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Investir dans l’immobilier locatif

Acheter pour louer : est-ce rentable ?

Immobilier & crédit Placements Situation : Investir Chiffres à jour au

Version Découverte · l'essentiel

La question

« Acheter pour louer : est-ce rentable ? »

En une phrase

Un logement loué peut constituer un patrimoine sur le long terme, mais sa rentabilité réelle se mesure après les charges, les mois sans locataire, les travaux, l'impôt et le coût du crédit, et elle n'est pas garantie [3]. Avec un crédit, les loyers couvrent rarement toute la mensualité au début : prévoyez un effort d'épargne mensuel et une réserve pour les imprévus.

Comment ça marche

Trois rendements à ne pas confondre.

  • Le rendement brut : les loyers d'une année divisés par le coût total d'achat (prix et frais). Les annonces le calculent souvent sur le seul prix, ce qui le gonfle : 5,2 % au lieu de 4,8 % pour Léa (exemple ci-dessous).
  • Le rendement net de charges : on retire la taxe foncière, l'assurance, les charges de copropriété non récupérables, l'entretien, la gestion et les mois sans locataire (la vacance).
  • Le rendement après impôt : on retire encore l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux sur les loyers [3] (voir fiche « Location nue : la fiscalité des revenus fonciers »).

Le crédit : un levier qui joue dans les deux sens. Emprunter permet d'acheter avec peu d'apport. Si le bien prend de la valeur, votre gain rapporté à l'argent réellement sorti de votre poche est plus fort. S'il en perd, la perte est amplifiée elle aussi, et le prêt reste dû. Les banques appliquent des règles contraignantes : mensualités au plus égales à 35 % des revenus, assurance comprise, et durée de 25 ans au plus, sauf marge de dérogation [4].

Le logement doit pouvoir être loué. Un logement loué comme résidence principale doit être décent, ce qui inclut un niveau minimal de performance énergétique mesuré par le DPE (diagnostic de performance énergétique). Les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 01/01/2025 ; ce sera le cas des logements F en 2028, puis E en 2034 [1] [2]. Le loyer des logements F et G ne peut plus être augmenté [2]. Ces règles sont en discussion au Parlement au 17/10/2026 : vérifiez-les au moment de votre projet.

Un exemple

Léa achète un deux-pièces ancien 180 000 €, plus 13 500 € de frais d'acquisition estimés : coût total 193 500 €. Elle le loue vide 780 € par mois hors charges.

Par anRendement
Loyers sur 12 mois9 360 €4,8 % brut
Loyers encaissés, avec un mois sans locataire8 580 €
Charges : taxe foncière, copropriété non récupérable, assurance, entretien, gestion− 2 636 €
Revenu net avant impôt5 944 €3,1 %

Léa emprunte 180 000 € sur 20 ans à 3,4 % hors assurance (hypothèse) : 1 073 € par mois, assurance comprise. Ses loyers nets ne couvrent qu'environ 495 € par mois : son effort d'épargne est d'environ 577 € par mois la première année, avant impôt.

Une année difficile : trois mois sans locataire et 5 000 € de travaux imprévus portent l'effort à environ 1 114 € par mois cette année-là.

Exemple fictif, en euros constants la première année, selon les règles en vigueur au 17/10/2026 ; taux, loyer et charges sont des hypothèses ; impôt non compté : il est nul la première année si Léa opte pour le régime réel, grâce aux intérêts d'emprunt déductibles ; au micro-foncier, appliqué par défaut sous 15 000 € de loyers, elle paierait environ 2 835 € d'impôt et de prélèvements sociaux (tranche à 30 %).

À retenir

  1. Jugez un investissement locatif sur son rendement net, pas sur le rendement brut des annonces.
  2. Avec un crédit, comptez l'effort d'épargne mensuel et gardez une réserve pour la vacance et les travaux.
  3. Vérifiez le DPE avant d'acheter : un logement F ou G peut devenir impossible à louer sans travaux.

Les pièges à éviter

  • Acheter sur le rendement brut sans compter les charges, la vacance et l'impôt.
  • Choisir un bien pour l'avantage fiscal plutôt que pour sa demande locative et sa revente possible.
  • Oublier le DPE et les travaux de copropriété votés ou à venir.

Ce que vous pouvez faire maintenant : pour un bien repéré, demandez le DPE, les trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale de copropriété et le montant de la taxe foncière, puis recalculez son rendement net.

Pour aller plus loin

Et pour vous, concrètement ?

