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Rachat de trimestres

Racheter des trimestres, ça vaut le coup ?

Retraite Impôts Situation : Retraite Chiffres à jour au

Version Découverte · l'essentiel

La question

« Racheter des trimestres, ça vaut le coup ? »

En une phrase

Oui, s'il vous manque quelques trimestres pour partir sans décote et si vous percevez votre retraite assez longtemps pour amortir la dépense (une douzaine d'années dans notre exemple). En 2026, un trimestre coûte de 1 055 € à 6 684 € selon l'âge, l'option et les revenus, et l'opération peut perdre son intérêt en cas de décès précoce ou si les règles changent [3] [5].

Comment ça marche

Il faut un nombre de trimestres. Pour une retraite de base « à taux plein », il faut de 170 à 172 trimestres selon votre année de naissance (à partir de 1963) [1]. S'il en manque, une décote réduit la pension à vie, sauf départ à 67 ans, et la retraite complémentaire est réduite aussi [2] [10].

On peut en racheter 12 au plus : des années d'études supérieures ayant abouti à un diplôme, et des années où vous avez validé moins de 4 trimestres. Pour les études, l'Assurance retraite doit être votre première caisse ensuite. Demande entre 20 et 66 ans, avant la retraite [3].

Deux options. « Taux seul » réduit la décote ; « taux et durée », plus cher, augmente aussi la durée retenue dans le calcul de la pension [3]. Pour un salarié, la somme est déductible sans plafond du revenu imposable [4]. Pour des études en formation initiale, le prix est réduit (4 trimestres au plus) si vous déposez la demande au plus tard l'année de vos 40 ans [6].

Un exemple

Nadia, née en mars 1966, salariée, veut partir à son âge légal, 63 ans et 3 mois, avec 170 trimestres sur les 172 requis [7]. Elle envisage de racheter 2 trimestres d'une année incomplète.

Option « taux et durée »Montant
Prix de 2 trimestres demandés à 60 ans, revenus supérieurs à 48 060 € [5]12 944 €
Impôt économisé (tranche à 30 %) [4] [15]− 3 883 €
Hausse nette de ses retraites, après prélèvements sociaux (9,1 %) et impôt (11 %) [13]+ 734 € par an
Délai pour récupérer le coût net de 9 061 €environ 12 ans, soit vers 75 ans et demi

Si elle décède à 70 ans, elle n'aura récupéré qu'environ 4 950 €. Six mois de travail en plus lui donneraient ses trimestres sans rien verser.

Exemple fictif : célibataire, revenu imposable de 50 000 €, revenu annuel moyen de 40 000 €, retraite complémentaire de 9 000 € par an, règles de 2026 supposées inchangées, montants non revalorisés. Le délai est à comparer à votre durée de retraite probable, qui reste une hypothèse.

À retenir

  1. Le rachat sert à réduire une décote, pas à partir avant l'âge légal.
  2. Comparez le coût après impôt à la hausse nette de la pension.
  3. Pensez d'abord à travailler quelques mois de plus.

Les pièges à éviter

  • Racheter sans effet : la décote ne compte pas plus de trimestres qu'il n'en reste jusqu'à 67 ans [7] ; au-delà, « taux seul » ne change rien.
  • Viser un départ anticipé pour « carrière longue » : les trimestres rachetés n'y comptent pas [3].
  • Oublier que les règles bougent : une baisse de la durée requise, comme en 2026, peut rendre un rachat inutile.

Ce que vous pouvez faire maintenant : téléchargez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr, faites corriger les oublis, puis simulez un rachat sur lassuranceretraite.fr.

Pour aller plus loin

Et pour vous, concrètement ?

Vous hésitez à racheter des trimestres, ou des questions demeurent ? Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.

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Sources

Version Approfondie · pour aller plus loin

La question

« Racheter des trimestres, ça vaut le coup ? » Et plus précisément : combien de trimestres racheter, avec quelle option, à quel moment, et en combien d'années la dépense sera-t-elle remboursée par votre pension ?

Ce niveau vous permet de décider en plus : si un rachat a réellement un effet dans votre cas, s'il vaut mieux choisir « taux seul » ou « taux et durée », comment étaler le paiement pour profiter de la déduction fiscale, et s'il existe une solution moins risquée.

