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Comment fonctionne la retraite en France

D'où vient ma pension et combien vais-je toucher ?

Retraite Situation : Retraite Chiffres à jour au

Version Découverte · l'essentiel

La question

« D'où vient ma pension et combien vais-je toucher ? »

En une phrase

Votre pension est payée par les cotisations de ceux qui travaillent aujourd'hui ; son montant dépend de votre carrière (vos revenus et vos trimestres validés) et de l'âge auquel vous partez [1] [2]. Il n'est pas garanti à l'avance : il se calcule avec les règles en vigueur le jour de votre départ.

Comment ça marche

La répartition. Vos cotisations ne sont pas mises de côté à votre nom : celles des actifs financent les pensions du moment, et les vôtres vous ouvrent des droits pour plus tard.

Deux étages pour un salarié du privé [2] [7] :

  • la retraite de base (Assurance retraite) : elle se calcule avec vos trimestres et votre salaire annuel moyen, celui de vos 25 meilleures années ;
  • la retraite complémentaire (Agirc-Arrco) : elle fonctionne par points, transformés en euros au moment du départ.

Trois repères pour la retraite de base [1] [2] [3] [4] :

  • l'âge légal, avant lequel on ne peut en principe pas partir (sauf cas particuliers, comme une carrière longue) ;
  • le taux plein : une pension de base égale à 50 % du salaire annuel moyen, si vous avez le nombre de trimestres exigé, ou si vous attendez 67 ans ;
  • la décote (la pension baisse de 0,625 point par trimestre manquant) ou la surcote (elle augmente de 1,25 % par trimestre travaillé en plus).
Année de naissanceÂge légalTrimestres pour le taux plein
196362 ans 9 mois170
196663 ans 3 mois172
196863 ans 9 mois172
1969 et après64 ans172

Départs depuis le 01/09/2026 : la hausse prévue par la réforme de 2023 est suspendue jusqu'en 2028 ; autres années en Approfondie [8].

Schéma : actifs qui cotisent → caisses → retraité qui reçoit deux pensions (base, complémentaire).

Un exemple

Camille, née en 1966, salariée du privé, part à 63 ans et 3 mois, son âge légal. Hypothèses : salaire annuel moyen de 30 000 € brut, 3 800 points Agirc-Arrco, valeur du point de 1,4386 € [7].

Retraite de baseAvec ses 172 trimestresAvec 160 trimestres (12 manquants)
Par an15 000 €≈ 11 860 €

Douze trimestres manquants réduisent sa pension de base d'environ 21 % [3]. Avec 172 trimestres, la complémentaire (≈ 5 467 € par an) porte le total à ≈ 1 706 € brut par mois.

Exemple fictif, en brut, avant prélèvements sociaux et impôt, hors majoration pour enfants et minimum contributif.

À retenir

  1. Votre pension vient des cotisations des actifs d'aujourd'hui, en deux étages : base et complémentaire.
  2. Son montant dépend de votre carrière (trimestres, revenus), de votre année de naissance et de votre âge de départ.
  3. Partir sans tous vos trimestres avant 67 ans réduit la pension de base à vie.

Les pièges à éviter

  • Croire que l'âge légal donne une pension complète : sans les trimestres exigés, la décote s'applique.
  • Se fier à un âge entendu ailleurs : il dépend de votre année de naissance.
  • Comparer pension brute et salaire net, ou oublier un des deux étages.

Ce que vous pouvez faire maintenant : créer votre compte sur info-retraite.fr et regarder votre carrière (voir fiche « Lire son relevé de carrière et estimer sa pension »).

Pour aller plus loin

Et pour vous, concrètement ?

Vous vous demandez ce que sera votre retraite ? Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.

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Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Informations à jour au 19/10/2026.

Sources

Version Approfondie · pour aller plus loin

La question

« D'où vient ma pension et combien vais-je toucher ? » Et plus précisément : de quoi dépend le montant, quels leviers restent à votre portée, et quelles règles sont en train de changer ?

Ce niveau vous permet de décider en plus : à quel âge partir, comment lire une estimation de pension, et quoi vérifier avant de compter sur un chiffre.

En une phrase

Pour un salarié du privé, la pension de base est égale au salaire annuel moyen × le taux × (les trimestres validés ÷ les trimestres exigés), et la retraite complémentaire au nombre de points × la valeur du point ; le taux est de 50 % (taux plein) si vous avez la durée exigée ou si vous attendez 67 ans, et il baisse de 0,625 point par trimestre manquant sinon [2] [3] [5] [7].

