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Les intérêts composés

Pourquoi commencer tôt fait autant de différence ?

Bien investir Situation : Premier emploi Chiffres à jour au

Version Découverte · l'essentiel

La question

« Pourquoi commencer tôt fait autant de différence ? »

En une phrase

Avec les intérêts composés, les intérêts que vous gagnez produisent à leur tour des intérêts : c'est une boule de neige, et, toutes choses égales par ailleurs, plus elle roule longtemps, plus elle grossit : commencer plus tôt allonge la durée pendant laquelle l'argent se capitalise.

Comment ça marche

Intérêts simples, intérêts composés. Prenons 1 000 € placés à 4 % par an (taux hypothétique).

  • Avec des intérêts simples, les intérêts sont toujours calculés sur la somme de départ : 40 € chaque année, ni plus, ni moins.
  • Avec des intérêts composés, les intérêts de chaque année sont ajoutés au capital, et l'année suivante on gagne des intérêts sur ce capital augmenté : 40 € la première année, 41,60 € la deuxième, 43,26 € la troisième, et ainsi de suite.

Outil interactif « Intérêts simples ou composés : deux courbes sur 30 ans » : disponible sur la version en ligne de cette fiche, sur cadrens.com.

Après…Intérêts simplesIntérêts composés
10 ans1 400 €1 480 €
20 ans1 800 €2 191 €
30 ans2 200 €3 243 €

Au début, la différence est minime. C'est la durée qui la creuse : au bout de 30 ans, les intérêts composés ont rapporté près de deux fois plus que les intérêts simples (2 243 € contre 1 200 €).

Un exemple

Camille et Antoine épargnent chacun 100 € par mois pendant 10 ans, puis arrêtent de verser et laissent l'argent placé jusqu'à leurs 65 ans. Seule différence : Camille commence à 25 ans, Antoine à 35 ans. Ils obtiennent tous deux 4 % par an (hypothèse).

Camille (commence à 25 ans)Antoine (commence à 35 ans)
Total versé12 000 €12 000 €
Capital à 65 ans≈ 47 600 €≈ 32 100 €

Même effort, mais environ 15 400 € de plus pour Camille, parce que son argent a été placé dix ans de plus.

Et si les rendements varient ? Une moyenne ne raconte pas tout : un placement qui gagne 20 % une année puis perd 20 % l'année suivante affiche une moyenne de 0 %, mais 1 000 € deviennent 1 200 €, puis 960 € : 4 % de moins qu'au départ. Les baisses pèsent plus que les hausses de même taille.

Exemple fictif. Versements de 100 € chaque mois, rendement constant de 4 % par an, non garanti, avant frais, impôts et inflation. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Outil interactif « La boule de neige des intérêts composés » : disponible sur la version en ligne de cette fiche, sur cadrens.com.

À retenir

  1. Les intérêts produisent des intérêts : c'est ce qui rend la courbe de plus en plus raide.
  2. La durée compte : à effort et rendement égaux, commencer plus tôt donne plus de temps à la capitalisation. Commencer plus tard n'est pas un échec : on compense en partie par des versements plus importants ou plus longs.
  3. Le même mécanisme joue à l'envers pour les frais et l'inflation : ils rongent le capital année après année.

Les pièges à éviter

  • Attendre « d'avoir plus d'argent » quand on pourrait déjà mettre un peu de côté : à rendement égal, chaque année de placement compte. Si le budget ne le permet pas, ce n'est pas une faute : l'important est de commencer quand on le peut (fiche « Faire un budget et épargner chaque mois »).
  • Croire qu'un rendement moyen est un rendement régulier : sur des placements non garantis, les années de baisse existent, même sur dix ans [3].
  • Oublier les frais et l'inflation : un rendement de 4 % qui coûte 1 point de frais n'en rapporte plus que 3 (voir fiche « Les frais : ce qu'ils coûtent vraiment »).

Ce que vous pouvez faire maintenant : utiliser le simulateur avec votre propre versement mensuel, sur 10 et sur 20 ans, à un taux prudent.

Pour aller plus loin

Et pour vous, concrètement ?

Vous vous demandez par où commencer, quelle somme mettre de côté chaque mois ou sur quel support faire travailler votre épargne, ou des questions demeurent ? Le cabinet CADRENS vous reçoit pour un entretien découverte.

Prendre contact

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les placements non garantis présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 19/10/2026.

Sources

Version Approfondie · pour aller plus loin

La question

« Pourquoi commencer tôt fait autant de différence ? » Et surtout : comment se calcule l'effet des intérêts composés, de quoi dépend-il (durée, taux, versements), et qu'est-ce qui le grippe dans la vraie vie ?

En une phrase

Avec des intérêts composés, un capital C placé au taux t pendant n années vaut C × (1 + t)ⁿ : la durée figure en exposant, si bien que sur le long terme elle pèse plus que le montant de départ, et même que de petites variations de taux ; le même calcul s'applique, à l'envers, aux frais et à l'inflation.