En une phrase

Le versement pour la retraite permet de faire prendre en compte, dans la limite de 12 trimestres, des années d'études supérieures diplômantes et des années civiles validées pour moins de 4 trimestres [3] [16], soit pour le seul taux de la pension (réduction de la décote), soit pour le taux et la durée d'assurance ; son prix, fixé par un barème annuel selon l'âge et les revenus [5], est, pour un salarié, déductible sans limite du revenu imposable [4] ; sa rentabilité se mesure en années de retraite nécessaires pour récupérer le coût net d'impôt, et dépend de votre durée de vie, de votre carrière et de règles qui peuvent changer.

Comment ça marche

  • Formule de la retraite de base : revenu annuel moyen (25 meilleures années) × taux × (trimestres validés à l'Assurance retraite ÷ durée requise pour le taux plein) [2]. Au-delà de la durée requise, des trimestres supplémentaires n'augmentent plus ce rapport.
  • Taux plein : 50 %. S'il manque des trimestres, le taux baisse de 0,625 point par trimestre manquant (soit 1,25 % de la pension) [2]. Le nombre de trimestres retenu est le plus petit de deux nombres : les trimestres manquants par rapport à la durée requise, ou ceux qui manquent pour atteindre 67 ans, âge auquel le taux plein est acquis quelle que soit la durée [7] [2].
  • Surcote : au-delà de l'âge légal et de la durée requise, chaque trimestre civil entier travaillé en plus augmente la retraite de 1,25 % [12]. Un rachat ne sert pas à obtenir une surcote : il sert à réduire une décote.

Source : circulaire Cnav n° 2026-07 du 05/03/2026 [7]. L'âge d'obtention automatique du taux plein reste fixé à 67 ans. Ce calendrier peut encore être modifié par une loi ultérieure.

3.2 Qui peut racheter, quoi, et jusqu'à quand

  • Années d'études supérieures : études dans un établissement d'enseignement supérieur, une école technique supérieure, une grande école, une classe préparatoire ou une classe post-baccalauréat de lycée, sanctionnées par un diplôme ; l'admission en grande école ou en classe préparatoire vaut diplôme ; études en France, dans l'Espace économique européen, en Suisse ou dans un pays lié par une convention de sécurité sociale [3]. Le régime général doit être le premier régime auquel vous avez été affilié après vos études [3] [16]. Une période de 90 jours d'études consécutifs vaut un trimestre [3].
  • Années incomplètes : années civiles d'affiliation au régime général pour lesquelles moins de 4 trimestres ont été retenus ; vous rachetez ce qui manque pour arriver à 4 [3] [16].
  • Limites : 12 trimestres au total, tous motifs confondus, et 4 par année [3] [16].
  • Âge : entre 20 ans et moins de 67 ans, et avant d'avoir demandé votre retraite [3] [6].
  • Autres rachats, seulement mentionnés : les stages en entreprise gratifiés d'au moins deux mois peuvent être validés pour le taux seulement, dans la limite de 2 trimestres, au prix forfaitaire de 481 € par trimestre en 2026, sur demande dans les deux ans suivant la fin du stage et au plus tard le 31 décembre de l'année de vos 30 ans [3] [8] [17] ; les artisans et commerçants disposent aussi d'un rachat « Madelin » pour certaines années récentes, aux règles propres [8] ; les salariés agricoles relèvent de la MSA, les professions libérales de leur caisse, et les fonctionnaires d'un rachat d'années d'études propre à leur régime.

3.3 Taux seul ou taux et durée : que choisir ?

Taux seulTaux et durée
Effet sur la décoteRéduite ou suppriméeRéduite ou supprimée
Effet sur le rapport « trimestres validés ÷ durée requise »AucunAugmente, jusqu'à la durée requise
Effet sur la retraite complémentaireMinoration réduite ou supprimée (3.6)Idem
PrixMoins élevéEnviron 1,5 fois plus élevé

Lecture : avec « taux et durée », les trimestres rachetés comptent aussi dans la fraction de la formule du 3.1 ; avec « taux seul », ils ne servent qu'au taux [3]. Le rapport de prix est tiré du barème 2026 [5].

  • « Taux seul » suffit quand il vous manque des trimestres pour le taux, mais que le gain de durée serait faible : il peut alors se rembourser plus vite que l'autre option (voir l'exemple 1).
  • « Taux et durée » se justifie quand votre durée à l'Assurance retraite reste nettement inférieure à la durée requise au moment du départ : la hausse de la fraction s'ajoute alors à la suppression de la décote.
  • Aucune option n'a d'effet sur le taux si, même après le rachat, il vous manque plus de trimestres qu'il n'en reste jusqu'à 67 ans : la décote est alors calculée sur l'âge [7]. Seule l'option « taux et durée » augmente encore un peu la pension, par la fraction (voir l'exemple 2).