Vous envisagez d'acheter pour louer et vous voulez savoir si le projet tient dans votre budget, ou des questions demeurent ? Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.

Prendre contact

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Informations à jour au 17/10/2026.

Sources

Version Approfondie · pour aller plus loin

La question

« Acheter pour louer : est-ce rentable ? » Et plus précisément : comment calculer un rendement honnête, que change le crédit, quels risques prévoir et quelles contraintes vérifier avant de signer ?

Ce niveau vous permet de décider en plus : fixer un prix d'achat cohérent avec le loyer possible, dimensionner l'apport et l'effort d'épargne, choisir le mode de location et de détention, et mesurer ce qui se passe si le marché ne suit pas.

En une phrase

La rentabilité d'un investissement locatif se mesure sur l'argent réellement engagé, après charges, vacance, travaux, impôt et coût du crédit, et en tenant compte d'une revente dont le prix n'est pas connu d'avance ; le crédit amplifie le résultat dans les deux sens, et la location d'un logement à usage de résidence principale est encadrée (décence énergétique, loyers, dépôt de garantie, honoraires) [1] [2] [6].

Comment ça marche

3.1 Calculer un rendement honnête

IndicateurCalculCe qu'il ne dit pas
Rendement brutLoyers annuels hors charges ÷ coût d'achat (prix + frais d'acquisition)Les charges, la vacance, l'impôt
Rendement net de charges(Loyers encaissés − charges non récupérables) ÷ coût d'achatL'impôt, le crédit, la revente
Rendement après impôtRendement net − impôt sur le revenu et prélèvements sociaux sur les loyersLe crédit, la revente
Effort d'épargne (trésorerie)Loyers encaissés − charges − mensualités − impôt, chaque moisLa part de la mensualité qui rembourse le capital et constitue un patrimoine
Rendement globalTient compte de tout l'argent engagé, des loyers et du prix de revente netIl dépend d'un prix de revente qui reste une hypothèse

Les annonces calculent souvent le rendement brut sur le seul prix, sans les frais : retenez le coût total, frais d'acquisition et travaux compris (voir fiche « Préparer son achat : budget, apport, frais de notaire »).

Les charges qui restent au propriétaire : taxe foncière, assurance du propriétaire non occupant, part non récupérable des charges de copropriété, gros travaux, entretien, frais de gestion, garantie de loyers impayés éventuelle. Les charges dites récupérables (entretien des parties communes, eau, taxe d'enlèvement des ordures ménagères…) sont refacturées au locataire, selon une liste fixée par décret [12].

La vacance : un logement reste rarement loué douze mois sur douze sur une longue période (changement de locataire, travaux). Prévoir au moins un mois par an est une hypothèse prudente, à ajuster à la ville et au type de bien.

3.2 Ce que change le crédit

  • L'effet de levier : l'apport est faible, le prêt finance le reste. Tant que le bien rapporte et se valorise plus que le coût du crédit, le résultat rapporté à votre apport et à vos efforts est amélioré ; sinon il est dégradé.
  • La trésorerie : la mensualité comprend des intérêts et une part de capital. Au début, les intérêts sont élevés et la part de capital faible ; les loyers couvrent rarement toute la mensualité.
  • Les intérêts sont déductibles des loyers en location vide au régime réel [3], comme en location meublée au réel (voir fiches « Location nue : la fiscalité des revenus fonciers » et la fiche « La location meublée (LMNP) »).
  • Le cadre du Haut Conseil de stabilité financière est contraignant pour les banques : taux d'effort de 35 % au plus, assurance comprise, et durée de 25 ans au plus (plus 2 ans de différé si le bien n'est pas encore livré), avec une marge de dérogation limitée à 20 % de leur production, dont au moins 70 % réservés à l'achat d'une résidence principale : pour un investissement locatif, la marge est en pratique beaucoup plus étroite [4]. Les loyers futurs ne sont retenus par les banques que pour une partie de leur montant, selon leur politique.
  • Repère de taux : en août 2026, le taux moyen des nouveaux crédits à l'habitat était de 3,32 %, hors frais et assurance, pour une durée initiale moyenne de 23 ans et 4 mois (achat de résidence principale) [9]. Le taux de 3,4 % retenu pour Léa est une hypothèse proche de ce repère.

