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PER : sortie en capital ou en rente ?

Que se passe-t-il quand j'arrive à la retraite ?

Retraite ImpôtsPlacements Situation : Retraite Chiffres à jour au

Version Découverte · l'essentiel

La question

« Que se passe-t-il quand j'arrive à la retraite ? »

En une phrase

Votre PER se débloque : selon l'origine des sommes et votre contrat, vous pouvez récupérer votre épargne d'un coup, en plusieurs fois ou sous forme de revenu à vie (une rente) [1], et ce choix change surtout l'impôt que vous paierez.

Comment ça marche

Quand ? À partir du moment où vous prenez votre retraite (ou atteignez l'âge légal de départ) [1]. Rien ne vous oblige à tout retirer tout de suite : l'argent peut rester placé.

Trois façons de sortir [1] [2] :

Ce que vous recevezPour qui
Capital en une foisToute l'épargne d'un coupUn projet précis : rembourser un prêt, aider un enfant, acheter
Capital en plusieurs foisDes retraits étalés, au rythme choisiCelui qui veut compléter ses revenus en gardant la main
RenteUn revenu versé jusqu'à la fin de la vieCelui qui veut une sécurité, sans risque de « tout dépenser »

On peut aussi combiner : une partie en capital, le reste en rente.

Attention : ces choix dépendent de l'origine des sommes et du contrat. L'épargne issue des versements obligatoires d'un PER d'entreprise ne peut en principe sortir qu'en rente ; si vous avez choisi définitivement la rente à l'ouverture du plan, le capital n'est plus possible ; et certains contrats ne proposent pas toutes les modalités de retrait fractionné [1] [2] [6]. Votre relevé distingue ces compartiments.

L'impôt à la sortie. Si vous avez déduit vos versements de vos impôts à l'entrée (le cas le plus courant), ils sont imposés à la sortie, selon les règles en vigueur en 2026 [2] :

  • en capital : les sommes versées s'ajoutent à vos revenus de l'année ; les gains supportent un prélèvement de 31,4 % ;
  • en rente : elle est imposée comme une pension de retraite.

Un exemple

Michel, 64 ans, célibataire, vient de partir à la retraite avec une pension de 25 000 € par an. Son PER contient 100 000 € : 80 000 € de versements déduits et 20 000 € de gains.

Tout retirer en une annéeRetirer 20 000 € par an pendant 5 ans
Impôt sur les 80 000 € de versements, système du quotient demandé≈ 18 620 €≈ 15 580 € au total
Prélèvement sur les 20 000 € de gains6 280 €6 280 €
Total≈ 24 900 €≈ 21 860 €

En étalant, Michel économise environ 3 040 € [3] [5]. Ces montants supposent qu'il demande dans sa déclaration le système du quotient, qui atténue l'impôt d'un retrait en une fois (et du premier retrait d'une série). Sans lui, le retrait en une fois coûterait ≈ 24 630 € sur les versements, en partie à 41 %. L'étalement ne lui évite pas la tranche à 30 %.

Exemple simplifié : barème 2026 supposé inchangé, 1 part, hors décote et autres revenus, aucun retrait du PER dans les trois années précédentes.

À retenir

  1. À la retraite, le PER se débloque : capital, rente, ou un mélange, à votre choix.
  2. Les versements que vous aviez déduits sont imposés à la sortie : c'est la contrepartie de l'économie d'impôt de départ.
  3. Étaler les retraits peut réduire l'impôt ; pour un retrait en une fois, le système du quotient l'atténue, à condition de le demander.

Les pièges à éviter

  • Tout retirer d'un coup sans calcul.
  • Choisir une rente sans comparer : une fois lancée, elle est en général définitive.
  • Oublier que l'argent peut rester placé : rien n'oblige à sortir le jour du départ en retraite.

Ce que vous pouvez faire maintenant : demander à votre assureur ou à votre banque le détail de votre PER par compartiment : versements volontaires déduits, non déduits, épargne salariale, versements obligatoires.

Pour aller plus loin

Et pour vous, concrètement ?

Vous approchez de la retraite et vous vous demandez comment sortir de votre PER au meilleur coût, ou des questions demeurent ? Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.

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Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Informations à jour au 19/10/2026.