Comment ça marche

3.1 Intérêts simples et intérêts composés

Intérêts simplesIntérêts composés
PrincipeLes intérêts sont calculés sur le capital de départ, toujours le mêmeLes intérêts sont ajoutés au capital (« capitalisés ») puis rapportent à leur tour
FormuleC × (1 + t × n)C × (1 + t)ⁿ
CroissanceRégulière (une droite)De plus en plus rapide (une courbe)

Exemple chiffré : 1 000 € à 4 % par an (hypothèse).

Après…Capital en intérêts simplesCapital en intérêts composésIntérêts gagnés (composés)
1 an1 040 €1 040 €40 €
5 ans1 200 €1 217 €217 €
10 ans1 400 €1 480 €480 €
20 ans1 800 €2 191 €1 191 €
30 ans2 200 €3 243 €2 243 €

La première année, les deux régimes sont identiques. L'écart ne devient spectaculaire qu'avec le temps, ce qui explique que l'effet soit sous-estimé : notre intuition raisonne en lignes droites.

3.2 Les trois leviers : durée, taux, versements

1. La durée. Pour 10 000 € placés une fois à 4 % par an (hypothèse) : 14 802 € au bout de 10 ans, 21 911 € au bout de 20 ans, 32 434 € au bout de 30 ans. Chaque tranche de dix ans ajoute davantage que la précédente (4 802 €, puis 7 109 €, puis 10 523 €).

2. Le taux. Sur 30 ans, pour 10 000 € :

Taux annuel constant (hypothèse)Capital après 30 ans
3 %24 273 €
4 %32 434 €
5 %43 219 €
6 %57 435 €

Un seul point de taux d'écart change le résultat de plusieurs milliers d'euros. C'est pourquoi les frais, qui réduisent le taux net, pèsent autant (fiche « Les frais : ce qu'ils coûtent vraiment »). Mais plus de rendement espéré suppose en général plus de risque (fiche « Les bases de l'investissement : rendement, risque, durée ») : on ne « choisit » pas un taux, on accepte un niveau de risque.

3. Les versements réguliers. La plupart des épargnants ne placent pas une somme unique : ils versent chaque mois. Chaque versement démarre sa propre boule de neige, d'autant plus longue qu'il est ancien. En versant 1 200 € par an (100 € par mois, simplifié) à 4 % (hypothèse) :

DuréeTotal verséCapital finalDont intérêts
10 ans12 000 €14 407 €2 407 €
20 ans24 000 €35 734 €11 734 €
30 ans36 000 €67 302 €31 302 €
40 ans48 000 €114 031 €66 031 €

Dans cet exemple, les intérêts dépassent le total versé à partir de la 33e année : jusque-là, l'épargnant a surtout « fourni » le capital ; ensuite, c'est la boule de neige qui travaille le plus.

3.3 La règle des 72, et ses limites

Pour estimer en combien d'années un capital double, on divise 72 par le taux (en %) :

Taux annuelRègle des 72Calcul exact
1,7 % (taux du Livret A depuis le 01/08/2026 [2])environ 42 ansenviron 41 ans
2 %36 ansenviron 35 ans
4 %18 ansenviron 17,7 ans
6 %12 ansenviron 11,9 ans

C'est une approximation utile pour se faire une idée en tête. Elle suppose un taux constant, avant frais, impôts et inflation : elle ne dit rien du pouvoir d'achat (fiche « L'inflation : l'ennemi invisible de l'épargne »).

3.4 Où les intérêts composés jouent-ils vraiment ?

SupportComment les intérêts « composent »À savoir
Livret AIntérêts calculés par quinzaine (deux fois par mois), ajoutés au capital le 31 décembre [1]Le taux change deux fois par an ; 1,7 % depuis le 01/08/2026 [2] (fiche « Livret A, LDDS, LEP : les livrets réglementés »)
Fonds en eurosLes intérêts attribués au 31 décembre sont définitivement acquis (effet cliquet) et rapportent à leur tour2,63 % en moyenne en 2025, net de frais de gestion et avant prélèvements sociaux (environ 2,2 % après, taux à comparer à celui, net, d'un livret) [3] (fiche « Fonds euros et unités de compte »)
Actions, fonds, ETFLes gains passés restent investis ; les dividendes, s'ils sont réinvestis, rapportent à leur tourRendement irrégulier, non garanti ; le capital peut baisser (3.5)

Ordre de grandeur : 10 000 € à 1,7 % constant pendant 10 ans deviennent 11 836 €, contre 11 700 € en intérêts simples. Le taux du Livret A étant révisé deux fois par an, une simulation à taux constant n'est qu'une approximation.

