêts durent moins de 8 jours [6]. Le risque qui menace le budget d'un foyer est l'arrêt long.

3.2 L'arrêt de travail : indemnités journalières et maintien de salaire

Les indemnités journalières (IJ) de la Sécurité sociale [1] [7]

  • Taux : 50 % du salaire journalier de base, c'est-à-dire de la moyenne des salaires bruts des 3 derniers mois (somme des trois derniers salaires bruts divisée par 91,25 pour un salarié mensualisé) [1] [7].
  • Plafond : le salaire retenu est plafonné à 1,4 fois le Smic (2 613,82 € par mois en 2026) pour les arrêts commencés depuis le 01/04/2025 (le plafond était de 1,8 Smic auparavant). Les IJ ne peuvent donc pas dépasser 42,97 € bruts par jour en 2026 [1].
  • Carence : 3 jours, sans IJ. Des exceptions existent, notamment en cas d'affection de longue durée (ALD) ou de reprise du travail de 48 heures au plus entre deux arrêts [1].
  • Durée : 12 mois d'IJ au plus par période de 3 ans consécutifs ; 3 ans en cas d'ALD [1].
  • Conditions d'ouverture : pour un arrêt de moins de 6 mois, avoir travaillé 150 heures au cours des 3 mois civils précédents (ou cotisé sur une rémunération d'au moins 1 015 fois le Smic horaire sur les 6 mois civils précédents) ; au-delà de 6 mois, 12 mois d'affiliation et 600 heures sur les 12 mois civils précédents (ou 2 030 fois le Smic horaire) [1].

Le maintien de salaire par l'employeur [1]

L'employeur verse un complément, déduction faite des IJ de la Sécurité sociale et des prestations de prévoyance qu'il finance au moins en partie, aux conditions suivantes : 1 an d'ancienneté (calculée au premier jour d'absence), certificat médical transmis dans les 48 heures, prise en charge par la Sécurité sociale, soins en France ou dans l'Espace économique européen. Les salariés à domicile, saisonniers, intermittents et temporaires en sont exclus. Le complément est versé à partir du 8e jour d'arrêt (7 jours de carence, sauf convention plus favorable) :

AnciennetéJours à 90 % du brutJours à 66,66 %Durée totale
1 à 5 ans303060 jours
6 à 10 ans404080 jours
11 à 15 ans5050100 jours
16 à 20 ans6060120 jours
21 à 25 ans7070140 jours
26 à 30 ans8080160 jours
31 ans et plus9090180 jours

Les jours déjà indemnisés au cours des 12 mois précédents sont déduits, et votre convention collective peut prévoir plus (par exemple un maintien intégral) [1].

Et l'impôt ? Les IJ maladie et le complément de l'employeur sont imposables. Les IJ versées au titre d'une ALD sont exonérées ; celles d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle sont exonérées à 50 % [4].

3.3 L'invalidité

  • Conditions : capacité de travail ou de gain réduite d'au moins 2/3, pour une cause non professionnelle, avant 62 ans, avec 12 mois d'affiliation et 600 heures travaillées (ou cotisations équivalentes) sur les 12 mois précédents [2] [8].
  • Trois catégories, fixées par le médecin-conseil de la Sécurité sociale [2] [8] :
CatégorieSituationPension (part du salaire annuel moyen)Montant mensuel au 01/01/2026
1reApte à une activité rémunérée30 %de 338,31 € à 1 201,50 €
2eIncapable d'exercer une activité50 %de 338,31 € à 2 002,50 €
3eIncapable d'exercer une activité et besoin d'une tierce personne50 %, plus une majoration pour tierce personnede 1 636,76 € à 3 300,95 €
  • Base de calcul : le salaire annuel moyen des 10 meilleures années, plafonné au plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026) [8].
  • Exemple de calcul : pour un salaire annuel moyen de 30 000 €, la pension de 2e catégorie est de 15 000 € par an, soit 1 250 € par mois ; celle de 1re catégorie de 9 000 € par an, soit 750 € par mois.
  • À 62 ans, la pension d'invalidité est remplacée par la retraite pour inaptitude (voir la fiche « Comment fonctionne la retraite en France ») [2].
  • Impôt : la pension est soumise à l'impôt sur le revenu, à la CSG, à la CRDS et à la contribution Casa ; la majoration pour tierce personne n'est soumise à aucun prélèvement [2].
  • Les accidents du travail et maladies professionnelles relèvent d'une rente distincte, qui n'est pas détaillée ici.