3.4 Combien ça coûte

Le prix d'un trimestre dépend de votre âge à la date de la demande, de l'option et de vos revenus d'activité, comparés au plafond de la sécurité sociale (48 060 € en 2026) [5] [17]. Le barème est fixé pour les demandes déposées dans l'année [5].

Âge à la demande (2026)Taux seul : revenus jusqu'à 36 045 €Taux seul : revenus de plus de 48 060 €Taux et durée : revenus jusqu'à 36 045 €Taux et durée : revenus de plus de 48 060 €
30 ans1 487 €1 983 €2 204 €2 938 €
40 ans2 065 €2 753 €3 060 €4 080 €
50 ans2 672 €3 563 €3 960 €5 279 €
55 ans2 980 €3 973 €4 416 €5 888 €
60 ans3 275 €4 367 €4 854 €6 472 €
62 ans3 383 €4 510 €5 013 €6 684 €
66 ans3 044 €4 059 €4 512 €6 015 €

Prix par trimestre, demandes déposées en 2026, extrait du barème de l'Assurance retraite [5]. Pour des revenus de plus de 36 045 € et jusqu'à 48 060 € (entre 75 % et 100 % du plafond), le barème n'indique pas un prix en euros mais un pourcentage : le montant exact figure dans l'évaluation de votre caisse. Le prix culmine à 62 ans puis diminue.

  • Revenus pris en compte : vos salaires et revenus d'activité soumis à cotisations, dont la moyenne annuelle est comparée à 75 % et à 100 % du plafond [5] ; le formulaire de demande d'évaluation demande ceux des quatre années précédant la demande [6].
  • Tarif réduit pour les études : pour des études faites en formation initiale, si la demande est déposée au plus tard le 31 décembre de l'année de vos 40 ans, le prix est diminué de 670 € par trimestre (taux seul) ou de 1 000 € par trimestre (taux et durée), dans la limite de 4 trimestres, diminuée des trimestres de stage déjà validés [6]. Exemple : à 35 ans, revenus supérieurs à 48 060 €, un trimestre « taux et durée » coûte 3 499 € − 1 000 € = 2 499 € [5] [6].
  • Paiement : en une fois ou par prélèvements mensuels ; de 2 à 8 trimestres, sur 1 à 3 ans ; à partir de 9 trimestres, sur 1, 3 ou 5 ans ; au-delà d'un an, le solde est majoré chaque année selon l'indice prévisionnel des prix hors tabac [3]. Pour les trimestres d'études au tarif réduit, l'étalement sur 1, 3 ou 5 ans est possible quel que soit le nombre de trimestres [6].
  • Démarche : simulation en ligne sur lassuranceretraite.fr, puis formulaire de demande d'évaluation (études ou années incomplètes) adressé à votre caisse régionale (Carsat) ; sans réponse sous 2 mois, la demande est rejetée ; si elle est acceptée, la caisse envoie le montant à verser, un relevé de carrière régularisé et un formulaire de confirmation, à renvoyer en précisant le nombre de trimestres, l'option et le mode de paiement [3].

3.5 La fiscalité : une déduction sans plafond, à lire avec votre taux marginal

  • Principe, pour un salarié : les sommes versées sont déductibles sans limite du revenu imposable, en application de l'article 83, 1° du code général des impôts, au même titre que les cotisations de retraite obligatoires, dans la limite globale des 12 trimestres ; la même règle vise le rachat d'années d'études des fonctionnaires dans leur propre régime [4]. Un artisan ou un commerçant déduit ses cotisations sociales personnelles de son bénéfice, selon les règles de l'article 154 bis du même code ; son expert-comptable peut lui indiquer le traitement de son rachat. Ce n'est ni une réduction ni un crédit d'impôt : la somme est retirée du revenu, et l'économie dépend de votre tranche. Contrairement au PER, il n'y a pas de plafond annuel (voir fiche « Le PER (Plan d'épargne retraite) »).
  • Taux marginal et taux moyen : le taux marginal est celui de la tranche la plus haute atteinte par vos revenus (0, 11, 30, 41 ou 45 % en 2026) [15]. Une forte déduction peut faire descendre une partie de vos revenus dans la tranche inférieure : l'économie réelle se mesure alors au taux moyen de la déduction, plus faible (voir l'exemple 2 et fiche « Comprendre l'impôt sur le revenu »).
  • Étaler le paiement répartit aussi la déduction sur plusieurs années de revenus, ce qui peut la maintenir dans votre tranche la plus haute.
  • Quand voir l'économie : la baisse d'impôt apparaît après la déclaration des revenus de l'année du paiement, lors de la régularisation du prélèvement à la source (voir fiche « Le prélèvement à la source »).
  • À la retraite, la pension supplémentaire supporte à son tour les prélèvements sociaux (9,1 % au taux normal en 2026 : CSG 8,3 %, CRDS 0,5 %, Casa 0,3 %) [13] et l'impôt sur le revenu. C'est la hausse nette qui rembourse la dépense.