Sources

Version Approfondie · pour aller plus loin

La question

« Que se passe-t-il quand j'arrive à la retraite ? » Et surtout : capital ou rente, comment est imposée chaque option, et comment organiser la sortie au meilleur coût ?

En une phrase

La sortie du PER se décide selon trois critères : le besoin (un projet ou un revenu), la fiscalité, qui dépend de la nature des sommes (versements déduits ou non, gains) et de l'option choisie [1] [2], et la durée de vie que l'on anticipe, puisque seule la rente est versée jusqu'au bout.

Comment ça marche

3.1 Le déblocage à la retraite

  • Le moment : à compter de la liquidation de votre pension dans un régime obligatoire, ou de l'âge légal de départ [1] [4].
  • Aucune obligation de sortir : l'épargne peut rester investie et continuer à travailler ; la gestion pilotée l'a normalement sécurisée à l'approche de cette date.
  • Le choix : capital (en une ou plusieurs fois), rente, ou combinaison. Si vous avez opté au préalable, de façon définitive, pour la rente (par exemple à l'ouverture du plan), la sortie en capital n'est plus possible ; sinon, le choix se fait au déblocage [1] [2].
  • Exception : l'épargne issue des versements obligatoires d'un PER d'entreprise (ex-« article 83 ») ne peut sortir qu'en rente, sauf rente de faible montant (110 € par mois au plus), convertible en capital en accord avec l'assureur [5] [6].

3.2 La fiscalité de la sortie en capital

Règles en vigueur en 2026 [1] [2]

Part du capitalVersements déduits à l'entréeVersements non déduits
VersementsImpôt sur le revenu au barème, sans abattement de 10 % ; système du quotient possible sur demande (voir ci-dessous) [5] ; pas de prélèvements sociauxExonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ; c'est aussi le cas des versements faits depuis le 01/01/2026 à 70 ans ou plus, qui ne sont plus déductibles [2] [5]
GainsPrélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % + 18,6 % de prélèvements sociaux), ou barème sur optionIdem

Chaque retrait est un mélange de versements et de gains, au prorata du contenu du plan, comme pour l'assurance vie.

Ces règles visent les versements volontaires. L'épargne salariale (intéressement, participation, abondement) et les versements obligatoires suivent d'autres règles : voir la fiche « Épargne salariale : intéressement, participation, PEE, PER collectif » et les sources [5] [6].

3.3 La fiscalité de la sortie en rente

Versements déduits à l'entréeVersements non déduits
Impôt sur le revenuComme une pension de retraite : barème, après abattement de 10 %, plafonné par foyer fiscal (4 439 € pour les revenus 2025, plafond commun avec vos pensions) [2] [7]Seule une fraction de la rente est imposée, selon l'âge au premier versement : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans [2]
Prélèvements sociaux18,6 % sur une fraction de la rente, la même que ci-contre selon l'âge au premier versement (rentes versées depuis le 01/01/2026 ; 17,2 % avant) [2]18,6 % sur la même fraction [2]

Règles en vigueur au 17/10/2026, pour les versements volontaires. Une rente issue de l'épargne salariale est imposée, comme celle des versements non déduits, sur une fraction selon l'âge ; une rente issue de versements obligatoires est imposée comme une pension et supporte les prélèvements sociaux des pensions [6] [8].

Ce que vaut une rente. Son montant dépend du capital, de l'âge au départ, des tables de mortalité de l'assureur, du taux technique et des options choisies. Elle est viagère : versée jusqu'au décès, quelle que soit sa durée.

Les options les plus courantes :

  • Réversion : au décès, la rente continue (en tout ou partie) au profit du conjoint ; la rente de départ est plus faible.
  • Annuités garanties : la rente est versée pendant une durée minimale, même en cas de décès précoce, aux bénéficiaires désignés.
  • Rente par paliers : plus élevée les premières années, plus faible ensuite (ou l'inverse).
  • Option dépendance : majoration de la rente en cas de perte d'autonomie.

Ces options, leurs coûts et leurs conditions varient d'un contrat à l'autre : à lire dans la notice.