3.4 Le décès : le capital de la Sécurité sociale

  • Montant : 4 009 €, forfaitaires, quel que soit le salaire du défunt [3].
  • Conditions : dans les 3 mois précédant le décès, le défunt était salarié, chômeur indemnisé, en arrêt de travail, titulaire d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle d'au moins 66,66 %, ou titulaire d'une pension d'invalidité [3].
  • Bénéficiaires : les personnes à la charge effective, totale et permanente du défunt sont prioritaires (conjoint ou partenaire de Pacs, puis enfants, puis ascendants) et disposent d'un mois pour faire valoir leur priorité ; passé ce délai, l'ordre est le même pour les autres bénéficiaires, qui peuvent demander dans les 2 ans [3].
  • Démarche : le capital n'est pas versé automatiquement ; il faut le demander à la caisse d'assurance maladie du défunt [3].
  • Fiscalité : il n'est soumis ni à l'impôt sur le revenu ni aux cotisations sociales, et il se cumule avec une pension de réversion [3].
  • Pour certains artisans et commerçants, le capital est plus élevé (9 612 € en 2026 pour un artisan ou commerçant cotisant ou titulaire d'une pension d'invalidité) [15].

Un repère CADRENS : 4 009 € ne couvrent ni un crédit, ni plusieurs années de revenus ; le capital de la Sécurité sociale est un complément, pas une solution. La fiche « L’assurance décès » explique comment évaluer et couvrir le besoin.

3.5 La prévoyance collective de l'entreprise

  • Une mise en place facultative, sauf obligation conventionnelle : l'employeur n'a pas d'obligation légale générale de mettre en place une prévoyance complémentaire (hors frais de santé). Elle peut résulter d'un accord collectif, d'un référendum ou d'une décision unilatérale de l'employeur ; la couverture doit s'adresser à l'ensemble des salariés ou à une catégorie objective de salariés [5]. Plusieurs conventions collectives de branche l'imposent : votre convention collective est donc le premier document à lire.
  • Les cadres : l'accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017 (en vigueur depuis le 1er janvier 2019, étendu par arrêté du 27 juillet 2018) oblige l'employeur à verser, à sa seule charge, une cotisation de 1,50 % de la tranche de rémunération inférieure au plafond de la Sécurité sociale pour la prévoyance des cadres ; elle est affectée par priorité à la couverture décès. À défaut de contrat au moment du décès, l'employeur doit verser aux ayants droit trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (art. 1er) [17]. Le niveau exact des garanties figure dans votre contrat de travail et la notice du contrat.
  • Ce que couvre un contrat collectif : selon l'accord, une ou plusieurs garanties parmi l'incapacité (indemnités journalières complémentaires), l'invalidité (rente), le décès (capital ou rente) et parfois les frais d'obsèques ou une rente pour les enfants. Seule la notice remise au salarié fait foi.
  • Dispense : un salarié ne peut refuser la prévoyance de son entreprise que dans des cas limités. Par exemple, si le régime a été mis en place par décision unilatérale de l'employeur avec une participation du salarié et qu'il était déjà en place avant son arrivée, il peut demander par écrit à ne pas y adhérer [16].
  • Portabilité : lorsque le contrat de travail prend fin sans faute lourde et ouvre droit à l'assurance chômage, l'ancien salarié conserve les garanties de prévoyance de l'entreprise pendant la durée de son dernier contrat, dans la limite de 12 mois, sans cotisation à sa charge [5] [9]. Après la portabilité, le maintien individuel (loi Evin) ne concerne que la santé, pas la prévoyance : la couverture de prévoyance s'arrête [9].
  • Impôt : les IJ complémentaires versées par un régime de prévoyance obligatoire d'entreprise sont imposables [4].

3.6 Les indépendants et les professions libérales

Un indépendant n'a pas d'employeur pour compléter ses revenus : la différence entre ce qui est versé et ses charges se compense par un contrat individuel ou par son épargne.

SituationArtisan ou commerçantProfession libérale
Conditions12 mois d'affiliation continus ; arrêt prescrit ; activité arrêtée [10]12 mois d'affiliation continus [11]
Carence3 jours [10]3 jours [11]
Calcul des IJ1/730e du revenu d'activité annuel moyen des 3 dernières années civiles [10]1/730e du revenu annuel moyen, retenu dans la limite de 3 fois le plafond de la Sécurité sociale [11]
Maximum par jour (2026)65,84 € bruts [10]197,51 € bruts [11]
DuréeVoir la page ameli [10]Jusqu'à 87 jours consécutifs après la carence, dans la limite de 360 indemnités journalières sur 3 ans, puis relais par le régime d'invalidité-décès de la caisse [11] [12] [19]
InvaliditéPension de la Sécurité sociale des indépendants : de 530,21 € à 1 201,50 € (pension à 30 %) ou de 747,00 € à 2 002,50 € (pension à 50 %), plus 1 298,44 € si l'aide d'une tierce personne est nécessaire [8]Selon la caisse (par exemple la Cipav) : se renseigner auprès de sa caisse, de même que pour le capital décès