Comment ça marche

3.1 Qui verse quoi : la répartition et les régimes

La retraite fonctionne par répartition : les cotisations versées par les actifs pendant l'année servent à payer les pensions de la même année. Vos cotisations ne sont donc pas placées à votre nom ; elles vous ouvrent des droits (des trimestres et des points) que les règles en vigueur le jour du départ transforment en pension.

Un même retraité reçoit souvent plusieurs pensions, une par régime auquel il a cotisé. Tous régimes confondus, on distingue la retraite de base et la retraite complémentaire [14].

StatutRetraite de baseRetraite complémentaire
Salarié du privé, contractuel de droit publicAssurance retraiteAgirc-Arrco
Travailleur indépendantAssurance retraiteAssurance retraite (régime de base et complémentaire)
FonctionnaireService des retraites de l'État, CNRACLRAFP (retraite additionnelle de la fonction publique)
Salarié ou exploitant agricoleMSAMSA (exploitants)
Profession libéraleRégime de base commun aux professions libéralesRégimes complémentaires propres

Cette fiche détaille le salarié du privé. Les règles des autres régimes diffèrent, parfois beaucoup (3.7 pour le fonctionnaire). Si votre carrière a été mixte, chaque régime calcule sa part avec ses propres règles.

3.2 La retraite de base : la formule

Pension de base annuelle = salaire annuel moyen × taux × trimestres validés ÷ trimestres exigés [3] [5].

  • Le salaire annuel moyen est la moyenne de vos 25 meilleures années de revenus d'activité, revalorisées [5]. Depuis le 01/09/2026, les parents qui bénéficient d'une majoration de durée d'assurance pour enfant peuvent voir ce calcul porté sur leurs 24 meilleures années (un enfant) ou 23 (deux enfants ou plus). Ce changement n'est pas encore appliqué aux nouveaux retraités : sa mise en oeuvre est attendue en 2027, avec un recalcul rétroactif pour les pensions déjà versées [9].
  • Le taux est au maximum de 50 % (le taux plein). Il baisse en cas de décote (3.5) [3].
  • Le rapport des trimestres compare ce que vous avez validé à la durée exigée pour votre génération. La condition du taux plein se juge sur tous les régimes ; dans la formule, seuls comptent les trimestres validés à l'Assurance retraite, les autres régimes appliquant leurs propres règles [3].

D'autres éléments s'ajoutent selon les cas : un minimum contributif pour les petites pensions à taux plein [5] et une majoration de 10 % de la pension pour les parents d'au moins trois enfants [13].

3.3 Les trimestres : comment on les valide

Un trimestre ne dépend pas du nombre de mois travaillés, mais du revenu annuel soumis à cotisations : il faut gagner l'équivalent de 150 heures de Smic au 1er janvier pour en valider un, et 4 trimestres au plus sont comptés par année civile [6].

En 2026Revenu annuel brut soumis à cotisations
1 trimestre1 803 €
2 trimestres3 606 €
3 trimestres5 409 €
4 trimestres7 212 €

Des périodes sans cotisation peuvent aussi compter, sous conditions : un trimestre par période de 60 jours indemnisés en cas de maladie ou d'accident du travail, un par période de 90 jours indemnisés en cas de maternité, le chômage indemnisé, le service national [6]. Les enfants ouvrent aussi des trimestres supplémentaires, qui sont à déclarer sur le compte retraite [13].

Année de naissanceÂge légalTrimestres exigés pour le taux plein
1958 à 196062 ans167
Janvier à août 196162 ans168
Septembre à décembre 196162 ans 3 mois169
196262 ans 6 mois169
196362 ans 9 mois170
196462 ans 9 mois170
1965, janvier à mars62 ans 9 mois170
1965, avril à décembre63 ans171
196663 ans 3 mois172
196763 ans 6 mois172
196863 ans 9 mois172
1969 et après64 ans172

Départs à compter du 01/09/2026 pour les générations 1964 à 1968, après la suspension de la réforme de 2023 [1] [2] [8] [9].

  • À 67 ans, le taux plein est acquis quel que soit le nombre de trimestres [2].
  • Avant l'âge légal, un départ est possible sous conditions dans certaines situations : début d'activité avant 21 ans (carrière longue), handicap, incapacité permanente à la suite d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, inaptitude au travail, exposition à l'amiante [1]. Pour les nés à partir du 01/04/1965 qui ont au moins un trimestre de majoration parentale, l'âge minimum peut être abaissé d'un an, sous conditions [2].
  • Pour la carrière longue, la suspension assouplit aussi les conditions des générations 1964 à 1968, et deux trimestres « enfant » comptent depuis le 01/09/2026 [9]. Les âges dépendent de votre âge de début d'activité : un simulateur officiel donne votre cas.