3.3 Les risques à chiffrer avant d'acheter

  • Loyers impayés : la garantie Visale, proposée par Action Logement, prend en charge les loyers et charges impayés de certains locataires, pendant les trois premières années d'occupation et pour un loyer plafonné [10] ; une assurance « loyers impayés » souscrite par le propriétaire empêche en principe de demander aussi une caution, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti [11].
  • Travaux : travaux privatifs, mais aussi travaux de copropriété votés en assemblée générale (ravalement, toiture, rénovation énergétique), que vous paierez même s'ils ne rapportent pas de loyer supplémentaire.
  • Revente : le prix de revente n'est pas connu d'avance. Un bien peut perdre de la valeur, et vendre prend du temps.
  • Concentration : un seul logement, souvent financé à crédit, peut représenter l'essentiel d'un patrimoine. Un imprévu sur ce bien pèse alors sur tout le reste (voir fiche « Diversifier : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier »).

3.4 Les contraintes de la location

Depuis le 24/08/2022, le loyer des logements classés F ou G ne peut plus être augmenté, ni en cours de bail ni à la relocation [2]. Le mode de calcul du DPE évolue : depuis le 01/01/2026, l'électricité est comptée de façon moins pénalisante, ce qui a fait sortir de nombreux logements chauffés à l'électricité des classes F et G ; un nouvel ajustement est prévu au 01/01/2027, sans dégrader aucune étiquette [16] [17]. Un DPE réalisé depuis le 01/07/2021 est valable 10 ans ; on peut faire actualiser un DPE récent sur le site de l'Ademe [16] [17].

  • Encadrement des loyers : dans les communes en zone tendue, le loyer d'un logement remis en location ne peut, en principe, pas dépasser le dernier loyer appliqué, révisé selon l'indice de référence des loyers ; dans certaines villes (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier…), il ne peut pas non plus dépasser un loyer de référence majoré fixé par arrêté [6]. Ce dispositif de loyer de référence est une expérimentation prévue jusqu'au 24/11/2026 ; sa prolongation est en discussion au Parlement (voir l'encadré ci-dessous).

3.5 Location vide, meublée, en direct ou en société

ChoixCe qui changeFiche
Location videLoyers imposés comme revenus fonciers ; micro-foncier ou réel ; déficit foncier possible ; bail de 3 ans« Location nue : la fiscalité des revenus fonciers »
Nouvel amortissement en location vide (2026)Sur option, pour certains logements neufs ou rénovés en immeuble collectif achetés du 21/02/2026 au 31/12/2028, loués nus 9 ans sous plafonds de loyer et de ressources ; les amortissements déduits sont repris dans la plus-value à la revente [7]la fiche « Location nue : la fiscalité des revenus fonciers »
Location meubléeRevenus imposés comme bénéfices industriels et commerciaux ; amortissement possible au réel ; bail d'un an« La location meublée (LMNP) »
En société civile immobilièreDétention à plusieurs, transmission organisée par parts ; coûts et formalités« La SCI (société civile immobilière) »
Sans gestionParts de SCPI, ou nue-propriété avec un usufruitier qui loue« Les SCPI » · « Acheter un logement en nue-propriété »

3.6 Gérer soi-même ou déléguer

  • En direct : vous cherchez le locataire, rédigez le bail, faites l'état des lieux, encaissez et révisez le loyer, gérez les travaux et la régularisation des charges.
  • En gestion déléguée : un administrateur de biens titulaire d'une carte professionnelle le fait pour vous, contre des honoraires de gestion, en général exprimés en pourcentage des loyers encaissés [14]. Ces honoraires sont déductibles au régime réel [3].

3.7 Carte d'identité de l'immobilier locatif en direct

Deux exemples

Exemple 1 — Léa : la première année, en détail

Reprise de la Découverte : deux-pièces ancien, coût total 193 500 € (180 000 € + 13 500 € de frais), loyer 780 € par mois hors charges, location vide au régime réel (sur option), tranche marginale à 30 %.

PostePar anPar mois
Loyers encaissés (11 mois)8 580 €715 €
Taxe foncière− 900 €
Charges de copropriété non récupérables− 500 €
Assurance du propriétaire non occupant− 150 €
Entretien courant− 400 €
Gestion déléguée (8 % des loyers encaissés, hypothèse)− 686 €
Revenu net de charges5 944 €495 €
Mensualités du prêt (180 000 € sur 20 ans à 3,4 %)− 12 420 €− 1 035 €
Assurance emprunteur (0,25 % par an du capital emprunté, hypothèse)− 450 €− 38 €
Effort d'épargne avant impôt− 6 926 €− 577 €

Impôt la première année : les intérêts payés (6 021 €) et l'assurance emprunteur s'ajoutent aux charges ; le revenu foncier est négatif (− 527 €). Cette part de déficit, due aux intérêts, ne réduit pas les autres revenus de Léa : elle se reporte sur ses revenus fonciers des dix années suivantes [3]. Aucun impôt n'est donc dû cette année sur les loyers.