À noter : les plafonds de chaque régime ne sont pas comparables entre eux, car le revenu de référence n'est pas calculé de la même manière. Les contrats destinés aux indépendants peuvent suivre des règles fiscales particulières (contrats dits « Madelin »). Pour un travailleur non salarié, les cotisations de prévoyance « Madelin » sont déductibles dans la limite de 7 % du plafond de la Sécurité sociale plus 3,75 % du bénéfice imposable, sans dépasser 3 % de huit fois le plafond (CGI, art. 154 bis, II-2°) [18]. Ces plafonds dépendent du plafond de la Sécurité sociale de l'année : à étudier au cas par cas.

3.7 Le contrat de prévoyance individuel

Un contrat individuel (ou une surcomplémentaire d'entreprise) permet de choisir ses garanties : incapacité temporaire (IJ complémentaires), invalidité (rente), décès (capital, avec éventuellement une rente pour le conjoint ou les enfants) [13].

Ce qu'il faut lire dans la notice [13] [14] :

  • La franchise : le nombre de jours d'arrêt pendant lesquels vous acceptez d'attendre avant d'être indemnisé. Plus elle est longue, plus la cotisation baisse.
  • Le montant et la durée de l'indemnité : le niveau d'IJ et la durée maximale choisis jouent sur la cotisation. Les prestations privées ne peuvent pas dépasser votre salaire ou votre revenu [14].
  • La définition de l'invalidité : le taux est fixé par le médecin-conseil de l'assureur selon la définition du contrat ; la Sécurité sociale et votre assureur peuvent utiliser des barèmes différents. Vous pouvez être invalide pour l'un et pas pour l'autre [14].
  • Les exclusions : sports extrêmes, affections psychologiques et du dos, métiers à risque, événements antérieurs à la souscription et antécédents non déclarés sont les exemples cités. Pour le décès, le suicide n'est en principe couvert qu'après une première période [13].
  • Le questionnaire de santé : il est le plus souvent exigé. Une déclaration inexacte peut réduire ou supprimer la prestation, et une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat [14].
  • La nature du contrat : la prévoyance n'est pas une épargne ; si le risque ne survient pas, les cotisations ne sont pas récupérées [13].
  • L'impôt : les IJ d'un contrat souscrit à titre facultatif, qui complète la Sécurité sociale, sont exonérées d'impôt sur le revenu [4].

3.8 Synthèse : le régime fiscal des revenus de remplacement

Revenu de remplacementImpôt sur le revenu
IJ maladie de la Sécurité socialeImposables [4]
IJ en cas d'ALDExonérées [4]
IJ en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelleExonérées à 50 % [4]
Complément de l'employeur (maintien de salaire)Imposable [4]
IJ d'un contrat de prévoyance facultatifExonérées [4]
IJ d'un régime de prévoyance obligatoire d'entrepriseImposables [4]
Pension d'invaliditéImposable (majoration pour tierce personne : aucun prélèvement) [2]
Capital décès de la Sécurité socialeNi impôt, ni cotisations [3]

Trois exemples

Exemple 1 — Un salarié bien couvert : Nadia, 38 ans

Nadia, 8 ans d'ancienneté, gagne 2 500 € bruts par mois. L'entreprise a un contrat de prévoyance collectif obligatoire, qui, dans cet exemple, porte son revenu brut à 80 % du salaire pendant 12 mois (soit 2 000 €).

PosteValeur
Salaire journalier de base2 500 × 3 ÷ 91,25 ≈ 82,19 € (le salaire est inférieur au plafond de 2 613,82 €)
IJ de la Sécurité sociale50 % ≈ 41,10 €/jour, soit 1 233 € pour 30 jours
Maintien de salaire (6 à 10 ans d'ancienneté)Du 8e au 47e jour : 90 % = 2 250 € · Du 48e au 87e jour : 66,66 % ≈ 1 666 €
À partir du 88e jour, sans contratIJ seules : 1 233 €, soit 49 % du brut
À partir du 88e jour, avec le contrat collectifRevenu porté à 2 000 € brut

Ce que montre l'exemple : sans prévoyance, Nadia perd la moitié de son revenu à partir du 88e jour ; avec le contrat de l'entreprise, la baisse reste limitée à 20 %. L'indemnité du régime d'entreprise est imposable.

Exemple fictif et simplifié : le niveau du contrat collectif est une hypothèse, il varie selon les entreprises.

Exemple 2 — Un salaire au-dessus du plafond : Marc, 45 ans

Marc, 2 ans d'ancienneté, gagne 4 000 € bruts par mois et n'a aucun contrat de prévoyance complémentaire.