Description du schéma à créer : une frise horizontale de 60 à 67 ans avec trois repères : « départ anticipé possible sous conditions », « âge légal (selon l'année de naissance) », « 67 ans : taux plein automatique ». Les âges ne sont pas écrits dans le schéma : ils viennent du tableau ci-dessus.

Schéma « Les âges de la retraite » : la frise interactive est disponible sur la version en ligne de cette fiche, sur cadrens.com. Les âges par année de naissance figurent dans le tableau de la section 3.4.

3.5 Décote et surcote

La décote. Si vous partez avant 67 ans sans le nombre de trimestres exigé, le taux baisse de 0,625 point par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres (taux minimal : 37,5 %). Le nombre de trimestres manquants retenu est le plus petit de deux nombres : les trimestres qui manquent entre votre âge de départ et 67 ans, et ceux qui manquent entre vos trimestres acquis et la durée exigée [3].

Trimestres manquantsTaux appliqué
149,375 %
1043,750 %
20 ou plus37,500 %

Exemple de la fiche officielle [3] : né en 1964, parti à 63 ans avec 159 trimestres sur 170 ; il manque 16 trimestres jusqu'à 67 ans et 11 trimestres pour la durée exigée ; on retient 11, soit un taux de 43,125 %.

La surcote. Si vous continuez à travailler après l'âge légal et après avoir atteint la durée exigée, la pension de base est majorée de 1,25 % par trimestre civil entier supplémentaire. Quatre trimestres de plus représentent donc 5 % [4].

3.6 La retraite complémentaire Agirc-Arrco

Le régime fonctionne par points. Chaque année, vos cotisations sont converties en points : en 2026, le calcul retient un taux de 6,20 % du salaire jusqu'à 48 060 € (le plafond de la Sécurité sociale), divisé par le salaire de référence, fixé à 20,1877 €. Avec 30 000 € de salaire, on acquiert ainsi environ 92 points dans l'année (30 000 × 6,20 % ÷ 20,1877) [7] [15].

À la retraite, les points sont multipliés par la valeur de service du point, de 1,4386 € depuis le 01/11/2025 : 92 points rapportent donc environ 133 € de pension annuelle brute. Le conseil d'administration de l'Agirc-Arrco a décidé, le 14/10/2026, une revalorisation de 1,4 % au 01/11/2026 [12].

  • La pension complémentaire peut être demandée dès l'âge légal si la retraite de base est à taux plein. Sans taux plein, un coefficient de minoration réduit la pension, selon l'âge de départ ou le nombre de trimestres manquants [7].
  • Des majorations existent : une majoration définitive à partir de trois enfants, ou une majoration temporaire tant qu'un enfant est à charge. Elles ne se cumulent pas : la plus élevée s'applique [7].

3.7 Un autre régime : le fonctionnaire

Pour un fonctionnaire (Service des retraites de l'État ou CNRACL), la pension est égale au dernier traitement indiciaire brut (détenu depuis au moins six mois) × 75 % × trimestres liquidables ÷ trimestres exigés pour le taux plein. Le taux maximal est de 75 %, porté à 80 % avec certaines bonifications ; un minimum garanti existe [11] [16]. Les primes, la décote, la surcote et la retraite additionnelle ne sont pas détaillées ici.

3.8 Ce qui change en 2026 et 2027

Les pages officielles consultées ne précisent pas ce qui se passera après 2028.

3.9 Combien touche-t-on en moyenne ?

Fin 2023, parmi les retraités résidant en France, la pension de droit direct (celle que l'on s'est constituée par sa propre carrière) s'élevait en moyenne à 1 666 € brut par mois, dont majoration pour trois enfants ou plus ; hors cette majoration, elle était de 1 620 €, avec un écart important entre les femmes (1 306 €) et les hommes (2 089 €) [10]. En net, la pension de droit direct moyenne était de 1 541 € (hors réversion).

Une moyenne mélange des carrières complètes et incomplètes, des salariés, des indépendants et des fonctionnaires : elle ne dit rien de votre pension. Pour cela, il faut partir de votre carrière (fiche « Lire son relevé de carrière et estimer sa pension »).

3.10 Les questions à vous poser

  1. À quelle génération appartiens-je, et combien de trimestres sont exigés pour moi ?
  2. Combien de trimestres ai-je validés, et lesquels manquent ?
  3. À quel âge aurai-je à la fois l'âge légal et la durée exigée ?
  4. Que se passe-t-il si je pars plus tôt (décote) ou plus tard (surcote) ?
  5. De quel revenu aurai-je besoin, et que me manque-t-il entre ma pension et ce besoin (fiche « Le PER (Plan d'épargne retraite) » si je veux compléter) ?