Ce que Léa constitue : sur les 12 420 € de mensualités, environ 6 395 € remboursent le capital la première année. Son effort d'épargne finance donc, pour partie, un patrimoine ; mais ce patrimoine ne vaut que le prix auquel le logement pourra être revendu.

Exemple 2 — Vingt ans plus tard : trois scénarios de revente

Mêmes hypothèses, loyers et charges augmentant de 1,5 % par an, un mois de vacance par an, impôt au réel (tranche à 30 % et prélèvements sociaux de 17,2 %), déficits reportés. Léa revend au bout de 20 ans, prêt remboursé ; plus-value calculée selon les règles en vigueur au 17/10/2026, avec les forfaits de frais et de travaux (voir fiche « La plus-value immobilière ») [8].

Évolution du prix du logementPrix de reventeRendement global annuel de l'argent engagé par Léa, avec créditMême calcul pour un achat comptant de 193 500 €
+ 2 % par an267 471 €4,5 %3,1 %
Stable180 000 €1,1 %1,6 %
− 1 % par an (défavorable)147 223 €− 1,0 %0,8 %

Au total, Léa aura sorti de sa poche environ 161 800 € sur 20 ans (apport et efforts d'épargne, impôt compris).

Ce que montre le tableau : le crédit améliore le rendement quand le logement se valorise et le dégrade quand il stagne ou baisse. Dans le scénario défavorable, Léa récupère à la revente moins que ce qu'elle a versé. Avec trois mois de vacance par an au lieu d'un, ce même scénario tomberait à environ − 2,0 % par an.

Exemples fictifs, selon les règles en vigueur au 17/10/2026, pour une résidente fiscale française ; taux du prêt, évolution des loyers, des charges et du prix : hypothèses constantes, le résultat réel peut être inférieur ; pas de gros travaux ni de frais de revente ; on suppose que les loyers ne font pas changer Léa de tranche ; CSG déductible non comptée ; montants arrondis.

À retenir

  1. Le rendement brut n'est qu'un point de départ : comptez les charges, la vacance, l'impôt et le coût total d'acquisition.
  2. Le crédit amplifie le résultat dans les deux sens et crée un effort d'épargne mensuel, souvent pendant de longues années.
  3. La décence énergétique, l'encadrement des loyers et le marché local conditionnent ce que vous pourrez louer, à quel prix, et revendre.

Les pièges à éviter

  • Comparer un rendement brut à un placement net : comparez des chiffres de même nature, après frais et impôt.
  • Construire le budget sans vacance ni travaux, ou sans réserve de précaution à côté.
  • Acheter un logement F ou G sans chiffrer les travaux nécessaires pour pouvoir continuer à le louer.
  • Surestimer le prix de revente : un rendement global repose sur une hypothèse, pas sur une certitude.
  • Choisir le régime fiscal avant le bien : la fiscalité optimise un bon projet, elle ne rattrape pas un mauvais achat.

Ce que vous pouvez faire maintenant : faites le calcul de l'exemple 1 avec votre projet, en ajoutant un mois de vacance et une provision pour travaux, et regardez si l'effort d'épargne mensuel tient dans votre budget sans toucher à votre réserve de précaution.

Avant de vous engager : documents à demander et questions à poser

  • DPE et, en copropriété, diagnostic technique global ou plan pluriannuel de travaux s'il existe ; trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale ; montant des charges et part récupérable ; avis de taxe foncière.
  • Le loyer envisagé respecte-t-il l'encadrement éventuel de la commune ? Quelle est la demande locative réelle (biens comparables loués, délais) ?
  • Quel effort d'épargne mensuel puis-je soutenir pendant 20 ans, y compris une année difficile ?
  • Location vide ou meublée, en direct ou en société : quelles conséquences sur l'impôt, la gestion et la revente ?

Pour aller plus loin

Faisons le point sur votre situation

Le cabinet CADRENS chiffre avec vous le rendement net et l'effort d'épargne de votre projet, le confronte à un scénario défavorable et à votre budget, et répond aux questions qui demeurent.

Demander un entretien découverte ou thibaut@cadrens.com

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Informations à jour au 17/10/2026.

Sources