3.4 Capital ou rente : le tableau de décision

CapitalRente
SouplesseTotale : vous disposez de l'argentAucune : en général irréversible une fois lancée
SécuritéRisque de dépenser trop vite, ou de vivre plus longtemps que prévuRevenu garanti à vie
TransmissionCe qui n'est pas dépensé se transmet (la fiche « Assurance vie et transmission » si placé en assurance vie)S'éteint au décès, sauf réversion ou annuités garanties
FiscalitéVersements déduits au barème sans abattement (système du quotient possible sur demande) ; versements non déduits exonérés ; gains au PFUVersements déduits : barème après abattement de 10 % plafonné ; non déduits : seule une fraction imposée ; prélèvements sociaux sur une fraction
Pour quiProjet précis, patrimoine déjà sécurisé, souhait de transmettreCrainte de manquer, longévité familiale, besoin de revenu régulier

La voie intermédiaire : sortir en capital fractionné, en plaçant la part non utilisée sur une assurance vie et en organisant des retraits réguliers. On garde la souplesse et la transmission, avec un revenu piloté. En contrepartie, rien ne garantit que l'épargne durera aussi longtemps que vous.

3.5 En cas de décès

Avant la sortieAprès une sortie en rente
PER assuranceCapital versé aux bénéficiaires désignés, selon l'âge au décès : avant 70 ans, fiscalité de l'assurance vie ; au décès après 70 ans, l'ensemble des sommes dues au bénéficiaire, et pas seulement les primes, entre dans l'assiette des droits de succession (CGI, art. 757 B) [1] [9]Rente éteinte, sauf réversion ou annuités garanties
PER bancaire (compte-titres)Entre dans la succession, droits de succession classiques [1]—

Pour un PER assurance, la clause bénéficiaire est donc aussi importante que pour une assurance vie.

3.6 Organiser sa sortie : la méthode

  1. Faire le point sur ses revenus de retraite (pensions de base et complémentaires) et sa tranche d'imposition à venir.
  2. Distinguer dans son PER les versements déduits, non déduits et les gains (le relevé annuel les détaille).
  3. Identifier ses besoins : projet ponctuel, complément de revenu, sécurité, transmission.
  4. Simuler : capital en une fois, capital étalé (et sur combien d'années), rente, combinaison.
  5. Choisir l'année : la première année de retraite cumule souvent salaires et pensions ; mieux vaut parfois attendre l'année suivante.

Deux exemples

Exemple 1 — Michel : en une fois ou en cinq fois

Michel, 64 ans, célibataire, pension de 25 000 € par an (22 500 € imposables après l'abattement de 10 %). Son PER : 80 000 € de versements déduits, 20 000 € de gains.

Retrait en une fois : revenu imposable de l'année = 22 500 + 80 000 = 102 500 €.

  • Sans le système du quotient : impôt sur 102 500 € ≈ 25 830 € ; sans le PER, ≈ 1 200 € : coût du retrait ≈ 24 630 €, dont une partie à 41 % [3].
  • Avec le système du quotient, demandé dans la déclaration [5] : on ajoute un quart des 80 000 €, soit 20 000 €, aux 22 500 € ; l'impôt passe de ≈ 1 200 € à ≈ 5 850 €, soit une hausse de ≈ 4 655 €, multipliée par 4 : coût du retrait ≈ 18 620 €.
  • Gains : 20 000 × 31,4 % = 6 280 €.

Retrait étalé sur 5 ans (16 000 € de versements et 4 000 € de gains par an) : revenu imposable annuel = 38 500 €.

  • 1re année : le système du quotient peut être demandé, Michel n'ayant perçu aucun versement de même nature dans les trois années précédentes [5] : un quart des 16 000 €, soit 4 000 €, reste dans la tranche à 11 % ; coût ≈ 440 € × 4 = 1 760 €.
  • Années 2 à 5 : le quotient n'est plus possible [5]. Impôt sur 38 500 € ≈ 4 650 € ; coût annuel ≈ 3 455 €, soit ≈ 13 820 € sur 4 ans [3].
  • Total sur 5 ans ≈ 15 580 € (≈ 17 270 € si Michel ne demande pas le quotient la 1re année).
  • Gains : 6 280 € au total.