PosteValeur
Salaire retenu pour les IJPlafonné à 2 613,82 € par mois
IJ de la Sécurité socialePlafonnées à 42,97 €/jour, soit environ 1 289 € pour 30 jours
Maintien de salaire (1 à 5 ans d'ancienneté)Du 8e au 37e jour : 90 % = 3 600 € · Du 38e au 67e jour : 66,66 % ≈ 2 666 €
À partir du 68e jourIJ seules : environ 1 289 €, soit 32 % du brut

Ce que montre l'exemple : au-delà du plafond, la Sécurité sociale remplace une part de plus en plus faible du salaire. L'écart avec le revenu habituel est d'environ 2 700 € par mois à partir du 68e jour : si le foyer a un crédit à rembourser, la situation devient délicate sans garantie complémentaire.

Exemple fictif et simplifié : montants bruts, hors prélèvements sociaux et impôt.

Exemple 3 — Un indépendant : Léa, artisan

Léa, artisan en entreprise individuelle depuis plus de 12 mois, a un revenu annuel moyen de 36 000 € sur les trois dernières années, soit 3 000 € par mois.

PosteValeur
IJ par jour36 000 ÷ 730 ≈ 49,32 € (inférieur au maximum de 65,84 €)
IJ pour 30 jours (après 3 jours de carence)≈ 1 480 €, soit environ 49 % du revenu mensuel
Charges de l'entrepriseContinuent (local, assurances, cotisations)

Ce que montre l'exemple : sans contrat complémentaire, Léa ne reçoit que la moitié de son revenu et aucun employeur ne complète. Le contrat individuel est ici le seul moyen de limiter la baisse.

Exemple fictif et simplifié : le revenu retenu est le revenu d'activité, avant impôt.

À retenir

  1. Trois risques, trois couches : Sécurité sociale, employeur, contrat.
  2. Le plafond change tout : les IJ sont limitées à 42,97 € bruts par jour ; au-delà de 2 613,82 € de salaire mensuel, la part du revenu remplacée diminue.
  3. Le maintien de salaire est temporaire et soumis à conditions (1 an d'ancienneté, 7 jours de carence).
  4. L'invalidité Sécurité sociale ne verse que 30 % ou 50 % du salaire annuel moyen et s'arrête à 62 ans.
  5. Le capital décès de la Sécurité sociale est forfaitaire (4 009 €) et doit être demandé.
  6. Un indépendant n'a pas d'employeur pour compléter : le contrat individuel prend toute son importance.
  7. Le contrat se lit : franchise, durée, définition de l'invalidité, exclusions, questionnaire de santé.

Les pièges à éviter

  • Confondre santé et prévoyance : la mutuelle rembourse des soins, elle ne remplace pas un revenu.
  • Compter sur le maintien de salaire sans vérifier son ancienneté et sa convention collective.
  • Oublier la portabilité : les garanties de prévoyance cessent au bout de 12 mois au plus après la fin du contrat de travail ; la loi Evin ne les prolonge pas.
  • Comparer deux invalidités différentes : la définition du contrat et celle de la Sécurité sociale peuvent diverger.
  • Négliger le questionnaire de santé : une déclaration inexacte peut priver de la prestation.

Liste de contrôle avant de choisir ou de renouveler une couverture :

  • Mon employeur a-t-il un contrat de prévoyance collectif ? Quelles garanties (incapacité, invalidité, décès) et quels niveaux ?
  • Quelle est mon ancienneté, et que dit ma convention collective du maintien de salaire ?
  • Combien coûtent mes charges fixes par mois, et quel revenu aurais-je à partir du 68e jour d'un arrêt ?
  • Quelle franchise, quelle durée d'indemnisation et quelle définition de l'invalidité dans le contrat ?
  • Qui sont les bénéficiaires du capital décès, et la désignation est-elle à jour ?
  • Si je suis indépendant : de quelle caisse je relève et quelles sont ses règles ?

Ce que vous pouvez faire maintenant : rassembler vos trois derniers bulletins de salaire, la notice du contrat de prévoyance de l'entreprise et votre convention collective, puis chiffrer l'écart entre votre revenu habituel et celui que vous auriez à partir du 68e jour d'arrêt.

Pour aller plus loin

Faisons le point sur votre situation

Le cabinet CADRENS vous aide à mesurer l'écart entre votre revenu et ce que prévoient la Sécurité sociale et vos contrats, et à choisir, si besoin, une couverture adaptée. Nous répondons aussi à vos questions.

Demander un entretien découverte ou thibaut@cadrens.com

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Informations à jour au 17/10/2026.

Sources