3.6 La retraite complémentaire Agirc-Arrco

  • Effet indirect, souvent le plus important : si vous partez sans taux plein au régime de base, votre retraite complémentaire est diminuée définitivement d'un coefficient de minoration : 1 % par trimestre manquant jusqu'à 12 trimestres, puis davantage (22 % pour 20 trimestres), la plus faible des minorations calculées sur la durée et sur l'âge étant retenue [10] [11]. Un rachat qui vous donne le taux plein au régime de base supprime cette minoration.
  • Rachat de points : après un versement pour la retraite au régime général ou agricole, vous pouvez racheter des points Agirc-Arrco pour les mêmes années d'études ou années incomplètes : 140 points par année, dans la limite de 3 ans [9] [11]. En 2026, le prix est égal à la valeur de service du point multipliée par un coefficient de 29,1 (de 20 à 30 ans) à 26,1 (à 66 ans) [9] : chaque point rapportant chaque année sa valeur de service, il faut donc 26 à 29 années de retraite pour récupérer la somme versée, à valeur du point constante, avant impôts et prélèvements. C'est en général beaucoup moins rentable que l'effet indirect ci-dessus.

3.7 Calculer la rentabilité : le délai de récupération

Délai de récupération = coût net d'impôt ÷ hausse annuelle nette de vos retraites (base et complémentaire).

Comparez ce délai au nombre d'années pendant lesquelles vous pensez percevoir votre retraite. Facteurs à prendre en compte :

  • Durée de vie : c'est une hypothèse personnelle (santé, antécédents familiaux), pas une donnée ; plus le délai est long, plus le pari est risqué.
  • Décès précoce : considérez la somme versée comme dépensée ; elle ne produit un revenu que si vous percevez votre retraite. Pour un conjoint marié (ou ex-conjoint), la pension de réversion est calculée sur la pension du défunt et profite donc en partie du rachat : 54 % de la retraite de base, à partir de 55 ans et sous conditions de ressources ; 60 % de la retraite complémentaire Agirc-Arrco, sous conditions propres à ce régime ; rien pour un partenaire de PACS ou un concubin [14] (voir fiche « Protéger son conjoint ou partenaire »).
  • Changement des règles : la durée requise et l'âge légal ont changé en 2023, puis en 2026 [7]. Une personne née en février 1965 qui aurait racheté 2 trimestres pour atteindre 172 trimestres n'en a plus besoin que de 170 si sa retraite commence depuis le 1er septembre 2026 : son rachat a pu devenir inutile. L'inverse (un durcissement) reste possible.
  • Carrière longue : les trimestres rachetés ne comptent pas pour un départ anticipé [3] [6].
  • Revalorisations : les pensions sont revalorisées dans le temps, alors que le coût est payé aujourd'hui ; nos exemples, en euros non revalorisés, simplifient ce point.

3.8 Les alternatives au rachat

  • Travailler quelques trimestres de plus : chaque trimestre validé réduit la décote, sans rien verser, et chaque année de plus rapproche de 67 ans, âge du taux plein [2] [7]. Au-delà de la durée requise, une surcote de 1,25 % par trimestre peut même s'ajouter [12].
  • Partir à l'âge légal avec la décote et compléter ses revenus autrement : cumul emploi-retraite, retraite progressive (voir fiche « Partir à la retraite : les décisions à prendre »).
  • Épargner pour sa retraite : un PER permet aussi de déduire ses versements, dans la limite d'un plafond, et l'épargne non encore sortie est transmise en cas de décès, mais son rendement dépend des placements choisis (voir fiches « Le PER (Plan d'épargne retraite) » et « PER : sortie en capital ou en rente ? »).