Écart : environ 3 040 € en faveur de l'étalement, quotient demandé dans les deux cas (24 900 € contre 21 860 € avec les gains). Sans le quotient, un retrait en une fois coûterait ≈ 24 630 € d'impôt sur les versements et l'écart avec l'étalement atteindrait environ 7 350 €. De la 2e à la 5e année, Michel reste en partie dans la tranche à 30 % : l'étalement ne supprime pas cette tranche, il limite la part qui y tombe. Michel avait déduit ses versements à 30 % pendant sa vie active ; en une fois sans quotient, il les aurait repayés en partie à 41 %.

Barème 2026 sur les revenus 2025 supposé inchangé ; 1 part ; hors décote ; aucun retrait du PER dans les trois années précédentes ; rendement de l'épargne non sortie non pris en compte. La décote compte pourtant ici : sans retrait, elle ramène l'impôt de Michel d'environ 1 200 € à environ 845 €, et chaque année de retrait la lui fait perdre. En l'intégrant, l'écart entre les deux voies (quotient demandé) se réduit à environ 1 620 €.

Exemple 2 — Hélène : capital ou rente ?

Hélène, 65 ans, veuve, dispose d'un PER de 150 000 € et craint de manquer d'argent si elle vit très âgée. Un assureur lui propose une rente viagère de l'ordre de 6 000 € par an (chiffre fictif : hypothèse pédagogique, non issue d'un barème officiel ; à demander à son assureur).

  • Point mort, en addition simple : 150 000 / 6 000 = 25 ans, soit 90 ans. Si Hélène vit au-delà, la somme des rentes dépassera son capital de départ ; en deçà, non.
  • Ce que ce calcul ne dit pas : c'est une addition d'euros de dates différentes. Il ne tient compte ni de l'impôt et des prélèvements sociaux (différents entre rente et capital), ni d'une éventuelle revalorisation de la rente, ni de ce que le capital aurait rapporté s'il était resté placé, ni de l'inflation. Avec un capital placé, le point mort réel arriverait plus tard ; avec une rente revalorisée, plus tôt.
  • Les options réduisent la rente : une réversion au profit d'un proche, ou des annuités garanties versées même en cas de décès précoce, diminuent le montant annuel proposé, à capital égal.
  • Sa décision : elle sort 50 000 € en capital sur deux ans pour un projet et une réserve, et convertit 100 000 € en rente avec 10 annuités garanties au profit de ses enfants. Elle combine ainsi sécurité à vie et transmission minimale.

Montant de rente fictif : il dépend de l'assureur, des tables et des options. Avant prélèvements sociaux et impôt.

À retenir

  1. Trois sorties possibles : capital en une fois, capital fractionné, rente, combinables, sauf épargne issue de versements obligatoires (rente seulement, hors rente de faible montant) et sauf choix définitif de la rente fait à l'avance.
  2. Versements déduits : au barème à la sortie (en capital : sans abattement, système du quotient possible sur demande ; en rente : abattement de 10 % plafonné) ; gains : PFU de 31,4 % en capital, selon les règles en vigueur en 2026.
  3. La sortie se prépare : année de départ, tranche à la retraite, étalement, besoin de sécurité et de transmission.

Les pièges à éviter

  • Sortir tout le capital l'année du départ, souvent cumulée avec les derniers salaires.
  • Choisir la rente sans comparer les offres et les options ; elle est en général irréversible.
  • Négliger la réversion quand le conjoint dépend de ces revenus.
  • Oublier les versements non déduits : leur part de capital sort sans impôt et peut être retirée en priorité selon le contrat.
  • Laisser une clause bénéficiaire obsolète sur un PER assurance.
  • Sortir par réflexe alors que l'argent pourrait rester investi.

Ce que vous pouvez faire maintenant : simuler l'impôt d'une sortie en une fois (avec le système du quotient) et d'une sortie étalée, et demander deux devis de rente, avec et sans réversion.

Pour aller plus loin

Faisons le point sur votre situation

Le cabinet CADRENS reconstitue le contenu de vos PER (versements déduits ou non, gains), estime votre fiscalité à la retraite, simule les différentes options de sortie et leur calendrier, et vous aide à choisir l'équilibre entre revenu garanti, souplesse et transmission. Nous répondons aussi à vos questions.

Demander un entretien découverte ou thibaut@cadrens.com

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital. Informations à jour au 19/10/2026.

Sources