3.5 Ce qui grippe la boule de neige

  • Les frais. Un frais annuel de 1 % réduit le taux net de 1 point chaque année, et ce « manque à gagner » se compose lui aussi : sur 30 ans, 10 000 € à 4 % valent 32 434 €, contre 24 273 € à 3 % (3.2).
  • L'inflation. Le rendement qui compte est le rendement réel, après hausse des prix. Les prix ont augmenté de 3,1 % sur un an en septembre 2026 [4] ; un placement à 1,7 % net perdrait donc du pouvoir d'achat si les prix continuaient d'augmenter à ce rythme et le taux restait inchangé (hypothèse, pas une prévision ; fiche « L’inflation : l’ennemi invisible de l’épargne »).
  • La fiscalité. Selon l'enveloppe, les gains sont imposés chaque année, à la sortie, ou pas du tout : le taux « net » dépend de l'enveloppe (fiche « La fiscalité de l'assurance vie »).
  • L'irrégularité des rendements. La formule suppose un taux constant. Avec des placements non garantis, un taux « moyen » de 4 % n'est pas 4 % chaque année : il y a des années de baisse, même sur dix ans [5]. Et une baisse pèse plus qu'une hausse équivalente : après une baisse de 50 %, il faut une hausse de 100 % pour revenir au point de départ.
  • Les retraits. Chaque euro retiré en cours de route est un euro qui ne compose plus, y compris pour les années suivantes.

Deux exemples

Exemple 1 — Camille et Antoine : dix ans d'écart

Camille et Antoine versent chacun 100 € par mois pendant 10 ans, puis arrêtent et laissent l'argent placé jusqu'à 65 ans. Camille commence à 25 ans, Antoine à 35 ans. Rendement hypothétique : 4 % par an.

CamilleAntoine
Versementsde 25 à 35 ansde 35 à 45 ans
Total versé12 000 €12 000 €
Capital à la fin des versements≈ 14 670 € (à 35 ans)≈ 14 670 € (à 45 ans)
Capital à 65 ans≈ 47 600 €≈ 32 100 €
Dont intérêts≈ 35 600 €≈ 20 100 €

L'écart est d'environ 15 400 € pour le même effort. Pour rattraper Camille en ne versant que pendant dix ans, Antoine devrait verser environ 148 € par mois au lieu de 100 €, soit 48 % de plus pendant dix ans : c'est exactement 1,04¹⁰, la durée en exposant.

Exemple fictif et simplifié. Versements chaque mois, rendement constant de 4 % par an (équivalent mensuel), non garanti, avant frais, impôts et inflation.

Outil interactif « La boule de neige des intérêts composés » : disponible sur la version en ligne de cette fiche, sur cadrens.com.

Exemple 2 — Un point de frais d'écart : 8 000 € de moins

Léa place 10 000 € pour 30 ans. Son conseiller lui présente deux supports qui obtiennent la même performance brute, mais dont les frais diffèrent d'un point par an : 4 % net pour le premier, 3 % net pour le second.

Support A (4 % net)Support B (3 % net)
Capital après 30 ans32 434 €24 273 €
Écart– 8 161 € (– 25 %)

Un point de frais d'écart, en apparence minime, coûte un quart du capital final sur 30 ans, parce qu'il se compose lui aussi.

Exemple fictif, à but pédagogique. Taux constants et hypothétiques. Le détail de l'effet des frais figure dans la fiche « Les frais : ce qu’ils coûtent vraiment ».

À retenir

  1. Capital final = C × (1 + t)ⁿ : la durée est en exposant ; à taux égal, une durée plus longue pèse beaucoup sur le résultat.
  2. Les trois leviers sont la durée, le taux net (donc les frais) et la régularité des versements ; commencer tôt reste le plus puissant.
  3. La formule est un cas idéal : rendement constant, sans frais, impôts ni inflation. Dans la vraie vie, le rendement réel et le risque comptent autant que le mécanisme.

Les pièges à éviter

  • Attendre le « bon moment » ou d'avoir « plus d'argent » pour commencer.
  • Prendre un rendement moyen pour un rendement garanti : un taux hypothétique n'est pas un taux promis.
  • Oublier les frais et l'inflation, qui se composent eux aussi.
  • Retirer régulièrement de petites sommes sans voir qu'elles privent la boule de neige de ses années à venir.
  • Se fier à la règle des 72 pour des taux très élevés ou très faibles, ou pour une décision précise : c'est un ordre de grandeur.
  • Choisir un support plus risqué pour « compenser » un départ tardif : plus de rendement espéré, c'est plus de risque (fiche « Les bases de l’investissement : rendement, risque, durée »).
  • Confondre capitalisation et placement sûr : les intérêts composés d'un livret sont garantis, ceux d'un fonds d'actions ne le sont pas.

Ce que vous pouvez faire maintenant : faire le même calcul à deux taux différents et avec vos frais réels, pour voir ce qui change le plus le résultat.

Pour aller plus loin

Faisons le point sur votre situation

Le cabinet CADRENS vous aide à déterminer le montant à mettre de côté chaque mois, le support adapté à votre horizon et à votre profil, et à mesurer l'effet des frais et de l'inflation sur le capital que vous visez. Nous répondons aussi à vos questions.

Demander un entretien découverte ou thibaut@cadrens.com

Information à caractère pédagogique et promotionnel, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Les dispositifs évoqués dépendent de la situation de chacun et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Les placements non garantis, dont les unités de compte, présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Informations à jour au 19/10/2026.

Sources