Deux exemples

Camille, née en 1966, salaire annuel moyen de 30 000 € brut, 172 trimestres à 63 ans et 3 mois (son âge légal).

  • Départ à 63 ans 3 mois : pension de base = 30 000 × 50 % × 172 ÷ 172 = 15 000 € par an (1 250 € par mois). Complémentaire : 3 800 points × 1,4386 € = 5 467 € par an. Total brut : ≈ 1 706 € par mois.
  • Un an de plus (4 trimestres) : elle a déjà la durée exigée et l'âge légal, donc la surcote joue : + 5 % sur la base, soit 15 750 € par an (+ 750 €). Elle acquiert aussi une année de points, environ 92 points, soit ≈ 133 € de pension complémentaire annuelle de plus.

Le gain est réel, mais il se paie : un an sans pension, remplacé par un salaire. Le calcul ne compare pas ces deux revenus.

Hypothèses : salaire annuel moyen inchangé, brut, avant prélèvements sociaux et impôt, hors majoration pour enfants, minimum contributif, majoration ou minoration de la complémentaire et revalorisations futures.

Exemple 2 — Marc : une carrière incomplète

Marc, né en 1968, salaire annuel moyen de 24 000 € brut. Son âge légal est de 63 ans et 9 mois, et 172 trimestres sont exigés. Il en a validé 150.

Il part à 63 ans 9 moisIl travaille jusqu'à 67 ans
Trimestres validés150163 (13 de plus)
Trimestres manquants retenus13 (le plus petit de 13 et 22)aucun : taux plein à 67 ans
Taux50 − 13 × 0,625 = 41,875 %50 %
Retraite de base≈ 8 765 € par an (≈ 730 € par mois)≈ 11 372 € par an (≈ 948 € par mois)

Marc touche 30 % de plus par mois en attendant 67 ans, mais il se passe de pension pendant 3 ans et 3 mois. Le calcul ne tient pas compte de ses revenus d'activité pendant cette période, ni de la minoration éventuelle de sa retraite complémentaire s'il part sans taux plein.

Hypothèses : salaire annuel moyen inchangé, brut ; les 13 trimestres supplémentaires sont tous validés ; hors majorations et minimum contributif.

Outil interactif « Simulateur de décote et de surcote » : disponible sur la version en ligne de cette fiche, sur cadrens.com.

Description de l'outil : simulateur de décote et de surcote. Le visiteur indique son année de naissance, son âge de départ et ses trimestres validés ; l'outil affiche l'âge légal, les trimestres exigés, les trimestres manquants retenus, le taux et la pension de base pour un salaire annuel moyen saisi. Barèmes lus dans la Veille des données.

À retenir

  1. La retraite repose sur la répartition et sur deux étages : base (trimestres, salaire annuel moyen, taux) et complémentaire (points).
  2. L'âge légal et la durée exigée dépendent de votre année de naissance et ont été suspendus depuis le 01/09/2026 ; partir sans la durée exigée avant 67 ans entraîne une décote.
  3. Un chiffre de pension n'a de sens que daté, avec ses hypothèses : les règles évoluent, et une moyenne n'est pas votre cas.

Les pièges à éviter

  • Confondre âge légal et taux plein : l'âge ouvre le droit de partir, la durée exigée (ou 67 ans) évite la décote.
  • Compter sur une moyenne nationale pour estimer sa propre pension.
  • Ne regarder sa carrière qu'au dernier moment : une période oubliée se corrige mieux tôt (fiche « Lire son relevé de carrière et estimer sa pension »).
  • Comparer une pension brute à un salaire net : les pensions subissent des prélèvements (fiche « Partir à la retraite : les décisions à prendre »).
  • Négliger le calendrier de 2026 et 2027 : âge légal, cumul emploi-retraite et revalorisations changent.
  • Se fier à un article non daté : les règles de cette fiche sont tirées de pages officielles et datées.

Ce que vous pouvez faire maintenant : ouvrir votre compte retraite sur info-retraite.fr, lancer le service « Mon estimation retraite », et noter votre année de naissance, votre âge légal et le nombre de trimestres exigés.

Pour aller plus loin

Faisons le point sur votre situation

Le cabinet CADRENS analyse votre carrière et vos régimes de retraite, estime l'écart entre votre pension probable et vos besoins, étudie les leviers (âge de départ, épargne retraite) et répond aux questions qui demeurent.

Demander un entretien découverte ou thibaut@cadrens.com

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Informations à jour au 19/10/2026.

Sources