3.9 Avant de décider : questions à poser et documents à réunir

  • Combien de trimestres aurai-je à l'âge où je veux partir, et combien m'en manquera-t-il pour le taux plein ?
  • La décote de mon cas est-elle calculée sur la durée ou sur l'âge (67 ans) ? Un rachat a-t-il un effet ?
  • Mon relevé de carrière comporte-t-il des erreurs ou oublis à corriger d'abord (chômage, maladie, service militaire, maternité, emplois à l'étranger) ?
  • Taux seul ou taux et durée : quelle hausse nette pour chaque option, et quel délai de récupération ?
  • Quel est mon taux marginal aujourd'hui, et quel sera-t-il à la retraite ? Faut-il étaler le paiement ?
  • Combien de mois de travail supplémentaires produiraient le même effet ?
  • Ai-je droit au tarif réduit pour mes années d'études (formation initiale, demande avant la fin de l'année de mes 40 ans) ?

Documents à réunir : relevé de carrière tous régimes (info-retraite.fr), estimation indicative globale si vous l'avez reçue, diplômes ou certificats de scolarité et d'admission, bulletins de salaire et attestations des années incomplètes, derniers avis d'impôt, relevé de points Agirc-Arrco.

Deux exemples

Hypothèses communes : demande déposée en 2026, barèmes de 2026 supposés applicables pendant tout le paiement, carrière entièrement au régime général et à l'Agirc-Arrco, célibataires sans enfant, résidents fiscaux français, montants arrondis à l'euro et non revalorisés. Les revenus annuels moyens et les retraites complémentaires sont des hypothèses, pas des estimations officielles.

Exemple 1 — Nadia : 2 trimestres manquants, un rachat qui peut se rembourser

Reprise de la Découverte : née en mars 1966, âge légal 63 ans et 3 mois, durée requise 172 trimestres [7] ; elle en aura 170 à cette date. Il lui reste 15 trimestres jusqu'à 67 ans : la décote porte donc sur 2 trimestres [7]. Revenu annuel moyen retenu : 40 000 € ; retraite complémentaire à taux plein : 9 000 € par an ; revenus d'activité supérieurs à 48 060 € ; revenu imposable : 50 000 €.

Sans rachatTaux seulTaux et durée
Taux de la retraite de base48,75 %50 %50 %
Fraction retenue170 / 172170 / 172172 / 172
Retraite de base brute19 273 €19 767 €20 000 €
Retraite complémentaire brute (minoration de 2 % sans rachat) [10]8 820 €9 000 €9 000 €
Hausse brute par an—+ 674 €+ 907 €
Prix de 2 trimestres à 60 ans [5]—8 734 €12 944 €
Impôt économisé (tranche à 30 %)—− 2 620 €− 3 883 €
Coût net—6 114 €9 061 €
Hausse nette par an (9,1 % de prélèvements sociaux, tranche à 11 % à la retraite)—+ 545 €+ 734 €
Délai de récupération—11,2 ans12,4 ans
  • Lecture : l'option « taux et durée » rapporte plus chaque année, mais l'option « taux seul » se rembourse un peu plus vite.
  • Si son revenu imposable était de 100 000 € (tranche à 41 %), l'impôt économisé passerait à 5 307 € en « taux et durée », et le délai à 10,4 ans.
  • Si elle reste dans la tranche à 30 % à la retraite, le délai s'allonge à 15,7 ans en « taux et durée ».
  • Le scénario défavorable : si Nadia décède à 70 ans, après 6 ans et 9 mois de retraite, elle aura récupéré environ 4 952 € pour un coût net de 9 061 €, soit une perte d'environ 4 109 €. Et si la durée requise de sa génération baissait avant son départ, le rachat pourrait ne plus servir à rien.
  • L'alternative : en travaillant jusqu'à 63 ans et 9 mois, elle obtiendrait ses 172 trimestres sans rien verser, en renonçant à six mois de retraite mais en percevant six mois de salaire.

Exemple 2 — Bruno : 20 trimestres manquants, un rachat sans effet sur le taux

Bruno, né en 1969, a 57 ans. Âge légal : 64 ans ; durée requise : 172 trimestres [7]. Il veut partir à 64 ans avec 152 trimestres, après plusieurs années à temps partiel. Il envisage de racheter 4 trimestres d'années incomplètes. Revenu annuel moyen retenu : 30 000 € ; revenus d'activité inférieurs à 36 045 € ; revenu imposable de son foyer : 31 500 €.

  • La décote ne bouge pas : il manque 20 trimestres par rapport à la durée, mais seulement 12 jusqu'à 67 ans ; la décote retenue est de 12 trimestres (taux de 42,5 %) [7]. Après un rachat de 4 trimestres, il en manquerait encore 16 : la décote reste calculée sur l'âge, à 12 trimestres. L'option « taux seul » ne rapporte rien.
  • La complémentaire non plus : sa minoration Agirc-Arrco reste de 12 %, la plus faible des deux calculées (sur l'âge) [10].
  • L'option « taux et durée » fait passer la fraction de 152/172 à 156/172 : sa retraite de base brute passe de 11 267 € à 11 564 €, soit + 297 € par an.
  • Le coût : 4 trimestres « taux et durée » à 57 ans, revenus d'au plus 36 045 € : 4 × 4 599 € = 18 396 € [5].
  • Le piège du taux marginal : Bruno se croit « dans la tranche à 30 % ». Mais seuls 1 921 € de son revenu y sont : payé en une fois, le rachat ne lui fait économiser que 2 389 € d'impôt, soit 13 % de la somme (son taux moyen d'économie). Étalé sur 3 ans (revenu imposable supposé identique chaque année, sans la majoration liée à l'étalement), l'économie monte à 3 119 €, soit 17 %.
  • Le délai : pour une hausse nette d'environ 240 € par an (prélèvements sociaux de 9,1 %, tranche à 11 % à la retraite), il faut environ 64 ans pour récupérer un coût net d'environ 15 277 € (paiement étalé), et environ 67 ans pour 16 007 € (paiement en une fois). Le rachat n'est pas rentable.
  • L'alternative : chaque trimestre travaillé après 64 ans réduit sa décote d'un trimestre, jusqu'au taux plein à 67 ans [2] [7].

Exemples fictifs, selon les règles et barèmes en vigueur au 17/10/2026 ; impôt calculé avec le barème 2026 pour une part, sans autre réduction [15] ; prélèvements sociaux sur la pension au taux normal [13] ; sans tenir compte des avantages fiscaux propres aux pensions, ce qui rend le calcul prudent.

À retenir

  1. Un rachat n'a d'intérêt que s'il réduit réellement la décote (ou augmente la fraction) à l'âge où vous partirez : vérifiez d'abord si votre décote est calculée sur la durée ou sur l'âge.
  2. Le prix (barème annuel, selon l'âge et les revenus) est déductible sans plafond, mais l'économie dépend de votre taux marginal et de l'étalement du paiement.
  3. La rentabilité se juge au délai de récupération, à comparer à votre durée de retraite probable, en gardant en tête le décès précoce et le changement des règles.

Les pièges à éviter

  • Racheter avant d'avoir corrigé son relevé de carrière : des trimestres oubliés (chômage, maladie, maternité, service militaire) peuvent être ajoutés sur justificatifs, sans rien verser.
  • Choisir « taux et durée » par réflexe : plus cher, il peut se rembourser moins vite (exemple 1) ; inversement, « taux seul » peut n'avoir aucun effet (exemple 2).
  • Compter l'économie d'impôt au taux marginal pour une grosse somme versée en une fois : une partie peut tomber dans la tranche inférieure.
  • Ignorer la retraite complémentaire : la suppression de sa minoration peut peser davantage que le rachat de points Agirc-Arrco, coûteux.
  • Racheter tôt « par précaution » : le prix est plus bas avant 40 ans, mais vous ne savez pas encore s'il vous manquera des trimestres, ni quelles règles s'appliqueront.

Ce que vous pouvez faire maintenant : sur info-retraite.fr, comptez combien de trimestres il vous manquera, à l'âge de départ visé, par rapport à la durée requise ; calculez le nombre de trimestres qui vous sépareront alors de 67 ans ; si le premier nombre est le plus petit, simulez le coût d'un rachat, option par option, sur lassuranceretraite.fr.

Pour aller plus loin

Faisons le point sur votre situation

Le cabinet CADRENS reconstitue avec vous votre durée d'assurance à l'âge de départ envisagé, compare le rachat de trimestres, ses deux options et les autres solutions (travailler plus longtemps, épargne retraite), et calcule le délai de récupération selon votre fiscalité, puis répond aux questions qui demeurent.

Demander un entretien découverte ou thibaut@cadrens.com

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Informations à jour au 17/10/2026.

Sources